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Full text of "Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. Desnos..."

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ENCYCLOPÉDIE  FRANÇAISE 

D’UROLOGIE 


A.  l’OUSSON  A  I  E.  DESNOS 


î.  Desnos,  J.  PeUegrin,  A.  Ptm,  H.  Rieffel 


OCTAVE  DOIN  ET  FILS,  ÉDITEURS 


2ûtiS7 


OCTAVE  DOIN  et  FILS,  ÉDITEURS 

8,  Place  de  l’Odéon,  Paris  6e 


ENCYCLOPÉDIE  FRANÇAISE  25637 

D’UROLOGIE 


ACHARD,  Membre  de  l’Académie  de  Médecine,  Professeur  à  la  Faculté 
de  Médecine,  Médecin  des  Hôpitaux  de  Paris. 

ALGLAVE  (Paul),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirur¬ 
gien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

AMBARD,  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 

ANDRÉ  (Paul),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Nancy. 
ARCELIN,  Chef  du  Service  de  Radiologie  à  l’Hôpital  Saint-Joseph  de 
Lyon. 

ARNOZAN,  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 
AUBARET,  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 
BAZY  (Pierre), ^ Membre  de  l'Académie  de  Médecine,  Chirurgien  des 

BERNARD  (Léon),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Médecin 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

BQECKEL  (André),  Chef  de  Clinique  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Nancy. 
BRËCHOT,  Prosecteur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

BRIN  (Henri),  Professeur  à  l’École  de  Médecine  d’Angers. 

CARLES,  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 
CARLIER  (Victor),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Lille,  Chirur- 

CASTAÏGNE  (J.),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Médecin 
des  Hôpitaux  de  Paris. 


OCTAVE 


, S,  ÉDITEURS,  6, 


L’QDÉON, 


CHEVASSU  (Maurice),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chi¬ 
rurgien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

COURTADE  (Denis),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 

DELBET  (Paul),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  l’Hôpital  Necker. 

DESCOMPS  (Pierre),  Professeur  agrégé  des  Facultés  de  Médecine, 
Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

DESNOS  (Ernest),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Secrétaire  géné¬ 
ral  de  l’Association  Internationale  d’ürologie. 

DRUELLE,  Chef  de  Clinique  à  l’Hôpital  Saint-Louis. 

ERTZBISCHOFF  (Paul),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  l’Hôpital 
Necker. 

ESCAT  (Jean),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Chargé  de  cours  à 
l’École  de  Médecine  de  Marseille. 

ESTOR  (Eugène),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Montpellier. 

FERRON  (Michel),  Aide  de  Clinique  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bor- 

FORGUE  (Émile),  Correspondant  de  l’Académie  de  Médecine,  Professeur 
à  la  Faculté  de  Médecine  de  Montpellier. 

GAUCHER  (Ernest),  Membre  de  l’Académie  de  Médecine,  Professeur  à  la 
Faculté  dé  Médecine,  Médecin  des  Hôpitaux  de  Paris. 

GAUTHIER  (Charles),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  la  Faculté 
de  Médecine  de  Lyon. 

GÈNOUVILLE  (Louis),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  l’Hôpital 
Necker. 

GUYON  (Félix),  Membre  de  l’Institut  et  de  l’Académie  de  Médecine,  Pro¬ 
fesseur  honoraire  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirurgien  honoraire  des 
Hôpitaux  de  Paris. 

HARTMANN  (Henri),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirurgien 
des  Hôpitaux  de  Paris. 

HEITZ-BOYER  (Maurice),  Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

HOGGE,  Professeur  à  l’Université  de  Liège. 

IMBERT  (Léon),  Professeur  à  l’École  de  Médecine  de  Marseille. 

JANET  (Jules),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  dè  Paris. 

JEANBRAU  (Émile),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de 
Montpellier. 

LABAT,  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 

LE  DANTEC,  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 

LEGUEU  (Félix),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirurgien  des 
Hôpitaux  de  Paris. 

MALHERBE  (Albert),  Correspondant  de  l’Académie  de  Médecine,  Direc¬ 
teur  de  l’École  de  Médecine  de  Nantes. 


OCTAVE 


N  ET  FILS,  ÉDITEURS,  8, 


MARION  (Georges),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirur¬ 
gien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

MICHON  (Édouard),  Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Paris. 


MINET  (Henri),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 

NICAISÈ  (Victor),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 

NOGUÈS  (Paul),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 
NOVÉ-JOSSERAND  (Gabriel),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Méde¬ 
cine,  Chirurgien  des  Hô p i taux  de-Lyon. 

ORAISON  (Jean),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  la  Faculté  de 
Médecine  de  Bordeaux. 

PAISSEAU,  Chef  de  Clinique  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Paris. 

PAPIN  (Édouard),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris,  Chef  de  Cli¬ 
nique  chirurgicale  à  l’Hôpital  Necker, 

PASQUEREA U  (Xavier),  Chirurgien  suppléant  des  Hôpitaux  de  Nantes. 
PASTEAU  (Octave),  ancien  Chef  de  Clinique  chirurgicale  à  l’Hôpital 
Necker. 

PAUGHET  (Victor),  Professeur  à  l’École  de  Médecine,  Chirurgien  des 
Hôpitaux  d’Amiens. 


PELLEGRIN  (Jacques),  Assistant  au  Muséum  national  d’Histoire  naturelle. 

POUSSON  (Alfred),  Correspondant  de  l’Académie  de  Médecine,  Professeur 
à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Bordeaux. 

RAFIN  (Maurice),  Chirurgien  de  l’Hôpital  Saint-Joseph  de  Lyon. 

RIEFFEL  (Henri),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirur¬ 
gien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

ROCHET  (Victor),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine,  Chirurgien  en 
chef  de  l’Antiquaille,  à  Lyon. 

ROUVILLOIS  (Henri),  Agrégé  du  Val-de-Grâce,  Médecin  major  de 
I*  classe  de  l’armée. 

SABRAZÈS,  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Bordeaux. 

SÉE  (Marcel),  ancien  Interne  des  Hôpitaux  de  Paris. 

TEISSIER  (Joseph),  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Lyon,  Méde¬ 
cin  des  Hôpitaux,  Correspondant  national  de  l’Académie  de  Médecine. 

TUFFIER  (Théodore),  Professeur  agrégé  à  la  Faculté  de  Médecine, 
Chirurgien  des  Hôpitaux  de  Paris. 

VERHOOGEN  (Jean),  Agrégé  de  l’Université,  Chirurgien  des  Hôpitaux 
de  Bruxelles. 

VIALLETON,  Professeur  à  la  Faculté  de  Médecine  de  Montpellier. 

VVIDAL  (Fernand),  Membre  de  l’Académie  de  Médecine,  Professeur  à 


OCTAVE  DOIN 


ET  FILS.  ÉDITEURS,  8,  PLACE  DE  L’ODÉON,  PARIS  6? 


CONDITIONS  DE  PUBLICATION 


L’ouvrage  sera  publié  eu  6  volumes  grand  in-8°  jésus  de  900  à 
1100  pages  chacun,  avec  un  grand  nombre  de  figures  originales  tirées 
en  noir  et  en  couleurs  dans  le  texte  et  environ  40  planches  chromo-typo¬ 
graphiques  tirées  hors  texte. 


DIVISION  DE  L’OUVRAGE 


Tome  Premier.  —  Histoire  de  l’Urologie.  —  Embryologie,  Anatomie  et  Physio¬ 
logie  de  l’appareil  urinaire.  —  Généralités. 

Tome  Deuxième.  —  Maladies  des  reins. 

•Tome  Troisième.  —  Maladies  des  reins  (fin).  —  Maladies  des  Uretères.  —  Mala¬ 
dies  des  capsules  surrénales. 


Tome  Quatrième.  -  Maladies  de  la  vessie. 

Tome  Cinquième.  —  Maladies  de  l’urètre. 

Tome  Sixième.  —  Maladies  de  la  prostate.  —  Grands  syndromes  urinaires. 


PRIX  DE  SOUSCRIPTION  A  L’OUVRAGE  COMPLET 


Volumes  brochés . . 150  fr. 

Volumes  reliés . 170  fr. 


A  partir  de  l’apparition  du  4e  volume  le  prix  de  la  souscription  à 
l’ouvrage  complet  sera  porté  à  : 

Volumes  brochés .  180  fr. 

Volumes  reliés .  200  fr. 


L’ouvrage  sera  complètement  paru  dans  le 


courant 


ENCYCLOPÉDIE  FRANÇAISE 

D’UROLOGIE 


ENCYCLOPÉDIE  FRANÇAISE 


D’UROLOGIE 


TOME  PREMIER 


:  r:fi  :'r  . 


A  Monsieur  le  Professeur  Félix  GUYON 


Cher  Maître, 

Nous  vous  prions  d’agréer  la  dédicace  de  cet  ouvrage  comme  un  juste 
hommage  ti  votre  immense  labeur,  créateur  de  T  Urologie,  et  un  respec¬ 
tueuse  témoignage  de  gratitude  des  nombreuses  générations  formées  à 

Puissiez-vous  reconnaître  dans  les  chapitres  de  cette  Encyclopédie, 
dont  la  plupart  ont  été  rédigés  par  vos  élèves,  vos  principes  et  votre 
méthode. 

C’est  dans  cet  espoir  qu'au  nom  des  collaborateurs  de  cette  Œuvre 
ses  directeurs  vous  offrent  l'assurance  de  leur  admiration  pour  votre  vie 
scientifique  si  noblement  remplie,  et  de  leur  reconnaissance  pour  les 
exemples  de  haute  moralité  professionnelle  que  vous  leur  avez  donnés. 

A.  Poüssôn.  E.  Desnos. 


AVANT-PROPOS 


L’adaptation  judicieuse  des  principes  généraux  de  la  physiologie 
normale  et  pathologique  et  des  règles  de  la  nosologie  a  vivifié  de 
nos  jours  l’étude  des  affections  de  l’appareil  urinaire,  et  l’emploi 
rationnel  de  procédés  techniques,  permettant  de  dépister  les  symp¬ 
tômes  propres  à  conduire  à  leur  diagnostic  et  de  déterminer  les  condi¬ 
tions  qui  mettent  en  garde  contre'  les  risques  opératoires,  a  singu¬ 
lièrement  favorisé  l’essor  de  leur  thérapeutique.  Grâce  aces  progrès 
l’Urologie  a  pris  définitivement  rang  au  nombre  des  spécialités.  . 

Mais  en  acquérant  ainsi  son  individualité  cette  branche  de  notre 
art  ne  saurait  s’affranchir  des  liens  qui  .Punissent  au  tronc  des 
sciences  médicales.  Les  directeurs  de  cette  Encyclopédie ,  en  réu¬ 
nissant  dans  un  même  ouvrage  l’ensemble  de  nos  connaissances 
actuelles  sur  la  pathologie  urinaire,  ont  eu  pour  but  de  resserrer  ces 
liens.  Aussi  ont-ils  fait  appel  pour  sa  rédaction  à  tous  ceux  qui, 
dans  les  diverses  branches  de  la  biologie,  ont  dirigé  leurs  recherches 
vers  la  solution  dés  problèmes  complexes  que  soulève  la  pathologie 
urinaire. 

A  mesure  que  se  poursuit  l’étude  des  maladies  des  grands  appa¬ 
reils  différenciés,  leur  solidarité  avec  l’ensemble  de  l’organisme 
s’affirme  davantage  :  si  l’on  veut  assurer  ses  progrès,  il  est  néces¬ 
saire  d’ouvrir  des  brèches  dans  la  frontière  qui  s’élevait  naguère 
entre  la  médecine  et  la  chirurgie.  Dans  aucune  autre  spécialité  plus 
qu’en  urologie,  les  échanges  réciproques,  qui  en  résultent,  ne  parais¬ 
sent  devoir  porter  plus  de  fruits. 

Depuis  quelques  années  s’est  ouverte  pour  les  affections  des  voies 
urinaires,  comme  elle  l’avait  été  précédemment  pour  les  affections 


AVANT-PROPOS 


des  voies  biliaires,  du  tube  digestif  et  de  plusieurs  autres  appareils 
organiques,  l’ère  des  questions  médico-chirurgicales.  Afin  de  ne  pas 
compromettre  son  développement,  il  convient  que  médecins  et  chi¬ 
rurgiens  unissent  leurs  efforts  pour  discerner  le  moment  où,  la  thé¬ 
rapeutique  médicale  ayant  épuisé  son  action,  le  salut  ne  repose  plus 
que  sur  l’opération. 

L’utilité  de  leur  collaboration  ne  se  fait  pas  seulement  sentir 
dans  cette  question  nouvelle  des  indications  et  des  contre-indications 
opératoires  dans  un  certain  nombre  d’affections  rénales  jusqu’ici 
exclusivement  tributaires  de  la  médecine  interne,  elle  s’étend  à  toute 
la  pathologie  des  voies  urinaires.  L’état  anatomique  et  fonctionnel 
des  reins  domine  en  effet  le  pronostic  des  maladies  des  divers 
segments  de  l’appareil  urinaire  et  tient  sous  sa  dépendance  le 
résultat  de  toutes  les  interventions  dirigées  contre  elles.  Immenses 
sont  donc  les  services  que  rendent  aux  chirurgiens  les  méthodes  ima¬ 
ginées  par  les  médecins  pour  mesurer  le  pouvoir  dépurateur  des  reins. 
Les  renseignements  qu’elles  fournissent  n’ont  pas  seulement  concouru 
à  réduire  au  minimum  les  dangers  des  interventions  sur  les  organes 
sécréteurs  des  urines  ;  ils  ont  encore  étendu  leur  garantie  à  toutes 
celles  que  l’on  pratique  sur  les  organes  excréteurs.  C’est  ainsi  que 
grâce  à  elles  l’extirpation  des  néoplasmes  de  la  vessie,  la  taille  et  la 
lithotritie,  la  prostatectomie,  pour  ne  parler  que  des  opérations  les 
plus  importantes,  ont  vu  leur  mortalité  s’abaisser  dans  des  propor¬ 
tions  considérables. 

Bien  d’autres  questions  que  celles  que  nous  venons  de  signaler 
réclament  la  mise  en  commun  de  nos  efforts  :  telles  sont  les  affections 
tuberculeuses,  cancéreuses  et  syphilitiques  des  reins,  la  prophylaxie 
et  le  traitement  médical  des  lithiases,  les  infections  urinaires  et  leur 
sérothérapie,  le  rôle  en  pathologie  de  la  sécrétion  interne  des  reins. 

La  nécessité  de  l’alliance  de  la  médecine  et  de  la  chirurgie,  qui  se 
manifeste  dans  la  pratique  des  maladies  des  voies  urinaires,  apparaît 
encore  plus  impérieuse  en  ce  qui  concerne  les  progrès  scientifiques  de 
l’urologie.  Pour  assurer  leur  essor  il  est  indispensable  que  tous  ceux 
qui  s’adonnent  aux  études  biologiques  y  apportent  une  large  con¬ 
tribution. 

M.  le  professeur  Gcyon  a  bien  voulu  écrire  pour  l’oeuvre  que  nous 


présentons  au  publie  la  belle  préface,  dont  nous  recommandons  la 
lecture  à  la  méditation  de  tous  ceux  qui  veulent  se  vouer  à  la  pra¬ 
tique  des  spécialités.  Nous  lui  adressons  nos  remerciements  les  plus 
respectueux  pour  cette  marque  de  haute  estime. 

Nous  inspirant  de  sa  conception  des  spécialisations,  nous  nous 
sommes  adressés  pour  remplir  notre  programme  à  ceux  qui  ont  com¬ 
pris  l’utilité  «  de  longues  préparations  pour  arriver  à  la  formation 
intellectuelle  et  morale  nécessaire  »  avant  de  s’occuper  de  la  pratique 
de  l’urologie.  Les  concours  des  compétences  les  plus  qualifiées  ne 
nous  ont  pas  fait  défaut.  Le  plus  grand  nombre  de  ceux  qui  ont  bien 
voulu  s’associer  à  notre  œuvre  appartiennent  à  l’école  de  Necker 
où,  pendant  près  de  quarante  ans,  se  sont  formés  tant  de  générations 
sous  la  haute  direction  du  professeur  Güyon.  L’empreinte  de  son 
impeccable  méthode  d’observation  et  de  son  admirable  esprit  cli¬ 
nique  se  retrouvera  dans  tous  les  articles  de  nos  autres  collabora¬ 
teurs,  car  ainsi  que  l’a  proclamé  si  justement  le  professeur  Israël 
dans  son  beau  discours  prononcé  à  l’inauguration  du  premier  con¬ 
grès  d’urologie,  «  qu’ils  en  aient  conscience  ou  non,  tous  les  urolo- 
gistes  du  monde  entier  sont  ses  élèves  ». 

Nous  remercions  tous  ceux  auxquels  nous  nous  sommes  adressés 
de  l’empressement  avec  lequel  ils  ont  mis  à  la  réalisation  de  l’œuvre 
collective  leur  savoir  et  leurs  loisirs  de  maîtres  et.  de  praticiens 
occupés.  Grèce  à  leur  dévouement,  cette  Encyclopédie  sera  digne  du 
pays  des  protagonistes  les  plus  éminents  de  l’Urologie. 

La  partie  matérielle  ne  nous  a  pas  moins  préoccupés  que  la  rédac¬ 
tion  scientifique.  Pour  assurer  à  cet  ouvrage,  qui  comprend  les  arti¬ 
cles  les  plus  divers,  une  homogénéité  que  l’on  regrette  de  ne  pas 
toujours  trouver  dans  les  publications  de  ce  genre,  nous  avons 
demandé  à  leurs  auteurs  de  se  conformer  dans  leur  exposition 
à  un  plan  commun,  de  manière  à  en  rendre  plus  agréable  la  lecture 
courante,  et  plus  facile  la  recherché  des  renseignements  qu’on  désire 
y  puiser.  Nous  avons  attiré  d’une  façon  spéciale  leur  attention  sur 
la  bibliographie,  les  priant  de  la  donner  rigoureusement  exacte  et 
complète,  mais  d’en  éliminer  les  travaux  de  compilation  dé¬ 
nués  d’originalité,  qui  encombrent  sans  profit  la  littérature.  Nous 
leur  savons  gré  de  la  bonne  grâce  avec  laquelle  ils  se  sont  pliés  à 
cette  discipline  dans  l’intérêt  général. 


tl  avant-propos 

En  conformité  des  tendances  actuelles  si  fécondes,  qui  poussent 
tous  ceux  qui  écrivent  à  objectiver  leurs  pensées,  nous  avons  donné 
une  tr'es  grande  place  aux  planches  et  aux  figures.  Presque  toutes 
sont  originales  et  inédites,  et  le  souci  de  concilier  l’exactitude  la  plus 
scrupuleuse  avec  le  caractère  artistique  a  présidé  à  leur  exécution . 

En  ce  qui  concerne  ce  point  particulier,  comme  pour  tout  ce  qui 
ressortit  à  la  typographie  et  à  tout  cet  ensemble  de  détails  qui  cons¬ 
titue  l’art  du  livre,  nous  avons  trouvé  chez  nos  éditeurs,  MM.  0.  Dois 
‘  et  Fils,  une  largeur  de  vue  et  un  désintéressement  dont  nous  leur 
sommes  reconnaissants. 


leur  nombre  par  le  mouvement  des  idées,  exigent  une  collabora- 


Rassembler  et  présenter  méthodiquement  les  connaissances 
acquises  èur  chaque  question,  est  â  l’heure  actuelle,  une  des  condi¬ 
tions  essentielles  du  progrès;  Cette  étude  d’ensemble  était  très  dési1 


une  fois  de  plus  nous  mettre  à  même  de  tirer  profit  de  leur  savoir-, 
de  leur  grande  expérience  et  de  la  sagesse  de  leurs  vues. 

Les  collaborations  médicales,  chirurgicales  et  scientifiques  qu’ils 


assurer  à  l’Urologie  le  rang  qu’elle  doit,  pour  l’intérêt  de  tous,  occu¬ 
per  dans  la  pratique  et  dans  la  science. 

Grâce  à  l'entente  établie  entre  les  directeurs,  les  collaborateurs 
et  l’éditeur  de  l 'Encyclopédie  française  Æ  Urologie,  les  lecteurs  de  ce 
grand  ouvrage  constateront  dans  chacun  de  ses  six  volumes,  les 
caractères  d’une  œuvre  bien  conçue  et  soigneusement  exécutée. 
Aussi  bien  au  point  de  vue  scientifique  et  pratique  que  dans  la  partie 
artistique  et  pour  la  typographie,  tout  a  été  prévu  et  rien  n’a  été 
négligé,  afin  que  l 'Encyclopédie  française  <1  Urologie  soit  digne  de 
notre  pays  et  conforme  à  son  esprit. 

Le  corps  médical  sera  reconnaissant  aux  directeurs  et  aux  auteurs 
d’avoir  apporté  tant  de  soins  à  l’étude  d’une  spécialité.  Us  recon¬ 
naissent  en  l’envisageant  comme  ils  l’ont  fait  que  :  quel  que  soit 
l’objet  de  sa  pratique  personnelle,  chacun  de  nous  a  l’obligation  de 
trouver  en  lui-même  et  dans  son  savoir,  ce  qui  permet  de  préserver 
des  maladies  et  de  guérir  les  malades. 

C’est  la  haute  et  difficile  mission  que  nous  imposent  les  progrès 
modernes.  Nous  manquerions  à  notre  devoir  professionnel  en  ne 
nous  préparant  pas  à  la  pouvoir  remplir  :  en  toutes  circonstances, 
dans  toute  situation,  et  pour  chacune  des  parties  de  la  pratique  à 
laqueUe  nous  nous  destinons. 

Nous  devons  aussi  nous  attacher  à  utiliser  avec  beaucoup  de 
méthode,  les  moyens  que  les  découvertes  de  la  science  et  les  con¬ 
quêtes  de  l’industrie  mettent  à  notre  disposition.  Sous  leur  influence, 
l’action  médico-chirurgicale  se  précise,  s’élève  et  s’étend.  Aussi  bien 
dans  l’investigation  que  pour  le  traitement,  leurs  précieux  secours 
sont  les  garants  des  plus  heureux  résultats. 

L’investigation  médico-chirurgicale  est,  on  le  sait,  la  plus  compli¬ 
quée  de  toutes.  Claude  Bernard  le  déclarait  déjà  en  1865 ‘.  «  Elle 
comprend,  en  effet,  disait-il,  tous  les  procédés  qui  sont  propres  aux 
recherches  anatomiques,  physiologiques  et  thérapeutiques,  et,  de 
plus,  en  se  développant,  elle  emprunte  à  la  physique  et  à  la  chimie 
une  foule  de  moyens  de  recherches  qui  deviennent  pour  elle  de 
précieux  auxiliaires.  «Ainsique  dans  l’investigation  scientifique,  où, 
<c  chaque  fois  qu’un  moyen  nouveau  et  sûr  d’analyse  expérimentale 


PRÉFACE 


s’élèvera  la  connaissance  de  la  pathogénie.  Il  est  de  plus  en  plus 
permis  de  s’étudier  à  atteindre  la  précision  scientifique.  Nous  avons 
actuellement  sous  les  yeux  les  résultats  obtenus  ;  ils  permettent  de 
juger  ce  qui  a  été  fait  et  dé  se  rendre  compte  de  ce  que  nous  avons  le 
devoir  de  faire. 

De  nombreuses  modifications  dans  le  tràvaîr médico-chirurgical 
sont  devenues  nécessaires.  L’on  a  bientôt  admis  que  la  localisation 
des  efforts,  aussi  bien  dans  la  recherche  scientifique  que  dans  l’action 
pratique,  était,  dans  certaines  limites,  devenue  indispensable.  Le 
besoin  s’en  était  à  diverses  reprises  manifesté : dans  le -passé;  il 
importait  qu’il  fut  désormais  franchement  accepté  pour1  quelques 
parties  de  la  médecine  et  de  là  chirurgie. 

La  renaissance  dès  spécialités  médico- chirurgicales  s’èst  effec¬ 
tuée.  Chacun  sait  aujourd’hui  les  grands  résultats  obtenus  âùssi'hiën 
dans  l’investigation  que  pour  le  traitement  des  malades  et- ^instruc¬ 
tion  des  élèves'.  Leur  nécessité  est  pleinement  affirmée;  il  n’en  pouvait 
être  autrement. 

La  division  du  travail  est  devenue  une  des  conditions^dn  progrès. 
Elle  en  permet  l’extension,  elle  en  favorise’ la 'continuité,  mais  ne 
saurait,  par  contre,  suffire  pour  en  assurer  la  stabilité.  En'  ce  qui 
nous  concerne,  nous  ne  pouvons  la  réaliser  qu’en  nous  laissant,  èn 
toute  occasion,  toujours  guider  par  la  clinique.’  Nous  devons  cons¬ 
tamment  obéir  à  sa  direction  pour  la  mise  en  usage  des;  multiples 
ressources  dont  nous  disposons.  Elle  établit  les  conditions -qu’ exige 
leur  succès  dans  là  pratique  dont  elle  est  la  gardienne.  Son  contrôle 
sans  cesse  renouvelé  est  notre  garantie. 

Élevés  à  son  école,  nous  apprenons  à  connaître -le  terrain  sur 
lequel  nous  sommes  appelés  à  agir.  Nous  constatons  la  complexité 
si  grande  des  états  morbides  ;  nous  voyons  l’influence  qu’ils  exercent 
sur  les  déterminations  qu’il  convient  de  prendre  et  sur  les  moda¬ 
lités  de  leur  application.  L’instruction  et  l’éducation  que  nous  en 
recevons  nous  font  comprendre  :  que  la  science  des  indications 
gouverne  la  pratique  médico-chirurgicale.  Elle  la  régit,  en  effet,  dans 
chacun  de  ses  actes. 

Connaître  les  moyens  et  apprendre  à  nous  en  servir  très  habile¬ 
ment  n’est  pas  et  ne  peut  être  le  principal,  à  plus  forte  raison,  le 
seul  objectif  de  notre  éducation  professionnelle.  II. faut  savoir  déter- 


PRÉFACE 


miner,  avec  toute  l'exactitude  possible  :  les  conditions  dans  lesquelles 
il  est  opportun  d’y  avoir  recours. 

Le  choix  judicieux  des  moyens  s’impose  dans  l’exercice  de  la 
médecine  et  de  la  chirurgie  générales;  il  devient  plus  absolu  pour  les 
spécialités.  On  sait  quels  sont  dans  la  plupart  d’entre  elles,  le  nom¬ 
bre  et  l’importance  des  moyens  sans  cesse  utilisés,  pour  l’investigation 
et  dans  le  traitement.  C’est  une  de  leurs  raisons  d’être.  11  faut  donc 
que  l’enseignement  technique  y  soit  très  soigneusement  développé. 

Toutefois  la  solution  des  problèmes,  soulevés  par  la  maladie,  ne 
dépend  pas  uniquement  d’un  bon  instrument,  de  l’habileté  de  la 
main  qui  le  conduit,  du  choix  heureux  d’un  réactif  approprié.  La 
perfection  prédite,  à  juste  raison  par  Babinet,  aux  spécialistes  né 
peut,  pour  les  spécialistes  de  notre  profession,  être  seulement  la  per¬ 
fection  technique.  En  toute  circonstance  et  quel  que  soit  son  degré, 
elle  serait  insuffisante. 

La  délimitation  des  terrains  morbides  n’est  jamais  absolue.  Entre 
les  lésions  d’un  organe  et  l’état  de  l’organisme,  il  y  a  souvent  une 
solidarité  étroite  et  les  parties  composantes  d’un  même  appareil  ne 
sont  pas,  dans  nombre  de  cas,  isolément  atteintes.  Le  spécialiste  ne 
doit  pas  seulement  devenir  capable  d’exécuter  avec  habileté  les  ma¬ 
nœuvres  nécessaires  à  l’établissement  du  diagnostic  et  à  la  mise  en 
œuvre  du  traitement  de  l’organe  malade.  Il  lui  appartient  de  déter¬ 
miner  les  indications. 

Aussi  bien  au  point  de  vue  professionnel  qu’au  point  de  vue  scien¬ 
tifique,  tout  travail  médico-chirurgical,  quelles  qu’en  soient  les  limi¬ 
tes,  la  nature  et  l’objet,  doit  être  de  <t  l’action  clinique  ».  :: 

Cette  condition  ne  serait  pas  remplie  si  Ton  n’acceptait  l’absolue 
nécessité  de  Texamen  de  l’ensemble  des  renseignements  fournis  par 
le  malade  et  la  maladie,  de  chacun  des  indices  dénonciateurs  des  états 
morbides,  pour  être  guidé  dans  le  choix  et  l’emploi  des  moyens  grâce 
auxquels  l’investigation  et  l’action  médico-chirurgicales  ont  pris  une 
place  si  grande  et  sont  si  manifestement  utiles.  Tout  démontre  qu’on 
ne  saurait  trop  prendre  l’habitude  de  s'inquiéter  du  choix  des  moyens 
et  de  l’opportunité  de  leur  emploi.  La  réflexion  y  invite,  mais  les 
fautes  parlent  un  langage  impératif. 

Il  y  aurait  péril  pour  l'avenir  des  spécialités,  si  les  spécialistes  ne 
reconnaissaient  (on  Ta  très  judicieusement  dit)  «  que  la  technique 


PRÉFACE 


infiniment  précieuse,  quant  aux  faits,  peut  avoir,  quant  aux  idées, 
une  dangereuse  influence.  » 

Notre  manière  d’agir  résulte  de  la  situation  qui  nous  est  faite  par 
le  malade  et  par  la  maladie.  Une  bonne  technique  nous  empêche 
d’être  inhabiles,  la  clinique  nous  permet  de  ne  pas  être  «  mal  avisés  ». 
Quand  on  tient  compte  de  ses  enseignements,  on  se  garde  de  ne  pas 
mettre  l’étude  du  malade  en  sa  place.  Elle  a  toujours  le  premier 
rang. 

On  décide  alors,  en  connaissance  de  cause,  ce  qu’il  est  opportun 
de  faire,  l’on  agit  quand  il  faut  et  comme  il  faut.  Grâce  à  l’étude 
méthodique  du  malade  et  du  terrain  dont  la  maladie  a  pris  posses¬ 
sion,  nous  nous  engageons  dans  le  chemin  qu’il  convient  de  suivre 
avec  toute  chance  de  le  parcourir  en  sécurité.  Nous  déduisons,  en 
effet,  de  nos  observations,  les  hypothèses  que  nous  avons  à  vérifier. 
Une  méthode  directrice  déterminant  les  conditions  dans  lesquelles 
les  faits  doivent  être  observés  et  interprétés  pour  réunir  les  qualités 
qui  permettent  de  se  faire  un  avis,  avant  de  conclure,  est  indispensable. 
Elle  nous  met  à  même  de  recevoir  des  faits  les  leçons  qui  conduisent 
à  l’expérience.  On  conçoit  qu’elle  puisse  y  faire  arriver  de  bonne 

Que  les  recherches  à  poursuivre  après  ces  préliminaires  devien¬ 
nent  scientifiques,  c’est-à-dire  expérimentales,  ou  restent  purement 
cliniques,  nous  sommes  en  possession  du  point  de  départ  et  des  indi¬ 
cations  nécessaires.  Ces  conditions  primordiales  ne  pourraient  être 
remplies,  si  l’enseignement  et  la  pratique  des  spécialités,  limités  à 
un  seul  savoir,  étaient  détachés  de  l’ensemble. 

Ceux  d’entre  nous  qui  veulent  se  consacrer  à  l’étude  et  à  la  pra¬ 
tique  d’une  seule  partie  de  la  pathologie  ne  peuvent  «  servir  la  cause 
des  malades  »,  s’ils  ne  sont  pénétrés  des  idées  et  formés  par  la  dis¬ 
cipline,  qui  ont  fait  entrer  la  médecine  et  la  chirurgie  générales  dans 
la  voie  du  progrès. 

L’introduction  de  la  méthode  expérimentale,  dans  les  sciences 
médicales,  n’a  pas  ébranlé  la  clinique.  Elle  lui  apporte  les  secours 
les  plus  efficaces  et  lui  fournit  le  point  d’appui  le  plus  sùr  en  nous 
faisant  prendre  l’habitude  de  toujours  rechercher  et  déterminer  :  le 
rapport  rationnel  qui  existe  nécessairement  entre  le  phénomène 
observé  et  sa  cause. 


PRÉFACE 


Il  n’y  a  pas  lutte  entre  la  discipline  expérimentale  et  la  clinique  ; 
il  y  a  nécessité  d’un  accord.  Les  principes  de  la  méthode  expérimen¬ 
tale  fournissent  ses  éléments  indispensables  ;  mais  il  est  nécessaire, 
dans  leur  application  à  la  pratique  médico-chirurgicale,  de  se  plier 
aux  circonstances.  Cet  art  si  délicat  appartient  à  la  clinique. 

C’est  dans  cet  accord  que  tous  ceux  qui  se  rouent  à  la  pratique 
trouvent  les  conditions  qui  permettent  de  travailler  patiemment  et 
méthodiquement  le  champ  qui  nous  est  ouvert,  afin  de  consolider 
peu  à  peu  et  d’étendre  graduellement  ce  qui  a  été  acquis  par  l’étude 
minutieuse  et  prolongée  des  phénomènes  de  la  vie  morbide. 

Pénétrés  de  l’absolue  nécessité  d’une  étroite  et  constante  colla¬ 
boration  de  la  science  et  de  la  clinique,  ils  contribueront  à  régula¬ 
riser  et  à  coordonner  les  efforts  qui  assurent  aux  malades  lés  bien¬ 
faisantes  réalisations  qu’il  nous  est  actuellement  permis  de  poursuivre 
dans  toutes  les  parties  de  la  pratique  médico-chirurgicale.  Le  spé¬ 
cialiste  qui  procède  ainsi  prend  place  parmi  les  plus  utiles  artisans 
du  progrès. 

La  spécialisation  médico-chirurgicale  partagé  toutes  les  respon¬ 
sabilités  de  la  profession  médicale.  On  ne  peut  s’y  préparer,  on  ne 
peut  s’y  consacrer  sans  satisfaire  aux  mêmes  exigences. 

Le  but  n’est  pas  différent. 

Les  spécialistes,  eux  aussi,  doivent,  avant  tout,  être  des  clini- 

Aucun  d’eux  ne  saurait  oublier  que  le  clinicien  est  un  homme 
dont  le  savoir  est  assez  étendu  et  l’expérience  assez  longue  pour 
avoir  appris  c  à  lire  le  malade,  à  reconnaître  la  maladie,  à  suivre 
son  évolution,  à  la  comprendre,  à  la  traiter  »  et,  le  cas  échéant, 
l’enseigner  à  ceux  qu’il  peut  être  appelé  à  instruire  en  les  mettant  en 
contact  avec  les  malades. 

Nous  avons  besoin,  avant  de  commencer  nos  études  profession¬ 
nelles  et  alors  que  nous  les  poursuivons,  de  longues  préparations  pour 
arriver  à  la  formation  intellectuelle  et  morale  nécessaire.  Ses  agents 
essentiels  sont  une  instruction  étendue  et  une  forte  éducation.  Il  faut 
du  temps  pour  les  acquérir  et  se  trouver  à  même  de  recevoir  les 
enseignements  de  l’investigation  clinique. 

Il  ne  suffit  pas,  pour  arriver  à  la  pratique,  de  connaître  chacune 
des  parties  de  nos  programmes  d’étude.  -Il  faut  acquérir  la  calme 


PRÉFACE 


possession  de  soi-même  qui  permet  de  toujours  se  surveiller,  afin  d’être 
constamment  attentif.  C’est  l’indispensable  garantie  de  tous  nos 
actes  professionnels. 

Quel  que  soit  notre  rôle  dans  l’exercice  de  la  profession  médico- 
chirurgicale,  nous  ne  pouvons  le  bien  tenir  qu’en  nous  soumettant 
pleinement  aux  conditions  qui  la  régissent.  Elles  sont  communes  à 
toutes  les  professions  studieuses. 

Nos  spécialités  ne  peuvent  être  considérées  comme  des  profes¬ 
sions  manuelles  qui  exigent  un  apprentissage  plutôt  que  des  études 
proprement  dites.  Elles  aussi  sont  des  professions  studieuses.  S’il  en 
était  autrement,  ce  n’est  pas  seulement  leur  avenir  qui  pourrait, 
comme  il  le  fut  naguère,  être  en  jeu.  Ce  serait  l’avenir  de  la  profes¬ 
sion  médico-chirurgicale  sur  lequel  la  spécialisation  prend  une  très 
grande  influence. 

Il  faut  que  les  acquisitions  qu’elles  permettent  de  faire  soient  dues 
à  l’accord  et  à  l’étroite  collaboration  «  de  l’esprit  scientifique  et  de 
l’esprit  clinique  ».  La  logique  peut  les  opposer  l’un  à  l’autre;  ils  ne 
sauraient  se  séparer  dans  la  pratique  qui  trouvera  dans  leur  concor¬ 
dance  son  meilleur  point  d’appui. 

La  parenté  régulière  qui  rattache  à  ces  deux  esprits  tout  ce  qui 
ressortit  à  la  pratique  et  à  l’enseignement  médico-chirurgical  doit 
être  légitimement  établie  par  ses  origines.  Plus  que  jamais  nous 
sommes  intéressés  à  ne  pas  laisser  relâcher  les  liens  de  leur  œuvre 
collective. 

U  importe  surtout  de  né  pas  s’y  exposer  «  en  assignant  prématu¬ 
rément  un  but  restreint  aux  études  médicales  ».  Si  l’on  veut  trop  tôt 
les  limiter,  l’élève  pourrait  être  amené  à  négliger  les  parties  de  l’en¬ 
seignement  médico-chirurgical  qu’il  jugerait  inutiles.  Il  s’exposerait, 
dès  les  premiers  pas,  à  l’amoindrissement  de  son  savoir,  à  perdre 
l’habitude  de  l’effort;  il  préparerait  ainsi  la  diminution  de  sa  qua¬ 
lité  professionnelle.  Le  danger  des  tendances  qui  mettraient  en  cause 
dans  l’éducation  médicale  :  la  nécessité  d’un  savoir  étendu  et  le 
besoin  de  s’utiliser  tout  entier,  doit  être;  nettement  dénoncé.  11  ne 
peut  être  méconnu. 

Dans  notre  carrière,  un  enseignement  purement  utilitaire  ne 
saurait  convenir.  Rien,  du  reste,  ne  nous  impose  immédiatement 
l’acquisition  d’une  technique  spéciale.  Mais  nous  ne  pouvons  songer 


PBÉFiCE 


trop  tôt,  ét  continuer  trop  longtemps,  à  fortifier  êt  à  élargir  l’esprit. 

Il  nous  est  permis  de  penser  et  de  dire  que  cette  nécessité,  de 
tout  temps  reconnue  dans  la  profession  médicale,  s’impose  actuelle¬ 
ment  avec  d’autant  plus:de  forceque  nos  progrès  journaliers  nous 
mettent  en  présence  de  questions  non  seulement  plus  nombreuses, 
plusdifficiles,  plus  importantes, mais  surtout  plus  délicates.  Auxleviei-s 
dont  nous  disposons,  il  convient  de  chercher  des  points  d’appui  sûrs. 

Un  esprit  lentement  et  sérieusement  enrichi  nous  sera  toujours 
indispensable.  C’est  une  de  nos  prérogatives.  L’utilisation  immédiate 
du  savoir  ne  permettrait  pas  de  la  conserver.  La  maturité  est,  en  effet, 
la  condition  de  son  emploi  réfléchi  et  bien  ordonné.  Attendre  trop 
longtemps,  peut  ne  pas  être  sans  inconvénients.  Toutefois,  il  a  été  de 
tout  temps  constaté  que  l’enseignement  et  la  pratique  des  spécialités 
peuvent  bénéficier  de  la  maturité  de  ceux  qui  s’y  consacrent. 

Ce  n’est  pas  indifférent  d’en  faire  la  remarque,  alors  que  s’affirme 
avec  tant  de  vivacité  une  tendance  fort  accusée  pour  les  spécialisa¬ 
tions  hâtives.  Assurément  il  est  nécessaire  d’être  un  parfait  techni¬ 
cien,  mais  personne  n’ignore  qu’on  peut  le  devenir  sans  le  concours  du 
nombre  des  années.  Dans  notre  profession,  il  est  indispensable  d’être 
un  véritable  clinicien.  Ce  genre  de  valeur  se  fait  beaucoup  plus  attendre. 

Alors  qu’il  s’agit  de  la  santé  de  l’homme,  le  principe  de  la  divi¬ 
sion  du  travail  ne  peut  être  appliqué  dans  chacune  des  conditions 
qui  permettent  de  l’adapter,  si  heureusement,  à  l’industrie.  On  sait, 
par  exemple,  qu’il  donne  entre  autres  avantages  aux  professions 
ouvrières  la  possibilité  d’arriver  au  meillepr  résultat  avec  le  moindre 
effort.  Cela  est  tout  à  fait  légitime  quand  tout  peut  être  mécanique¬ 
ment  réglé  et  accompli,  mais  n’est  pas  de  mise  alors  que  l’on  assume 
les  responsabilités  de  la  profession  médicale. 

Les  lignes  que  je  viens  d’écrire  reproduisent  des  pensées  que  j’âi 
bien  souvent  exprimées.  A  toutes  les  périodes  de  ma  carrière  il  m’a 
paru  que  les  difficultés,  les  hasards  et  les  surprises  de  la  pratique 
médico-chirurgicale,  la  nécessité  de  saisir  l’occasion  favorable,  exi¬ 
geaient  un  savoir  étendu  et  l’habitude  d’actes  réfléchis  -toujours  mé¬ 
thodiques  et  ordonnés.  Ma  croyance  dans  l’efficacité  de  pareilles 
garanties  contre  semblables  réalités  s’est  encore  affermie  lorsque  les 
circonstances  m’ont  conduit  à  la  spécialisation.  Je  me  suis  efforcé 
de  la  faire  partager.  Cela  explique  mes  répétitions  persistantes  et 


PRÉFACE 


m’excusera  de  redire,  une  dernière  fois,  ce  que  j’ai  si  longtemps 
enseigné  et  si  souvent  vérifié  dans  la  pratique. 

La  pratique  médico-chirurgicale  a  le  droit  de  s’enorgueillir  de 
tant  de  grands  progrès  accomplis  et  de  beaucoup  compter  sur  ceux 
qui  se  préparent  ;  elle  ne  peut  pas  laisser  s’amoindrir  l’autorité  de  la 
clinique.  Ce  n’est  point  à  elle  seule  que  nous  devons  confier  notre 
avenir,  mais  il  lui  appartient  de  continuer  à  maintenir  dans  une 
indissoluble  union  tout  ce  qui  a  fait  la  force  de  l’action  médico-chi¬ 
rurgicale  française  et  assuré  sa  bienfaisante  influence.  L’étude  jour¬ 
nalière  des  faits  amène  à  conclure  que  son  appui  nous  reste  indis¬ 
pensable  pour  bien  penser,  pour  agir  régulièrement  et1  pour  que  la 
division  du  travail  médico-chirurgical  n’aboutisse  pas  seulement  à 
de  bonnes  formations  techniques.  Faites  sous  la  direction  de  la  clini¬ 
que,  les  préparations  spéciales  ne  s’isoleront  pas  de  la  préparation 
générale  ;  elle  empêche  de  s’en  libérer. 


F.  Güyon. 


ENCYCLOPÉDIE  FRANÇAISE 

D’UROLOGIE 

PREMIÈRE  PARTIE 

HISTOIRE  DE  L’UROLOGIE 

M.  E.  DESNOS 

AVANT-PROPOS 

Dès  la  plus  haute  antiquité,  les  affections  de  l’appareil  urinaire  ont 
attiré  et  retenu  l’attention  de  ceux  qui,  à  des  titres  divers,  avaient  pour 
mission  de  soulager  et  de  guérir.  Mais  e’est  à  une  époque  récente  que  les 
notions  progressivement  acquises  sur  ce  point  ont  servi  de  base  à  une 


les  urologistes  de  tous  les  temps,  en  retra 
leur  fie,  leur  caractère,  la  physionomie^  < 

plaçons  ce  tableau  d’ensemble,  comme  un 
notre  Encyclopédie. 


deront  que  le  côté  exclusivement  scientifique.  C’est  pourquoi  nous  nous 
étendrons  parfois  assez  longuement  sur  les  documents  trouvés  dans  1  anti¬ 
quité,  mais  notre  historique  sera  d’autant  plus  sommaire  que  nous  appro¬ 
cherons  davantage  de  l’époque  contemporaine. 

Le  grand  nombre  et  l’étendue  des  recherches  nécessaires  pour  ce  travail 
nous  ont  amené  à  demander  des  conseils  à  plusieurs  savants  auprès  de  qui 
nous  avons  trouvé  le  concours  le  plus  empressé.  Qu’en  tête  de  ces  pages, 
il  nous  soit  permis  d’adresser  l’hommage  de  notre  gratitude  à  MM.  Babelon, 
membre  de  l’Institut,  le  Dr  Bené  Bénard,  Marcel  Bouteron,  bibliothécaire 
à  la  Bibliothèque  de  l’Institut,  le  D'.Bruni,  professeur  à  la  Faculté  de 
Médecine  de  Kaples,  Capart,  professeur  à  l’Université  de  Liège,  le  Dr  Capi- 
tan  professeur  au  Collège  de  France,  de  Champorin,  bibliothécaire  a  la 
Bibliothèque  Nationale,  Collin,  fabricant  d’instruments,  Palmyr  Cordier, 
médecin  de  la  Marine  à  Hanoï,  le  D”  Paul  Delaunay,  Dorveaux,  bibliothé¬ 


caire  de  l’Ecole  de  pharmacie,  Uieuiaîoy,  memme  ae  i  rusiiour,  «  xj  xiuucu 
TTahn,  bibliothécaire  de  la  Eaculté  de  Médecine  de  Paris,  le  Dr  Hamome, 
Kohler,  bibliothécaire  de  la  Bibliothèque  Sainte-Geneviève,  Morel-Eatio, 
inembrè  'dé  l’Institut,  Sylvain  Lévi,  professeur  au  Collège  de  France, 
J.  Matôüzeau,  docteur  ès  lettres,  Loret,  professeur  de  l’Université  de  Lyon, 
le:Dr  Meige,  Maspero,  membre  de  l’Institut,  Pelliot,  professeur  au  Collège 
de  France,  le-Br  de  Pezzer,  Pottier,  membre  de  l’Institut,  le  Dr  Bouquette, 
de  -Vieil,  le  IJr  Saint-Cène,  le  D”  Sedkÿ,  médecin  des  hôpitaux  du  Caire,  le 
professeur  Seidèl,  de  Meissen,  le  Pr  Shattoek,  de  Londres,  Elliot  Smith, 
professeur  à  l’Université  de  Manchester,  Camille  Vieillard,  Louis  Weill, 
a;«Té<»é  de'  l’Université,  le  Dr  Wiekèrsheimer,  bibliothécaire  de  l’Académie 


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HINDOUS 


conclusion  est  la  suivante  :  toutes  les  maladies  urinaires  deviennent  incura¬ 
bles  avec  le  temps,  à  partir  du  moment  où  les  urines  ressemblent  à  du  miel. 

Bu  gravier  se  produit  quand  le  vent  divise  une  pierre  en  petits  fragments.  Si 
le  vent  est  favorable,  le  gravier  sort  avec  l’urine  ;  sinon,  il  est  retenu.  Si  des 


14  L'UROLOGIE  DANS  L’ANTIQUITÉ  CHEZ  LES  PEUPLES  DE  L’ORIENT 
et  l’emploi  d’un  régime  végétarien.  L’exercice  est  recommandé  ;  il  diffère 
suivant  les  classes.  «  Si  le  malade  est  riche,  il  recherchera  la  bataille,  le  jeu,  les 
promenades  à  ebeval  ou  à  éléphant,  à  pied,  en  char  ;  qu’il  vive  avec  les  anti¬ 
lopes  et  suive  un  bœuf.  S’il  est  pauvre,  sans  amis,  sans  sandales,  sans  parasol, 
que,  l’esprit  au  repos,  il  fasse  cent  milles  à  pied.  S’il  est  brahmane,  qu’il 
recherche  sa  nourriture  dans  les  épis  abandonnés,  et  que,  courbé  à  terre,  il 
creuse  une  caverne  et  pratique  des  macérations.  » 

Des  rudiments  de  chirurgie  urinaire  se  retrouvent  dans  Çaraka  et  plus 
tard  dans  Supruta.  La  description  de  Hessler  ne  laisse  pas  de  doute  sur 
l’existence  des  sondes  :  instrumenta  Mmlata  mu Uipliàter  adMbenda  :  on  les 
emploie  contre  la  dilatation  et  les  tuméfactions  du  ventre  dues  à  l’urine. 

TXne  indication  assez  précise  de  l’infiltration  d’urine  nous  est  donnée  :  la 
tumeur  du  scrotum  provenant  de  l’urine  est  traitée  par  la  sudation  ;  si 
elle  ne  se  résout  pas,  le  chirurgien  perfore  le  raphé  à  gauche,  y  introduit  un 
tube  perforé  et  retire  l’urine,  puis  il  place  une  ligature.  S’agit-il  d’une  ponc¬ 
tion  périnéale  ou  de  l’incision  d’un  périnée  infiltré  ?  Les  injections  étaient 
connues  ;  il  en  est  parlé  dans  le  traitement  de  la  gonorrée. 

Ailleurs,  il  est  indiqué  que  les  calculs  de  l’urètre  doivent  d’abord  être  trai¬ 
tés  par  des  médicaments,  mais  Çaraka  parle  de  l’extraction  d’une  pierre  au 
moyen  d’injections  et  d’un  crochet. 

Pour  les  calculs  vésicaux,  nous  connaissons  déjà  la  thérapeutique  médi: 
cale  ;  mais  elle  échoue  souvent  et  Suçruta  conseille  alors  de  recourir  à  la 
taille.  Même  avec  un  médecin  expérimenté,  l’opération  est  aléatoire.  Aussi 
l’appelle-t-on  le  suprême  remède.  Si  on  la  néglige,  la  mort  est  certaine, 
et  même  si  on  la  pratique,  le  salut  est  douteux.  C’est  pourquoi  le  chirurgien 
consciencieux  opérera  sous  l’invocation  d’Isvara. 

«Le  malade  étant  oint,  sans  vice  des  humeurs,  un  peu  amaigri,  ayant  leeoips 
peint  et  débarrassé  des  mauvais  esprits,  ayant  sacrifié  et  obtenu  des  pré¬ 
sages  favorables,  ainsi  qu’une  bénédiction  suivant  le  rituel  des  sacrifices 
précédemment  indiqué,  tout  ce  qui  est  nécessaire  étant  préparé,  le  médecin 
encouragera  le  malade  ;  puis  si  son  patient  est  courageux  et  sans  peur,  il  lui 
ordonnera  d’abord  de  s’asseoir  dans  un  bouclier  sans  saillie,  puis  de  se  ren¬ 
verser  en  relevant  les  hanches.  Le  patient  rapprochera  les  genoux  et  les 
coudes,  qu’on  fixera  avec  des  liens.  Le  médecin  saisira  alors  le  côté  gauche 
de.  l’ombilic,  préalablement  bien  frotté  d’huile,  et  il  le  pressera  fortement 
avec  le  poing  en  descendant  jusqu’à  ce  que  le  calcul  soit  tout  en  bas.  Il  s’en¬ 
duira  d’huile  les  doigts  et  se  coupera  les  ongles,  et  il  introduira  l’index  et 
le  médius  gauches  dans  l’anus,  en  entrant  suivant  la  suture  ;  puis  il  réduira 
prudemment,  mais  en  y  mettant  de  la  force,  l’espace  entre  l’anus  et  la 
verge  ;  il  s’approchera  de  l’abdomen  inférieur  (la  vessie)  qui  est  indolore, 
de  forme  régulière,  y  portera  ses  deux  doigts  jusqu’à  ce  qu’il  touche  le  calcul 
pour  que  celui-ci  fasse  saillie  comme  un  nœud. 

«  Si  le  patient,  quand  on  tient  le  calcul,  s’évanouit  et  laisse  pendre  la  tête, 
comme  un  mort,  le  médecin  ne  doit  pas  pratiquer  l’extraction  ;  car,  s’il  la 
pratiquait,  le  patient  mourrait  nécessairement.  Mais,  si  ees  symptômes 
manquent,  le  médecin  peut  tenter  l’extraction.  » 

S’écartant  de  la  suture  vers  la  gauche  de  l’étendue  d’un  grain  d’orge,  le 
médecin  prendra  un  scalpel  proportionné  à  la  grosseur  du  calcul.  Il  peut 


pénètre  pour  la  rétention,  la  blennorragie,  la  cystite,  la  gravelle,  la  polyurie. 

Ces  opérations  chirurgicales  sont  à  peu  près  les  seules  que  pratiquent  les 
Chinois  ;  nulle  part  il  n’est  question  non  seulement  d’une  tentative  de 
lithotomie,  mais  même  d’un  cathétérisme;  néanmoins  celui-ci  est  pratiqué, 
mais  par  des  spécialistes  non  médecins,  qui  sont  du  reste  méprisés  des  lettrés! 

La  médecine  est  libre  en  Chine  et  constitue  une  sorte  de  charge  héréditaire. 
Dans  la  plupart  des  couvents  bouddhistes,  un  vieux  moine  exerce  la  médecine 
et  initie  de  jeunes  bonzes.  Ces  lettrés  étudient  dans  les  livres  anciens,  mais 
se  bornent  à  la  théorie  et  à  l’examen  du  pouls.  A  côté  d’eux,  les  ambulants, 
les  aventuriers  vendent  des  remèdes  et  seuls  exercent  une  chirurgie  rudimen¬ 
taire.  Mais,  comme  dans  tout  l’Orient,  la  catégorie  de  guérisseurs  qui  inspire 
le  plus  de  confiance  aux  masses  est  celle  des  sorciers  qui  vivent  de  la  supers¬ 
tition  et  dont  les  pratiques  magiques  révèlent  parfois  une  certaine  connais¬ 
sance  de  la  médecine. 


GTuddéens.  —  Bien  que  la  civilisation  ait  été  très  développée  chez  les 
Chaldéens,  il  est  difficile  de  trouver  une  indication  sur  ce  qu’était  la 
médecine  chez  eux.  Hérodote  prétend  que  la  seule  pratique  médicale  des 
Babyloniens  consistait  à  exposer  leurs  malades  sur  la  voie  publique  en 
invitant  ceux  qui  avaient  vu  des  maladies  semblables  à  donner  leur  avis  sur 
le  traitement  à  appliquer.  Il  a  sans  doute  accueilli  cette  fable  à  une  époque 
où  les  traditions  médicales  étaient  perdues,  car  le  Bristish  Muséum  possède 
des  fragments  d’un  syllabaire  sumérien,  sorte  de  dictionnaire  de  mots  et 
de  signes,  qui  mentionne  les  différentes  parties  du  corps,  les  reins  et  la  verge 
en  particulier.  D’après  ce  document,  les  médecins  sumériens  et  babylo¬ 
niens  auraient  connu  et  interprété  les  différentes  colorations  de  l’urine, 
blanche  ou  pure,  noire,  nuageuse,  boueuse,  sanglante.  Hs  seraient  les 
précurseurs  des  Egyptiens,  du  moins  d’après  ce  document  qui  remonte- 

D’autres  inscriptions  cunéiformes  prouvent  l’existence  de  prêtres-médecins 
qui  exerçaient  un  art  de  guérir  rudimentaire,  et  se  livraient  surtout  à  des  pra¬ 
tiques  magiques  ;  nulle  part  ailleurs,  les  arts  occultes  n’ont  eu  un  dévelop¬ 
pement  plus  grand  qu’en  Asie  Mineure  et  leur  influence  s’exerce  encore 
de  nos  jours. 

Hébreux.  —Il  en  fut  de  même  des  Hébreux  dont  les  anciennes  coutumes 
étaient  imitées  des  Egyptiens  y  compris  leurs  grossières  superstitions  et  même 
la  pratique,  rituelle  plus  qu’hygiénique,  de  la  circoncision.  Ce  n’est  qu’à 
une  époque  relativement  récente,  vers  550  avant  notre  ère,  que  le  Thalmud 
reçut  sa  codification  définitive;  on  y  retrouve  les  principes  de  médecine  et 
d’hygiène  de  la  Bible  avec  ce  qu’v  ont  ajouté  les  lévites,  les  rabbins  et  les 


Figure  dp- Traité  (FAitàfÔmfcyCûmposé,  pai£Mansoür  ibn  Ahmed;  pour  le 
prince  timburïde  Ziga'  él;  Hakk  wa’l-Soultaneh  wa’d  ) Dounii  wa’d  Din,  par 
Mohammed  Béhadour \{nibliothèquejiationalè.  —  Manuscrits  persans,  n° '1555.) 


MINEURE 


En  Turquie,  l’hématurie,  l’albuminurie  et  le  catarre  vésical,  très  fré¬ 
quents,  résultent  d’excès  vénériens,  des  médicaments  abortifs,  antigonor- 
réiques,  aphrodisiaques  et  des  bains  trop  chauds.  Par  contre,  on  y  trouve 
rarement  les  diabètes  insipide  ou  sucré  ;  on  a  observé  une  hématurie  mysté¬ 
rieuse  et  tenace,  bien  que  bénigne,  chez  les  pèlerins  au  retour  de  Kirkilah. 

La  blennorragie  ne  paraît  pas  commune  ;  elle  est  traitée  par  les  moyens 
indiqués  contre  la-  dysurie  :  en  outre,  les  Persans,  surtout  les  nomades,  ont 
conservé  l’abominable  pratique  des  actes.de  bestialité  dans  le  but  de  faire 
cesser  l’écoulement  :  le  contact  de  l’â-nesse  serait  particulièrement  efficace. 

Les  autres  maladies  urinaires  sont  rares  et  mal  connues  ;  les  rétrécisse¬ 
ments,  l’hypertrophie  prostatique  ne  se  rencontrent  pas  souvent.  Il  est  dif¬ 
ficile  d’ailleurs  de  le  savoir  exactement,  caries  indigènes  ne  consultent  guère 
les  médecins  étrangers,  et  même  les  Européens  non-médecins  que  pour  leur 
demander  des  recettes  aphrodisiaques. 

Notons  enfin  que  l’urine  est  comptée  par  les  interprètes  de  la  loi  divine 
des  musulmans  parmi  les  choses  impures  ;  par  exemple,  quiconque  a  commis 
la  maladresse  de  souiller  ses  mains  ou  ses  vêtements  en  urinant,  est  chargé 
de  faire  une  absolution  rituelle,  et  il  n’y  a  de  plus  grave  injure  pour  un 
Osmanli  que  de  lui  dire  :  «  Que  les  chiens  pissent  sur  le  tombeau  d.e  ton  père  »  ! 
La  même  raison  a  fait  naître  la  coutume  de  faire  ses  besoins  naturels  en  s’ac¬ 
croupissant,  soit  en  plein  air,  soit  dans  les  étranges  latrines  en  usage  en 
Orient.  Aussi  les  Persans  détestent-ils  les  Européens,  parce,  qu’ils  urinent 
debout  et  négligent  ensuite  de  purifier  leurs  parties  honteuses  avec  la  main 
gauche  (Seidel). 


CHAPITEE 


L’UROLOGIE  EN  GRÈCE  ET  A  ROME 


A.  —  PÉRIODE  PRÉHIPPOCRATIQÜE 

Si  les  recherches  des  archéologues  et  la  découverte  de  documents  indiscu¬ 
tables  ont  établi  l’existence  en  Grèce  d’une  civilisation  précoce,  ces  travaux 
ne  nous  apprennent  rien  de  précis  sur  les  pratiques  médicales  aux  temps 
les  plus  anciens.  Mais  ils  nous  montrent  que  la  médecine  a  été  exercée  à 
cette  époque  et  qu’elle  avait  même  atteint  un  certain  développement. 

On  a  voulu  contester  la  priorité  de  la  Grèce  et  démontrer  que  les  premières 
notions  médicales  lui  venaient  de  l’Inde  et  de  l’Egypte.  Pour  le  premier  de 
ces  pays,  les  dates  que  nous  avons  données  détruisent  cette  hypothèse  ;  l’an¬ 
tériorité  de  l’Egypte,  en  matière  médicale,  ressort  jusqu’à  l’évidence  des 
documents  que  nous  avons  reproduits.  Le  papyrus  d’Ebers  date  de  4  ou 
500  ans  avant  la  guerre  de  Troie  ;  les  poèmes  homériques  où  Daremberg  a 
trouvé  les  indications  médicales  les  plus  anciennes  de  la  Grèce,  n’ont  été 
composés  que  300  ans  plus  tard  -,  l’écart  est  donc  considérable  entre  la 
Grèce  et  l’Egypte  qui  a  dû  lui  donner  des  leçons. 

Comme  celle  d’Egypte,  la  médecine  grecque  reconnaît  une  origine  sacrée. 
Le  culte  d’Esculape  en  Grèce  est  très  ancien  et  on  vit  de  bonne  heure 
se  multiplier  les  temples  du  dieu,  dits  Asclepeia-,  dont  les  uns,  comme 
celui  d’Bpidaure,  étaient  construits  avec  un  luxe  inouï  de  statues  et  de 
colonnades  ;  un  boite  sacré  les  entourait  généralement.  D’autres,  plus 
simples  consistaient  en  constructions  modestes,  véritables  sanatoria,  où  les 
malades  pouvaient  être  gardés  en  traitement.  Autour  d’eux  on  a  trouvé 
des  inscriptions,  des  ex-voto,  parmi  lesquels  on  remarque  d’assez  nombreux 
spécimens  des  maladies  génitales,  mais  aucun  d’eux  n’a  trait  à  l’urologie. 

La  médecine  consistait  d’une  part  en  incantations  et  en  cérémonies  reli¬ 
gieuses  et  d’autre  part  en  une  thérapeutique  véritable.  Le  malade,  avant 


femme  s’assoira  sur  la  courge  et  fera  entrer  très  avant  dans  les  parties  géni¬ 
tales  le  bout  de  la  courge,  afin  que  les  parties  reçoivent  le  plus  possible  de 
vapeur.  On  lui  fera  prendre  des  boissons  diurétiques.  D  convient  d’assouplir 
le  corps  en  dehors  par  des  bains  cbauds  et  la  vessie  par  des  boissons  qui  pro¬ 
cureront  la  plus  grande  quantité  d’urine.  La  saignée  dissipe  ordinairement 

Puis  viennent,  comme  souvent  dans  Hippocrate,  des  observations  à 
l’appui  :  la  première  paraît  se  rapporter  à  une  infeetion  purulente  plutôt 
qn’urineuse. 

«  Bion,  à  la  suite  d’un  état  hydropique  longtemps  prolongé,  perdit 
l’appétit  pendant  plusieurs  jours  et  fut  pris  de  strangurie:  un  apostème 


à  la  fois  rouges  et  purulentes  ne  sont-elles  pas  celles  de  la  tuberculose  ou 


A  trois  reprises  il  est  fait  appel  à  l’intervention  chirurgicale  et  l’on  se 
demande  si  Hippocrate  pratiquait  la  néphrotomie.  «  Si  l’on  aperçoit 
une  tumeur  ou  une  élévation  à  la  région  rénale,  pratiquez  une  incision  », 
dit-il,  mais  il  ajoute  :  «  débarrassez  l’organe  des  graviers  par  des  diurétiques  ». 
Ce  qui  semble  indiquer  qu’il  ne  retire  pas  les  calculs;  rsavs-.v  -/.a-a  xçv  vsçooy, 
voudrait  -  dire  «  incisez  jusqu’au  rein  et  non  pas  le  rein  »  et  de  même 
plus  loin  :  «  quand  il  y  a  du  pus  dans  le  rein,  faites  une  incision  à  la  partie 


littf  in 


lill 


régions,  elle  est  brûlée  par  la  chaleur  naturelle,  et  il  se  forme  une  pierre  ou  du 
sable.  Il  importe  de  la  briser  ou  de  la  diminuer  par  des  médicaments  appro¬ 
priés  qui  augmentent  la  chaleur  et  la  dessèchent.  »  On  reconnaît  là  une 
pathogénie  empruntée  à  Hippocrate. 

Oribase  pratiqua  la  chirurgie  et  nous  a  laissé  des  techniques  qui  paraissent 
dues  surtout  à  Anthvllus  et  à  Héliodore.  Bien  de  nouveau  sur  la  taille  : 
c’est  le  manuel  opératoire  de  Celse  ;  il  signale  seulement  la  gravité  des  bles¬ 
sures  du  col  vésical  qui  laissent  une  fistule  incurable.  Sons  le  nom  d’indura¬ 
tion  du  col  il  désigne  une  affection  qui  ressemble  à  l’hypertrophie  prostatique. 
Quand  le  cathétérisme  est  impossible,  il  propose  d’inciser  le  périnée  vers  le 


un  nuage  tenu  en  suspension  indique  que  la  nature  n’a  pas  encore  achevé 
la  eoetion  des  humeurs  ou  qu’elle  livre  un  combat  contre  la  maladie.  Plusieurs 


de  ces  détails  sont  empreints,  d’un  certain  sens  clinique:  mais  à  côté 
subsistent  des  enfantillages  et  des  superstitions.  Pour  éviter  les  redites  nous 
passons  vite  sur  l’étude-  d’Aetius,  car  nous  retrouverons  ses  idées  plus  déve¬ 
loppées  dans  Actuarius  et  les  Salemitains.  Nous  supprimons  de  même  une 
longue  liste  de  médicaments  lithontriptiques. 

A  la  même  époque  vivait  Alexandre  de  Tralles,  né  en  Lydie  un  peu  après 
Aetius  dont  il  prononce  le  nom  plusieurs  fois  ;  il  exerçait  à  Rome  où  il 
acquit  une  brillante  réputation.  Dans  ses  ouvrages  et  dans  l’histoire  de  sa 


GALIEN  AUX  ARABES 


Les  calculs  de  la  vessie  se  reconnaissent  aux  signes  suivants  :  les  urines 
déposent  du  sable  ;  les  malades  «  sont  tourmentés,  par  un  fréquent  prurit  de 
la  verge  qu’ils  frottent  souvent  ;  il  y  a  arrêt  brusque  de  Furine  quand  le 
calcul  tombe  au  col  de  la  vessie  ». 

On  opérera  plus  volontiers  les  enfants  jusqu’à  l’âge  de  quatorze  ans  que 
les  bommes  d’âge  moyen  et  ceux-ci  que  les  vieillards  ;  de  même  le  traite¬ 
ment  des  gros  calculs  est  plus  facile  que  celui  des  petits,  car  la  vessie  est  habi- 

Voici  quel  est  le  manuel  opératoire  :  on  fait  remuer  le  malade  afin  que  le 
calcul  vienne  au  col  de  la  vessie  ;  on  le  place  debout.  Le  calcul  est-il  senti, 
on  incise  immédiatement.  S’il  ne  l’est  pas,  le  doigt  introduit  dans  le  fondement 
le  fait  progresser  vers  l’extérieur.  Un  aide  comprime  la  vessie  ;  un  autre  relève 
les  testicules  d’une  main  et  de  l’autre  tend  le  périnée  qui  est  incisé  non 
pas  au  milieu,  mais  vers  la  fesse  gauche  suivant  une  ligne  oblique.  Parfois 
le  calcul  sort  de  lui-même  ;  s’il  ne  sort  pas,  on  l’extrait  avec  un  crochet. 

L’hémostase  se  fait  par  des  médicaments,  tels  que  mauve,  encens,  aloès,  etc. 
Le  pansement  consiste  en  un  linge  trempé  de  vin  et  d’huile  ;  trois  jours 
après  la  plaie  est  lavée  puis  recouverte  de  charpie.  Si  une  inflammation 


Quant  au  cathétérisme, 


roici  la  technique.  On  commence  par  attacher 
fil  de  lin  ;  puis  à  l’aide  d’un  jonc  on  la  pousse 
au  trou  de  l’instrument  ;  on  .  porte 
s  la  verge  qu’on  relève  en  haut,  puis 


celui-ci  en  ligne  d: 

quand  le  cathéter  arrive  au  périnée  oi 
le  canal  de  la  vessie  devient  oblique;  la  laine  est  alors  retirée  pour 
couler  l’urine.  Quand  la  vessie  est  ulcérée,  on  la  lave  avec  une  s( 

Peu  à  peu  l’influence  d’Hippocrate  et  de  Galien  s’éteint  chez  les  d 
médecins  grecs  :  plusieurs  les  ont  copiés  sans  prononcer  leur  nom 
l’empirisme  a  été  prédominant  chez  la  plupart  d’entre  eux.  IsTous  allô 
les  écrits  de  Galien  émigrer  en  Orient  où  les  Arabes  vont  les  recueilli 
rapporter  en  Europe. 


montre  l’état  d’anarchie  où  était  plongée  la  médecine. 

Anssi  comprend-on  pourquoi  Constantin  l’Africain  (1015  (1)  -1087)  passa 
longtemps  pour  le  fondateur  de  l’Ecole  de  Saleme,  à  tort,  car  son  mérite  se 
borne  à  y  avoir  introduit  l’ordre  et  l’unité  d’enseignement.  Moine  de  Car¬ 
thage,  ü  alla  s’instruire  en  Orient,  peut-être  à  Alexandrie,  sûrement  àBaby- 
lone  où  il  étudia  pendant  39  ans  les  langues  et  les  sciences  orientales.  De 


62  LES  ARABES.  —  L’ÉCOLE  DE  SALERNE  ET  LE  MOYEN  AGE 
le  flux  du  ventre,  une  affection  pulmonaire,  une  douleur  articulaire,  la  phtisie 
consomptive,  l’extinction  de  la  chaleur  naturelle.  Telles  sont  les  causes  de 
la  couleur  livide  qu’il  faut  interpréter  d’après  ces  signes. 

Ge  que  nous  connaissons  de  la  vie  de  Gilles  nous  donne  une  haute  idée 
de  son  caractère.  Sans  doute  la  faveur  dont  il  jouissait  à  la  cour  royale  lui 
permit  d’affirmer  son  indépendance,  car  il  flétrit  vigoureusement  les  vices 
de  son  temps.  Dans  un  poème,  Hierapigra  ad  purgandos  prœlatos ,  il  s’élève, 
lui  homme  d’Eglise,  contre  la  simonie  de  certains  membres  du  clergé  et 
contre  les  usurpateurs  de  titres  ;  il  réclame  pour  les  maîtres  seuls  le  droit 
d’enseigner  la  médecine  ;  le  premier  il  prend  conscience  de  la  propriété  scien¬ 
tifique  et  proteste  contre  les  plagiats,  contre  les  «  étrangers  qui  ont  la  pré¬ 
somption  de  récolter  un  grain  qu’ils  n’ont  pas  semé  ».  Il  comprend  la  charité 
sous  sa  forme  la  plus  élevée,  en  y  faisant  rentrer  les  soins  que  le  médecin 
doit  donner  aux  pauvres  :  dans  ce  but  il  compose  une  pharmacopée  double, 
celle  des  riches  et  celle  des  pauvres.  Par  exemple,  la  Diamargariton  pour 
les  riches,  l’Electuaire  Plisis  pour  les  bourgeois  et  l’Electuaire  Dianthos 
pour  les  pauvres,  jouissent  des  mêmes  propriétés  et  sont  douées  d’une 
efficacité  égale,  mais  diffèrent  de  prix. 

C’est  avec  Gilles  de  Corbeil  que  l’Ecole  de  Salerne  brilla  du  plus  vif  éclat 
et  bien  que  ce  soit  à  Paris  qu’il  ait  acquis  renommée  et  autorité,  il  marqua 
l’apogée  de  cette  célèbre  Ecole.  Déjà  en  Italie  des  rivales  s’étalent  élevées; 
l’Ecole  de  Eavenne,  sa  contemporaine,  lui  a  toujours  été  inférieure  mais 
Padoue  et  surtout  Bologne  devinrent  des  centres  médicaux  importants  qui 
attirèrent  maîtres  et  élèves.  Ils  l’emportèrent  bientôt  sur  Salerne  qui  déclina- 
à  partir  du  xne  siècle,  quoique,  d’après  Nicaise,  elle  paraisse  avoir  longtemps 
subsisté  ;  on  en  trouve  des  traces  jusqu’au  xvme  siècle. 

-Mais  si  un  enseignement  fécond  et  suivi  fut  donné  à  Padoue  et  à  Bologne, 
l’empressement  des  élèves  ne  saurait  suffire  à  former  une  école,  et  l’on  cher¬ 
cherait  en  vain  un  corps  de  doctrine,  une  agrégation  de  maîtres  imbus 
des  mêmes  principes.  Hugues  de  Lucques,  Brunus,  Théodorie,  Guillaume 
de  Salicet  et  surtout  Lanfranc  ont,  il  est  vrai,  étudié  à  Bologne  ;  mais  ils 
relèvent  toujours  de  Salerne.  Presque  tous  d’ailleurs  quittent  l’Italie  pour 
aller  au  delà  de  ses  frontières  répandre  l’instruction  qu’ils  ont  puisée  chez 


Pendant  que  Salerne,  du  x*  au  xne  siècle,  attirait  Italiens  et  étrangers,  les 
autres  nations  restaient  dépourvues  d’écoles  et  de  médecins  instruits.  Presque 
partout  les  malades  ne  trouvaient  de  secours  qu’auprès  des  moines,  des 
juifs  ou  des  guérisseurs  nomades.  Cependant  peu  à  peu  deux  centres  d’é¬ 
tudes  se  firent  connaître,  Montpellier  et  Paris. 

Montpellier,  sans  doute  en  raison  de  sa  proximité  de  l’Espagne,  procède 
surtout  des  Arabes.  Au  début  l’enseignement  fut  libre  ;  chaque  maître 
attirait  à  lui  un  groupe  d’élèves  qui  lui  payaient  ses  leçons,  qu’ü  fût  français 
ou  étranger,  car  le  droit  d’enseigner  est  reconnu  à  tout  médecin  par  un  édit 
de  1180.  Mais  bientôt  ces  écoles  furent  placées  sous  la  juridiction  de  l’évêque  ; 


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UdUeo^tâw  æpsw  ft  wm  Dm 
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tef£oftesîe2^jœ2%lef4»îrcf  iju 
tujucC'tfâMaf A&A6  OtUTsaiC-la 
h-eepoonaCSme  Àla- tsffté  cru 
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le-tmteu  cru  «mite  crUf  coiacog 
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74  LES  ARABES.  -  L'ÉCOLE  DE  SALERNE  ET  LE  MOYEN  AGE 
existens,  ex  quitus  nature,  sentions  medieatimem  territus  al  expulsions 
mince  per  rneatum  exsiccatio  humiditatis  fluentis  a  came  glandulosa  quœ 
est  apud  eoUum  vesicœ  est  causa  constrictionis  meatus.  »  Voilà  une  première 
indication  d’une  rétention  réflexe  ou  spasmodique. 

Arculanus  en  étudie  le  traitement  par  les  procédés  classiques  au  moyeu, 
âge,  suppositoires  de  sel,  médicaments  internes,  des  cantharides  en  parti¬ 
culier,  Mettons  à  l’huile,  injections  irritantes  dans  la  vessie,  compression  ma¬ 
nuelle  de  l’abdomen,  enfin,  usage  de  sondes  de  papier,  de  bois  ou  de  cuir.  En 
cas  d’insuccès  une  incision  périnéale  doit  être  pratiquée,  boutonnière  ou 
cystostomie,  prescription  empruntée  à  G-alien  et  aux  Arabes.  On  lui  a  attri¬ 
bué  l’invention  de  la  seringue,  à  tort,  car  nous  avons  déjà  vu  qu’elle  rempla¬ 
çait  la  vessie  de  porc  dont  Celse  et  Galien  se  sont  servis.  Aussi  est-on  étonné 
de  voir  Halgaigne  attribuer  à  Gatinaria,  qui  exerçait  à  Milan  en  1481, 
l’invention  de  ce  précieux  instrument. 

Ifous  n’aurons  plus  à  relever  que  le  nom  de  Montagnana  chez  qui  on  a 
plaisir  à  constater  un  effort  pour  remplacer  par  des  observations  person¬ 
nelles  la  reproduction  servile  des  Arabes  et  des  Anciens,  mais,  telle  était 
l’habitude  prise,  que  pour  le  cathétérisme  en  particulier,  c’est  presque 
textuellement  Paul  d’Bgine  qu’on  retrouve. 


CHAPITBE  IV 


DE  LA  RENAISSANCE  AU  XIXe  SIÈCLE 


A.  —  LES  BARBIERS-CHIRURGIENS.  —  LES  AMBULANTS 

Ce  serait  sortir  de  notre  sujet  que  refaire  Phistoire  de  la  confrérie  de  Saint- 
Côme,  si  bien  étudiée  par  Malgaigne  et  par  Nicaise  qu’il  est  difficile  d’ap¬ 
porter  un  document  nouveau.  Cependant  elle  vécut  à  côté  des  opérateurs, 
des  inciseurs,  de  ceux  qui  ont  conservé,  développé,  perfectionné  la  taille 
et  les  autres  opérations  sur  l’appareil  urinaire  ;  nous  serons  ainsi  amenés 
à  en  dire  quelques  mots. 

Nous  venons  de  voir,  dans  le  chapitre  précédent,  comment  des  ehirur-, 
giens  instruits  avaient  obtenu  de  former  une  corporation  grâce  à  la  pro¬ 
tection  de  saint  Louis  et  de  son  médecin  Pitard.  En  1301  une  première 
ordonnance,  rendue  par  Philippe  le  Bel,  restreint  la  pratique  envahissante  des 
barbiers  :  protection  imparfaite  tour  à  tour  retirée,  diminuée  ou  supprimée, 
puis  rendue  jusqu’à  ce  que,  en  1370,  Charles  V  eût  octroyé  aux  chirurgiens 
des  privilèges  véritables,  à  charge  pour  eux  de  s’engager  à  soigner  les  pauvres 
gratuitement.  Ils  avaient  le  droit  d’arriver  à  la  licence,  de  suspendre  des. 
bannières  à  leurs  fenêtres  et  de  se  réunir  à  l’église  Saint- Jacques-la-Boueherie. 

Les  barbiers  ne  se  tinrent  pas  pour  battus  et  deux  ans  plus  tard  ils  faisaient 
reconnaître  leurs  droits  par  une  ordonnance  royale.  Ils  avaient  d’ailleurs 
beau  jeu,  car  l’usage  était  pour  eux  et  leur  réservait  tout  ce  qui  était  manuel 

sant  les  petites  opérations  aux  mains  des  barbiers,  des  femmes,  des  chirur¬ 
giennes  et  des  coureurs.  Dans  les  grandes  villes  ils  rencontraient  la  concur¬ 
rence  de  personnages  comme  Guillaume  de  Salicet,  Lanfranc,  Guy  de  Chau- 
liac,  mais  dans  la  plus  grande  partie  du  territoire  il  fallait  bien  s’adresser 
à  eux.  D’ailleurs  la  démarcation  entre  leur  pratique  nt  celle  des  chirurgiens 

incisions  chirurgicales"  tendait  à  entretenir  cette  confusion  aux  yeux  du 

Les  services  qu’ils  rendaient  expliquent  donc  leur  faveur  auprès  du  pou¬ 
voir  royal.  En  1390  une  nouvelle  ordonnance  rendue  par  Charles  VI  marqua 
un  nouvel  échec  des  chirurgiens  qui,  pour  sanctionner  leur  supériorité, 
n’acceptèrent  plus  que  des  apprentis  sachant  le  latin  et  augmentèrent  de 
deux  écus  d’or  le  droit  de  diplôme  de  bachelier.  Cette  mesure  suffit  pour 


ANATOMIE 


Usons  ne  voyons  pas,  comme  dans  les  périodes  qui  ont  précédé  et  suivi, 
une  ou  plusieurs  grandes  personnalités  attirer  toüte  l’attention,  ni 
des  traités  didactiques  peser  de  leur  autorité  sur  les  masses;  le  procédé 
diffère  ;  c’est  celui  de  Cabrol,  de  Couillard,  qui  racontent  ce  qu’ils  ont  vu, 
qui  recueillent  leurs  observations  souvent  avec  naïveté,  toujours  avec  une 
sincérité  qui  s’impose.  Les  travaux  français  de  ce  genre  dominent  en  intérêt 
et  en  nombre  :  c’est  l’origine  de  la  clinique,  de  l’observation  scrupuleuse  et 
sans  parti  pris  du  malade  ;  elle  deviendra  méthode  à  la  fin  du  xvme  siècle  et 
donnera  toute  sa  force  à  l’Ecole  française.  Tels  sont  les  hommes  qui 
ont  préparé  Tolet,  Dionis,  Méry,  Morand  et  l’école  brillante  du  xvme  siècle. 

Un  grand  pas  avait  été  fait  :  les  chirurgiens  ne  dédaignaient  plus  ni  le 
cathétérisme,  ni  les  carnosités,  ni  la  taille.  Sans  doute  des  empiriques,^  des 

giens  était  trop  grande  pour  qu’ils  pussent  la  soutenir  et  peu  à  peu  ils 
disparurent.  La  taille  va  être  tolérée,  acceptée,  puis  mise  au  rang  qui  lui 
revient,  celui  d’une  des  plus  efficaces  et  des  meilleures  opérations  de  la  chi- 


B.  —  ANATOMIE 

Comme  à  toutes  les  autres  époques,  la  chirurgie  et  l’urologie  n’ont  avancé 
pendant  la  Benaissance  que  grâce  aux  progrès  de  l’anatomie  qui  ont  éclairé 
la  route.  Il  est  vrai  que  le  xve  siècle  rendit  un  grand  service  en  faisant 
revivre  Galien  qu’on  ne  connaissait  qu’au  travers  les  livres  des  Arabes,  mais, 
pour  l’étude  de  l’anatomie,  la  domination  scientifique  du  maître  de  Per- 
game  a  eu  de  fatales  conséquences.  «  H  est  plus  louable,  disait  Blondus  en 
1497,  de  se  tromper  avec  Galien  et  Avicenne  que  d’acquérir  de  la  gloire 
avec  les  autres.  Mieux  vaut,  comme  on  dit,  mourir  par  un  médecin  métho¬ 
dique  que  de  vivre  par  un  empirique  ». 

{Nous  verrons  les  efforts  qu’il  a  fallu  déployer  pour  accomplir  cet  acte 
impie,  ce  crime  de  lèse-majesté  :  s’élever  contre  l’autorité  de  Galien.  Certes, 
le  génie  de  ce  grand  homme  avait,  par  intuition  pour  ainsi  dire,  découvert  des 
notions  anatomiques  utiles,  mais  elles  restaient  entourées  de  l’incertitude 
et  du  vague  que  l’étude  du  corps  humain  devait  seule  dissiper. 

Il  ne  nous  appartient  pas  de  retracer  ici  la  splendeur  de  l’époque  dont 
nous  abordons  l’histoire,  époque  de  rénovation  et  d’expansion  de  l’esprit 
humain  dont  toutes  les  manifestations  prirent  un  essor  et  un  élan  tels  que 
le  siècle  de  Périclès  peut  seul  lui  être  comparé.  Mais  les  héros  de  la 

clopédistes.  A  la  fois  peintres,  sculpteurs,  architectes,  graveurs,  etc.,  ils  se 
sentaient  également  attirés  par  les  recherches  scientifiques,  même  par  les 
plus  abstraites  et  les  plus  ardues,  comme  l’astronomie  et  la  mécanique. 

Michel-Ange  et  Léonard  de  Vinci  réalisent  au  plus  haut  degré  ce  type 
de  génie  universel.  Leurs  dessins,  leurs  esquisses,  montrent  qu’ils  ne  se  bor¬ 
naient  pas  à  l’anatomie  du  squelette  et  à  la  myologiè  qui  semblaient  les 
seules  utiles  pour  l’anatomie  des  formes,  mais  entraînés  par  leurs  recher¬ 
ches,  ils  se  consacrèrent  aussi  à  l’étude  des  viscères. 


CORPS  H  VM  AI  N.  5y 

TABLE  p  ES  reins  or  rognons. 


C  Qui  eft  vu  propre  parenchyme,  quafi. 
f  La  chair, -dfemblable  à  celuy  du  cœur, fors  qu’il  n’y 
(jl  point  défibrés. 

Veine, &  ["Qui  fe  diftribuenrpar  toute  la-  fabftance 
artere  e-  1  du  rein, entrant  par  la  partie  fîme,&  fc  di- 
mulgen-^.  uifent  iufques  à  ce  qu'elles  foient  com¬ 
tes,  {.me  capillaires. 

r  Quieft  fait  del’extremité  de  l’vretere,  en 
Sinus, 'façon  de  baffin  ,  ou  entonnoir ,  quireçoit  le 
(ferum  feparé  du  fâng; 

.  rQui  font  petitescarunctlles,à  l’extremité  des 

.  Papil-J  vaiffeaux,par  lefquelles  corne  glandes  fpon- 
les,-  j.gieufe,  diftile  l’humeur  fereus  dans  leftnus, 
l&  de  là  à  l’vretre,&  puis  en  la  vcfïie. 
fVne  propre, l’autre  commune, venant  dü  pe- 
Tuni-J  ritoine ,  &  de  la  ftomachiqnc  :  d’où  vient  le 
Ique,  j-grand  confenrement  des  reins,  &  de  l’efto- 


Aux  Reins jaut  | 
remarquer,  j 


'  C  Auec  les  lombes  par  le  péritoine ,  auec  la  vefiîe  par 

La  con-’sles  vreteres ,  à  tout  le  corps  parles  vaifleaux  nom- 
nexion,  Lmez. 

/■Quieft  comme  vne  demie  lune,ou  proprement com- 
Figure,^  me  vnfafeole ,  du  cofté  qui  regardent  la  grand’  veine, 
j  font  caues ,  ou  phiftoft  camus  :  8c  en  dehors  vers  les 
Miles, font  gibeux  Se  longs. 

Gran-5  Qui  n’eftpas  efgale  en  tous ,  mais  ils  font  grands  félon 
deur,  i  qu’il  eft  requis, pour  l’expurgation  de  l’humeur  fereus. 

r Qui  eft  communément  double, vn  dextre,  l’autre fe- 
Nom-Sneftre ,  combien  que  nous  auons  trouué  fouuentdes 
bre,  corps  qui  n’en  auoient  qu’vn,mais  fort  grand. 

Vfàge,t  Qui  eft  de purger,&  attirer  l’humeur  féreux. 

/"Qui  eft  au  cofté  des  vertebres  des  lombes.  Se  fur  l'ori- 
{ gine  du  mufcle  pfoas ,  vn  de  chafque  cofté  de  la  veine 
La  fi-  J  caue  defeendente  ;  non  diamétralement ,  mais  l’vn  va 
tuano,-',  peu  plushautque  l’autre, fçauoir aux  hommes,le  droit 
{  efttoufioursphsbasàcaufe  du  foye,  quieft  grand, 
j  aux  brutes ,  le  feneftre  eft  plus  bas ,  pource  que  la  ratte 
tdefeend  plus. 

G  z  aux 


WM 


fini 


îi)  itt  üîï  ii  iiï  m  «k 


■Min!  Il* 


LA  RENAISSANCE 


Mil: 


CHIRURGIE 


Plusieurs  faits  de  traumatismes  rénaux  sont  dus  à  Paré.  Entre  autres  : 
«  M.  de  Martigues,  blessé  au  milieu  du  thorax,  jetta  le  sang  par  la  bouche 
la.  playe  et  les  urines  et  mourut  ».  Voici  enfin  une  autopsie.  «  Dans  un'  corps’ 
mort-,  je  trouvay  un  uretère  de  la  grosseur  du  doigt  oblitéré  par  une  pierre. 
Le  patient,  deux  jours  deuant  mourir,  jettait-  son  urine  par  la  bouché.  » 

S’appuyant  sur  des  considérations  anatomiques,  Eiolan  montre  l’avan¬ 
tage  qu’il  y  a  à  inciser  les  abcès  rénaux  par  la  voie  lombaire,  car  on  évite 
ainsi  le  péritoine  ;  mais  il  repousse  l’extraction  des  calculs,  excepté  quand 
il  y  a  suppuration.  Dans  ce  cas  il  conseille  le  cautère  et  «  par  ce  moyen 
tirer  le  pus  et  même  la  pierre...  si  la  nature  n’enseigne  pas  ce  chemin  ou 
qu’elle  ne  commence  à  le  faire,  c’est  une  entreprise  trop  hardie  de  couper 
et  ouvrir  les  reins,  à  cause  que  les  chairs  sont  trop  épaisses  et  trop  enfon¬ 
cées  ».  Il  conclut  en  disant  que  ce  serait  un  crime  que  de  tenter  une  telle 
opération. 

Voici  enfin  Cabrol  qui  pratiqua  de  propos  délibéré  une  néphrotomie 
en  se  basant  non  seulement  sur  les  symptômes,  mais  sur  le  souvenir  d’une 
autopsie  récente. 

«  En  l’an  1578,  maistre  ÏToel  et  moy  fusmes  appelés  pour  ouvrir  un 
honorable  homme  Anthoine  Bignomme,  marchant  de  la  ville  de  Montpellier 
âgé  de  60  ans >  lequel  avait  un  grand  abcès  du  rongnon  gauche,  devant  què 
l’ouvrir  fusmes  d’avis  de  le  peser  lequel  trouuasmes  qu’il  était  du  poids 
de  14  livres  avec  son  guist  (paroi)  et  rongnons  lequel  guist  était  d’épaisseur  . 
d’une  bonne  peau  de  mouton  ou  maroquin. 

«  Depuis  en  ça  m’est  advenu  un  jeune  homme  marchand  à  Pezenas,  lequel 
avait  en  même  endroit  une  douleur  fort  grande  et  m’appela  pour  en  auoir 
auis  et  m’ayant  parlé  et  fait  discours  de  sa  maladie  je  fus  d’aduis  qu’il  appe¬ 
lât  conseil...  à  laquelle  consultation  fusmes  quasi  de  contraire  opinion  les 
.uns  tenoyent  pour  une  pierre  au  rein  et  moy,  au  contraire,  tenois  que  c’étoit 
un  abcès  étant  remémoratif  de  l’abcès  du  sieur  Bignomme.  Le  malade  me 

que  de  vivre  si  misérablement  ;  moy  estant  convaincu  de  prières  tant  de  luy 

fusse  si  téméraire  de  l’ouurir  seul  mais  y  appelay  tous  ceux  qui  s’estoyoeint 
trouvés  à  la  consultation  et  ayant  appliqué  mon  cautère  dedans,  il  y  en 
eut  de  bien  joyeux  en  la  compagnie  et  trouuay  la  cauité  et  le  lieu  de  la 
matière,  mais  il  n’en  sortit  rien.  Deux  heures  après  j’y  fus  pour  changer 
le  premier  appareil  et  la  tente  étant  sortie,  fus  contraint  prendre  un  bassin 

deux  fois  le  jour  un  plat  le  matin  et  un  le  soir  ;  cela  dura  l’espace  d’un  mois 
ou  cinq  semaines,  mais  avec  les  remèdes,  tant  d’onguents  qu’emplastres, 
sérats,  iniections,  l’ulcère  fut  détergée,  incarnée  et  bien  cicatrizée  et  en  est 
bien  guéri,  dont  depui  s’est  changé  à  Marseille  pour  poursuyure  sa  traf- 

Cabrol,  que  nous  avons  vu  bon  anatomiste,  ne  négligeait  pas  d’ouvrir 
le  corps  de  ses  malades  défunts  toutes  les  fois  qu’il  le  pouvait;  c’est  ainsi 
qu’il  décrit  un  rein  en  fer  à  cheval  avec  deux  uretères,  un  autre  avec  un  seul 
uretère  très  ample,  un  seul  rein  «  d’une  grandeur  incroyable  »  couché  sur 
les  vertèbres  des  lombes. 


STRANGURIE, 


le  faire.  On  peut  à  bon  droit  les  considérer  comme  les  créateurs  de  la 

nombre  d’opérations.  Us  ont  découvert  les  rapports  qui  unissent  les  divers 
organes  de  l’appareil  urinaire  ;  les  premiers,  ils  ont  eu  une  conception  haute 
et- large  des  affections  qui  les  atteignent. 

Ces  deux  hommes,  unis  par  une  étroite  amitié,  avaient  des  qualités  com¬ 
munes  :  le  bon  sens,  la  passion  de  la  clinique,  l’amour  du  progrès  ;  mais 
quelle  opposition  dans  leurs  procédés  d’enseignement  !  Desault,  orateur  et 


publié  ses  notes.  Cependant  le  souvenu  de  ses  brûlantes  leçons  s'est  trans¬ 
mis  jusqu’à  nous,  de  même  que  nos  eontemporams  perpétueront  la  mé¬ 
moire  de  Lasègue,  de  Trélat  et  de  Dieulafoy. 

Les  qualités  de  Cbopart  étaient  toutes  différentes  :  son  élocution  médiocre 
et  confuse  ne  retenait  que  peu  d’élèves  autour  de  lui.  Aussi  s’est-ü  attache 
à  recueillir  les  faits  cliniques  qu’il  devait  utiliser  pour  la  rédaction  de  son 
livre  Celui-ci  vivra  longtemps  :  les  observations  bien  prises,  présentées 
nettement  et  en  grand  nombre,  sont  choisies  avec  art  et  si  bien  p-oupees 
qu’elles  font  dérouler  devant  le  lecteur  l’histoire  d’une  maladie  et  la  fixent 

esTremettable  que  l’exemple  de  Desault  et  de  Chopart  n’ait  pas  été 
suivi;  nous  verrons  que  le  souci  de  la  clinique,  pendant 
une  «rande  partie  du  rcx*  siècle,  a  cédé  le  pas  aux  inventions  mstrumen-, 
taies  et  aux  hypothèses.  H  faudra  attendre  que  les  grands  chirurgiens  de 
la  fin  du  siècle  dernier  reprennent  les  traditions  que  Desault  et  Chopart 
n’avaient  pu  faire  accepter  par  leurs  élevés  immédiats. 


CHAPITBE 


LA  TAILLE  ET  LES  LITHOTOMISTES 


Dans  les  chapitres  qui  précèdent  nous  avons  indiqué  chemin  faisant 
les  principales  étapes  de  la  lithotomie,  montrant  que,  si  les  anciens 
Egyptiens  paraissent  l’avoir  ignorée,  les  Hindous  et  les  Persans  l’avaient 
pratiquée  à  une  époque  fort  reculée  ;  comme  il  est  impossible  de  fixer 
une  date  précise,  on  considère  comme  probable  que  cette  opération  fut 
apportée  en  Orient  par  les  Grecs  au  moment  des  guerres  d’Alexandre. 

Mais  elle  était  méprisée  et  abandonnée  à  des  personnages  assez  peu  hono¬ 
rables  pour  qu’Hippocrate,  dans  son  serment,  défendît  aux  médecins  de  la 
pratiquer.  Cette  proscription  produisit  peu' d’effet,  car  des  médecins  tels 
qu’Ammonius,  qui  occupait  une  haute  situation,  ont  pratiqué  et  perfec¬ 
tionné  la  taille,  néanmoins  elle  restait  réservée  presque  exclusivement  à 
des  spécialistes  nomades  qui  allaient  exercer  de  ville  en  ville  ainsi  qu’on  le 
voit  encore  aujourd’hui  en  Orient. 

Celse  nous  donne  une  description  que  nous  avons  reproduite  (v.  p.  37) 
de  la  méthode  alors  employée;  elle  existait  certainement  avant  lui  car  il 
ne  la  présente  pas  comme  une  méthode  personnelle.  Sa  simplicité  même 
l’imposait  à  tous  ;  plus  ou  moins  modifiée  par  les  médecins  grecs  et  romains, 
Paul  d’Egine,  Anthyllus,  Oribase,  par  les  Arabes,  puis  par  Guillaume  de 
Salicet,  Guy  de  Chauliac,  etc...  ;  elle  persistera  jusqu’au  xvme  siècle  sons  le 
nom  de  petit  appareil. 

Le  grand'  appareil.  —  C’est  au  commencement  du  xvie  siècle  qu’une 
méthode  nouvelle  qui  devait  détrôner  l’antique  procédé  fut  employée  par 
Giovani  di  Bomanis,  plus  connu  sous  le  nom  de  Jean  des  Bomains,  médecin 

écrite  par  lui  à  Marianus  et  retrouvée  par  Malgaigne. 

Bencontrant  des  difficultés  pour  reconnaître  le  col  vésical  chez  un  enfant, 
il  imagina  d’introduire  une  sonde  dans  le  canal  et  de  s’en  servir  comme 
de  conducteur  vers  la  vessie.  H  perfectionna  peu  à  peu  ce  procédé  et  mul- 
tipha  les  instruments,  ce  qui  lui  fit  donner  le  nom  de  grand  appareil. 

étudia  d’abord  à  Naples,  puis  à  Borne  sous  Jean  de  Vigo.  Son  maître 
principal  fut  Jean  des  Bomains  dont  le  nom  même  serait  sans  doute  resté 
inconnu  si  Marianus  n’avait  eu  la  probité,  bien  rare  à  cette  époque,  de  rap¬ 
porter  à  son  maître  la  technique  qu’il  tenait  de  lui.  Il  est  d’ailleurs  possible 
que  ce  procédé  ait  été  employé  avant  lui  par  des  inciseurs  qui  auraient 


mn 


111 


■ES  L1TH0T0MISTES 


dans  un  régiment  de  cavalerie,  obtint  son  congé  5  ans  après  et  se  lia  avec  un' 
opérateur  ambulant  du  nom  de  Pauloni  «  qui  taillait  du  boyau  et  de  la 
pierre  »  ;  tout  en  étant  son  serviteur,  il  apprit  de  lui  la  pratique  du  petit  et 
du  grand  appareil.  Befusant  de  le  suivre  à  Venise,  il  gagna  la  Provence,  y 
pratiqua  la  taille  pendant  une  dizaine  d’années,  mais  non  plus  la -kéloto¬ 
mie,  parce  qu’il  répugnait  à  l’ablation  du  testicule  qui,  à  cette  époque,  était 
la  conséquence  de  cette  opération. 


Vers  1690,  il  prit  l’habit  religieux.  Se  fit-il  admettre  dans  l’ordre  de 


156  LA  TAILLE  ET  LES  LITHOTOMISTES 

contusions  et  le  décliirenient  de  ces  parties  qui  arrivent  presque  toujours  au 
col  de  la  vessie  et  aux  prostates.  »  En  revanche,  Méry  blâme  la  nature  et  la 
forme  des  instruments  qui  paraissaient  des  plus  défectueux. 

En  attendant  la  rédaction  du  rapport  de  Méry,  Frère  Jacques  était  allé  à 
Fontainebleau  où  résidait  la  cour.  Duchesne,  le  médecin  des  princes,  fut  inté¬ 
ressé  par  le  récit  de  sa  manière  d’opérer,  en  parla  à  Fagon,  puis  à  Bourdelot,  de 
sorte  qu’on  permit  au  Frère  de  tailler  un  garçon  cordonnier,  ce  qu’il  fit  avec 
un  plein  succès.  Louis  XIV  en  fut  informé  et  dit  qu’il  «  fallait  avoir  soin  de 
cet  homme-là  ».  Logé  chez  Bontemps,  premier  valet  de  chambre,  il  pratiqua 


Fig.'  SO.  —  Dilatateur  du  Frère  Jacques,  d’après  Descbamps. 


élogieux.  Malgré  tout,  les  administrateurs  de  l’Hôtel-Dieu  et  de  la  Charité 
décidèrent  que  le  Frère  y  taillerait  publiquement.  Mais  sur  60  calculeux 
opérés,  25  succombèrent  tandis  que  sur  22  malades  opérés  au  grand  appareil 
par  les  chirurgiens  ordinaires,  19  guérirent.  Interdiction  d’opérer  fut  faite  au 
Frère  Jacques,  basée  moins  sur  la  fâcheuse  issue  de  ses  opérations  que  sur 
son  mépris  des  baumes  et  emplâtres  qu’on  employait  comme  pansements. 
«  Il  suffit  que  je  lui  aie  tiré  la  pierre,  avait-il  répondu,  Dieu  le  guérira.  »  Mala- 


Le  séjour  de  Paris  n’étant  plus  guère  pour  lui  plaire,  Frère  Jacques  reprend 
sa  vie  errante,  mais  précédé  désormais  par  la  renommée  de  son  nom  :  en 
juillet  1698,  il  opère  avec  succès  à  Orléans,  puis  à  Aix-la-Chapelle,  enfin  en 
Hollande  en  1899  où  la  Gazette  d’Amsterdam  le  décore  du  nom  d’opéra- 


guide  il  introduisait  i 
autre  bistouri  à  lai 


duisait  un  gorgeret, 
puis  des  tenettes.  Ce 
procédé  offre  plus  de 
sécurité  que  celui  de 
Cheselden  et  a  servi  à 
vulgariser  la  taille  en 
offrant  des  facilités  aux 
personnes  peu  expéri- 


Lt  vingt  calculeux  prête: 
roir  été  pratiquée  que  ■ 


îïffffp 


CHAPITRE  YI 


L’UROSCOPIE  ET  LES  UROM ANTES 


L’étude  de  l’urine  et  de  &er>  caractères,  de  leur  signification  au  point  de  vue 
séméiologique  et  pronostique,  a  occupé  dans  la  médecine  ancienne  une  place 
capitale,  dont  il  est  difficile  de  se  faire  une  idée  à  l’heure  actuelle.  Elle  mérite 
bien  le  nom  d’uroseopie,  car  pendant  longtemps  l’examen  de  l’urine  se  borna 
à  son  inspection. 

A  une  époque  où  l’on  ne  possédait  ni  la  percussion  ni  l’auscultation,  où  la 
chimie  n’était  encore  que  de  l’alchimie,  science  occulte  et  mystérieuse  qu’on 
n’avait  pas  songé  d’ailleurs  à  appliquer  à  l’étude  de  l’urine,  où  aucune  des 
réactions  biologiques  actuelles  n’étaient  soupçonnées,  on  devait  deviner 
plutôt  que  diagnostiquer  les  maladies  internes  grâce  aux  signes  que  four¬ 
nissait  l’examen  du  faciès,  de  l’habitus  général,  de  la  respiration,  des 
sueurs,  de  l’expectoration,  et  surtout  du  pouls  et  des  urines.  Parmi  ces  signes, 
l’étude  de  l’urine  devait  être  la  plus  féconde.  Couleur,  quantité,  densité, 
matières  contenues  varient  à  l’infini  et  sont  l’occasion  de  déductions  par¬ 
fois  ingénieuses,  mais  trop  souvent  aussi  de  simples  imaginations. 

Que  l’on  joigne  à  cette  absence  de  méthode  scientifique  et  de  critique  au 
moyen  âge,  l’habitude  de  la  compilation  élevée  à  la  hauteur  d’une  science, 
et  l’on  comprendra  comment  cette  partie  de  la  médecine,  restreinte  chez 
Hippocrate,  est  devenue  vaste,  ample,  diverse,  et  souvent  contradictoire 
chez  les  derniers  des  médecins  grecs  et  ceux  du  moyen  âge.  Tout  est  sur  léji 
même  plan,  le  certain,  le  probable  et  l’hypothétique:  à  l’obscurité  qui 
en  résulte  s’ajoutent  un  besoin  finaliste  irrésistible  à  cette  époque,  et  les 
hypothèses  basées  sur  une  physiologie  fantaisiste  sans  expérimentation; 
aussi  n’est-on  pas  surpris  du  fatras  de  connaissances  fausses  et  puériles, 
mais  parfois,  il  faut  le  reconnaître,  marquées  au  coin  d’un  grand  bon  sens  que 
possédaient  nos  ancêtres. 

Avec  Hippocrate  et  même  avec  Galien,  qui,  d’ailleurs  ne  fait  guère  que 
le  commenter,  l’urologie  n’est  pas  une  science  à  proprement  parler.  Se 
plaçant  surtout  au  point  de  vue  du  pronostic,  Hippocrate  établit  des  rapports 
entre  les  qualités  de  l’urine  et  l’évolution  de  la  maladie,  sa  durée  et  son  issue; 
il  en  tire  des  conclusions  souvent  justes  pour  le  diagnostic. 

Après  eux,  les  commentateurs  et  les  compilateurs  viennent,  qui  n’ajoutent 
guère  de  notions  importantes.  A  leur  tour  les  Arabes  et  les  médecins  du  moyen 

A  la  Renaissance,  ces  connaissances  devaient  être  discutées,  renversées  par 


JROMANTKS 


sième  la  valeur  séméiologique  de  oes  différents  éléments,  leur  signification 
suivant  l’âge,  la  saison,  le  pays,  etc.  ;  dans  le  quatrième  et  le  cinquième,  il 
Temonte  aux  causes  de  ees  perturbations  et  en  fait  ainsi  le  diagnostic  étiolo¬ 
gique;  dans  les  deux  derniers  livres  enfin,  il  établit  le  pronostic  à  tirer  de 
l’étude  de  ces  variations. 

Après  avoir  indiqué  le  plan  de  son  livre,  Actuarius,  dans  un  chapitre  qui 
est  une  sorte  d’historique,  déplore  que  «  pour  une  raison,  dit-il,  que  j’ignore, 
aucun  des  anciens  auteurs  qui  cependant  connaissaient  bien  la  question  ne 
l’a  traitée  avec  quelque  soin  ».  Malgré  son  respect  de  la  tradition,  car  il  ne 
cite  Hippocrate  qu’en  lui  adjoignant  l’épithète  de  Sapientissimus,  il  émet  sor 
lé  maître,  de  Oos  et  sur  Galien  les  appréciations  que  voici  : 

«  Le  vénérable  Hippocrate  lui-même  qui,  de  côté  et  d’autre,  a  dit  quel¬ 
ques  mots  des  urines,  n’a  laissé  sur  ce  sujet  qu’un  traité  incomplet.  Galien, 


sonnages  illustres  de  cette  Université.  Un  cortège  solennel  eut  lien  à  cette 

figures  allégoriques  et  bien  certainement  sans  aucune  intention  satirique. 
Or  la  Médecine  y  figure  tenant  un  flacon  d’urine'  à  la  main  tandis  que  des 


UROMANTJES 


LJROSCOPIE 


consultation  donnée  par  un  charlatan  avéré  à  une  jeune  fille  dont  il  devine 


.  D-  —  L’ART  SPAGYRIQUE  ET  SES  DÉTRACTEURS 
L’urologie,  si  simple  entre  les  mains  d’BHppocrate  et  de  Galien, 


SPAGYRIQUE 


mmtiinm 


1  il 


.  Et  le  signe  de  Libra  a  regard  sur  le  péril  et  génitales  dell’hoœme. 
le  signe  de  Scorpius  a  regard  sur  le  membre  de  l’homme.  Et  le  signe 
Sagittaire  a  regard  sur  les  cuisses  de  l’homme.  Et  le  signe  de  Capncor- 
a  regard  sur  les  genoulx  de  l’homme.  Et  le  signe  de  Aquarius  a  regard 
les  jambes  de  l’homme.  Et  le  signe  de  Pisces  a  regard  snr  les  pi&  de 
mme.  Et  ainsi  doi  les  entendre  de  la  femme.  » 


I  - 


2°  beaucoup  de  liqueur  aqueuse  avec  quelques  particules  de  sel  et  dé 
soufre,  3°  une  eau  très  pénétrative  communément  appelée  esprit  d’urine, 
mais  qui  est  un  phlegme’  fort  aiguisé  par  le  sel,  montant  le  dernier  dans  la 
distillation  ;  enfin  après  distillation  il  reste  dans  la  cueurbite  :  4»  du  sel  •  go  de 


JS  UROMANTES 


d’un  médecin  de  flairer  l’urine,  cependant  bon  gré  mal  gré,  l’odeur  peut  par¬ 
venir  jusqu’à  nos  narines.  Modérée  à  l’état  normal,  elle  devient  infecte  lor* 
qu’on  a  mangé  de  l’ail  ou  du  fromage  pourri  ;  elle  l’est  encore  dans  les  cas 


dans  des  nuances  insignifiantes,  il  insiste  sur  les  points  importants  en  particu¬ 
lier  sur  le  diagnostic  des  urines  bilieuses  et  hématuriques.  n  en  est  de  même 
pour  les  urines  troubles.  Mais  bientôt  Fernel  cède  à  ses  souvenirs  classiques. 
Pour  lui  la  couronne  formée  de  grosses  bulles  est  signe  d’humeurs  grossières, 
si  les  bulles  sont  petites  et  disposées  circulairement  c’est  douleur  de  tête! 
si  elles  sont  disposées  en  demi-cercle,  c’est  migraine.  Si  la  douleur  est  intense 
les  bulles  seront  dorées,  si  elle  est  légère  elles  seront  pâles,  si  la  douleur  s’a¬ 
paise  elles  nageront  au  milieu  de  la  surface  de  l’urine  «  car  le  fait  qu’elles  occu¬ 
pent  le  haut  de  l’urine  témoigne  que  c’est  la  tête,  la  plus  haute  partie  de 
l’homme  qui  est  le  siège  de  douleur  ».  Si  les  bulles  tombent,  cela  signifie 
que  la  maladie  tombe  de  la  tête  sur  les  poumons,  etc...  Il  était  vraiment  bien 
difficile,  même  pour  un  esprit  aussi  distingué,  de  se  défaire,  des  rêveries  de 
ses  prédécesseurs. 


îilüiît1 


recommande  de  comparer  tm  volume  donné  d’urine, 
d’un  corps  pesant  le  même  poids. 


iis  Paracelse  et  van  Helmont  et  surtout  depuis  Actuarius,  on 
rogrès  ont  été  réalisés  grâce  à  une  observation  plus  attentive  des 
nalyse  apportée  à  l’étude  de  l’urine.  Mais  les  procédés  que  recomn 
sont  surtout  des  procédés  physiques.  H  se  méfie  de  la  chimie,  quic 
evait  donner  les  plus  intéressants  résultats  entre  les  mains  de  soi 


Hermann  Boerhaave,  né  le  13  décembre  1668  àWoorhout,  près  de  Leyde, 
compte  parmi  les  médecins  les  plus  illustres.  Après  avoir  étudié  la  théologie 
suivant  le  désir  exprimé  par  son  père  mourant,  il  s’adonna  à  la  médecine  et  à 
25  ans  fut  reçu  docteur  de  l’Université  de  Harderwick.  Dès  l’âge  de  30  ans, 
il  enseignait  dans  l’Université  de  Leyde.  L’état  de  sa  santé  le  força  d’inter- 


lllll  I 


homme  toujours  prêt  ; 


iterpréter  la  marche  < 


une  longue  pratique  des  voies  urinaires  permet  seule  de  faire  face. 

L’urologiste  idéal  doit  donc  être  aujourd’hui  à  la  fois  anatomiste,  physiolo¬ 
giste,  médecin  et  chirurgien  consommé;  il  doit  être  expérimentateur,  posséder 
des  connaissances  suffisantes  en  chimie  et  en  physique,  en  histologie  et  en 
bactériologie.  Ce  n’est  pas  là  une  vue  de  l’esprit  car  beaucoup  d’urologistes 
possèdent  ces  qualités.  Il  en  est  un  tout  au  moins  chez  qui  elles  brillaient 
au  plus  haut  degré  :  c’était  le  professeur  Albarran. 

Dans  cet  exposé  nous  avons  cherché  à  montrer  l’évolution  de  la  science 
urologique  au  xixe  siècle.  L’historique  de  cette  période  sera  limité  à  cer¬ 
taines  questions,  car  la  plupart  d’entre  elles  se  lient  à  la  pathologie 
et  seront  exposées  dans  chaque  article  de  cette  encyclopédie.  Nous 
rons  cependant  aux  origines  de  plusieurs  découvertes  :  les  rétrécis 
lalithotritie,  l’endoscopie,  en  relatant  très  rapidement  quelques  an 
importants  de  cette  période. 


3.  —  LE  CATHÉTÉRISME 


Il  !  I 


,E  CATHÉTÉRISME 


gnostic  sur  le  cathétérisme  explorateur-  On  s’aperçut  qu’un  instrument 
cylindrique,  bougie  ou  sonde,  était  un  mauvais  explorateur,  car  elle  ne  per¬ 
mettait  pas  de  localiser  les  sensations. 

Un  chirurgien  militaire,  Liout,  réalisait  un  progrès  en  construisant  en  1824 
les  premières  sondes  coniques  terminées  par  un  renflement,  modèle  pri¬ 
mitif  des  bougies  et  sondes  à  bout  olivaire.  Le  principe  d’un  renflement 
terminal  allait  s’imposer. 

Déjà  au  siècle  précédent,  Petit  et  Desault  avaient  indiqué  l’emploi 
d’instruments  terminés  par  une  boule  dont  Ch.  Bell  s’est  certainement 
servi,  Ségalas  employa  méthodiquement  une  tige  terminée  par  une  olive 


extrémité  d’une  lentille  qui,  rendue  excentrique  par  un  mouvement  de  bas¬ 
cule  accrochait  et  révélait  les  obstacles  pendant  le  retrait  de  l’instrument. 

Vers  1830,  une  amélioration  fut  faite  par  Guillon  qui  présenta  des  bou¬ 
gies  de  baleine,  dont  l’extrémité  terminée  en  virgule  était  trop  pointue, 
car  elle  exposait  à  blesser  la  muqueuse.  Ce  ne  fut  guère  qu’en  1836  que 
Leroy  d’Etiolles  inventa  la  bougie  de  gomme  à  boule,  à  peu  près  telle  qu’on 
l’emploie  de  nos  jours.  Mais  les  chirurgiens  ne  paraissent  pas  y  avoir  eu 

Celui-ci  se  servait,  pour  explorer  l’urètre,  d’un  faisceau  de  fils  de  soie, 
effiloehé  à,  une  de  ses  extrémités  qu’il  chargeait  d’une  petite  masse  d’un 
mélange  de  cire  jaune,  de  diachylon,  de  poix  et  de  résine.  Ce  fil,  passant  dans 
une  sonde  à  bout  coupé,  maintenait  à  son  extrémité  le  mélange  emplas- 
tique.  Ducamp  conduisait  sur  l’obstacle  cet  appareil,  attendait  que  la  cire  fût 
ramollie,  puis  exerçait  une  légère  pression.  La  sonde  retirée  avec  précau¬ 
tion  donnait  un  moulage  du  rétrécissement  ;  la  figure  132  montre  des  résultats 
heureux.  Mais  la  méthode  était  infidèle  ;  la  cire,  trop  ou  insuffisam¬ 
ment,  ramollie,  rapportait  souvent  un  moulage  inexact,  et  surtout,  grief 
plus  sérieux,  elle  se  détachait  et  oblitérait  l’urètre.  Fous  verrons  toutefois 
le  parti  que  Ducamp,  Lallemand  et  beaucoup  d’autres  spécialistes  en 
ont  tiré  pour  le  traitement  des  strietures. 

ffifi  Pou  après,  en  1836,  Cazenave,  de  Bordeaux,  inventa  un  urétromètre 
(ng-  133),  formé  de  fines  lames  de  ressort  qui  se  développaient  après  leur 


i  1 I 1 II II! 


•lili  ?tlîi 


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l’uretrotomie  deBeybard  n’en  reste 
ns  un  des  procédés  les  plus  dange¬ 
rs  accidents  qu’elle  a  produits  ont 


^mtr 


principaux  spécialistes  qu’il  importe  de  J 


.E  XIX®  SIÈCLE 


et  Portai,  ont  égaré  la-  pathogénie  des  accidents  du  prostatisme  en  admet¬ 
tant  que  les  tumeurs  de  la  prostate  rétrécissaient  le  canal.  EverardHome. 
en  1811,  fit  connaître  la  véritable  nature  de  l’hypertrophie  qui,  pour  lui,  n’est 
pas  produite  par  une  dégénérescence  ;  la  rétention  et  les  difficultés  miction- 
nelles  qu’elle  détermine  sont  d’ordre  mécanique.  Cette  notion  éliminait  la 
paralysie  vésicale  à  laquelle  on  rapportait  la  dysurie  des  vieillards. 

En  Erance,  Amussat-,  puis  Leroy  d’Etiolles,  écartant  définitivement 
l’idée  de  cancer,  acceptèrent  les  idées  d’Everard  Home  sur  l’hypertrophie 


d’un  tissu  normal,  dans  des  mémoires  présentés  à  l’Académie  de  1829  à  1832. 
Leroy  décrivit  un  bourrelet  transversal  qui  fermerait  le  col  de  la  vessie  à  la 
manière  d’une  soupape.  Trois  ans  après,  en  1833,  Velpeau  démontra  la  béni¬ 
gnité  de  l’hypertrophie  prostatique,  mais  il  chercha  à  établir  une  analogie 
entre  les  tumeurs  utérines  et  les  fibromes  prostatiques  qui  auraient  ponr 
point  de  départ  une  goutte  de  sang  extravasé. 

C’est  surtout  Mercier  qui  fit  entrer  l’étude  de  l’hypertrophie  dans  une 
voie  nouveEe.  Hé  au  Plessis-Saint-Jean  en  1811,  E  fit  de  bonnes  études 
médicales,  et  dès  son  internat  en  1834,  il  se  consacra  à  la  pratique  des  voies 
urinaires.  Jusqu’à  sa  mort  survenue  en  1882,  ü  n’a  cessé  de  publier  et  de  pro¬ 
duire,  apportant  dans  ses  polémiques  une  énergie  dont  ses  devanciers  loi 
avaient  donné  l’exemple.  Le  prix  Montyon,  puis  le  prix  d’Argenteuil  récom¬ 
pensèrent  ses  découvertes,  mais  ü  ne  put  franchir  les  portes  de  l’Acadenu 
de  Médecine  ni  de  la  Société  de  Chirurgie.  Sensiblement  plus  jeune  que  cens 
de  ses  concurrents  que  nous  connaissons,  il  se  mêla  à  leurs  luttes  :  l’a  s0 
lutisme  de  son  caractère,  la  violence  de  ses  répHques  fit  qu’E  les  eut  presqu 


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BIBLIOGRA 


DEUXIÈME  PARTIE 


CHAPITRE  PREMIER 

L’APPAREIL  URINAIRE  DANS  LA  SÉRIE  ANIMALE 
ANATOMIE,  EMBRYOLOGIE  ET  PHYSIOLOGIE 


APERÇU  GÉNÉRAL,  DÉFINITIONS  ET  SOMMAIRE 


ANIMALE 


296  L’APPAREIL  URINAIRE  DANS  LA  SÉRIE 

Elle  a  par  conséquent  une  double  action,  d’une  part  tirer  de  l’être  vivant 
différents  principes,  d’autre  part  rejeter  diverses  substances  solides  et 
liquides  et  notamment  les  produits  de  décomposition  des  matières  azotées, 
tels  que  l’urée,  l’acide  urique,  etc. 

Cette  fonction  est  commune  à  tous  les  êtres  vivants,  mais  tandis  que  chez 
les  animaux  les  plus  inférieurs,  il  n’existe  point  à  proprement  parler  d’organes 
particuliers  pour  l’accomplir,  au  fur  et  à  mesure  qu’on  s’élève  dans  la  série 
on  voit  apparaître  et  se  développer  des  organes  spéciaux  dont  l’ensemble 
constitue  V appareil  sécréteur.  Celui-ci  se  différencie  de  plus  en  plus,  et  dans 
les  groupes  supérieurs,  comme  les  Vertébrés  terrestres  et  l’Homme,  il  atteint 
une  grande  complexité. 

Les  organes  particuliers  chargés  d’extraire  du  sang  et  de  sélectionner 
divers  principes,  produits  plus  ou  moins  directs  dê  la  désassimilation,  portent 
le  nom  de  glandes.  En  règle  générale,  l’expulsion  de  ces  produits  doit  se  faire 
au  dehors,  c’est-à-dire  par  les  téguments  ou  par  le  tube  digestif  qui  lui-même 
peut  être  considéré  également  comme  faisant  partie  de  l’extérieur.  H  existe 
des  glandes  unicellulaires,  mais  chez  des  animaux  élevés  en  organisation, 
ces  organes  peuvent  devenir  beaucoup  plus  complexes  et  chez  les  Vertébrés, 
par  exemple,  on  y  distingue  habituellement  les  parties  principales  suivantes  : 

1°  Une  membrane  épithéliale  composée  de  cellules  spéciales  chargées 
d’extraire  du  liquide  sanguin  les  principes  particuliers  à  la  glande. 

2°  Une  nappe  sanguine  formée  par  des  artères  et  par  des  veines  qui  se 
ramifient  en  fins  capillaires. 

3°  Des  "filets  nerveux  qui  règlent  l’activité  sécrétrice. 

les  produits  sécrétés,  c’est  le  canal  excréteur.  Celui-ci  fait  toutefois  défaut 
dans  certaines  glandes  dont  les  produits  repassent  dans  le  sang  et  qui  sont 
dites  glandes  closes. 

En  ce  qui  concerne  le  rôle  dans  l’économie  des  substances  sécrétées  on  doit, 
en  effet,  distinguer  deux  cas  :  . 

Dans  le  premier  les  produits  sont  susceptibles  d’être  encore  utilisés  pour 
l’accomplissement  de  certaines  fonctions,  ils  constituent  les  sécrétions  propre¬ 
ment  dites  ou  sécrétions  récrémentitieUes  comme  on  les  appelait  jadis,  c’est-à- 
dire  destinées  à  être  réabsorbées  et  pouvant  séjourner  encore  plus  ou  moins 
longtemps  dans  l’organisme 1. 

Dans  le  second  cas.  au  contraire  les  produits  sont  mutiles  ou  nuisibles,  ils 
sont  simplement  rejetés  au  dehors  et.  portent  le  nom  de  sécrétions  excrémen- 
titielles  ou  simplement  excrétions  -. 

Bien  que  dans  le  langage  courant  on  confonde  généralement  sécrétion  et 
excrétion  ce  dernier  terme  a  une  acception  moins  étendue  que  le  premier. 
TJ  excrétion  à  proprement  parler  est  une  forme  plus  spéciale  de  la  fonction 
générale  de  sécrétion. 


ou  cavité  générale.  De  ces  trois  feuillets  du  blastoderme  naissent  des  tissas 
plus  on  moins  différenciés. 

On  rencontre  chez  les  Métazoaires  deux  types  principaux  de  structure  • 

I.  Les  Phytozoaires  ; 


Les  Phytozoaires  correspondent  à  peu  près  aux  Zoophytes  de  Cïïvh&; 
les  animaux-plantes  sont  généralement  immobiles,  fixés,  ou  dérivant 
d’anima  ux  fixés  ;  leur  corps  est  rayonné,  c’est-à-dire  symétrique  par  rapport 
à  plusieurs  plans,  rappelant  ce  qui  se  passe  dans  le  règne  végétal,  d’où  le  nom 
donné  à  leur  groupe. 

Les  Phytozoaires  forment  trois  embranchements  : 

1°  Les  Spongiaires  vulgairement  dénommés  Eponges,  dont  le  corps  est 
creusé  d’une  cavité  ou  d’un  système  plus  ou  moins  compliqué  de  cavités 
pour  la  circulation  de  l’eau  ;  ils  possèdent  un  squelette  calcaire,  corné  on 
siliceux,  constitué  de  petites  pièces  souvent  en  forme  d’épines  ou  spiaâes. 
Chez  eux  les  trois  feuillets  sont  représentés  mais  il  n’y  a  pas  de  cavité  générale. 

2°  Les  Polypes  ou  Cœlentérés  dont  les  types  les  plus  connus  sont  les  Hydres, 
les  Coraux,  les  Méduses,  habituellement  fixés,  à  symétrie  presque  toujours 
nettement  rayonnée,  à  mésoderme  plus  ou  moins  rudimentaire  et  sans  cavité 
générale. 

3»  Les  PcUnodermes  comme  les  Oursins,  les  Étoiles  de  mer,  déjà  pins 
élevés  en  organisation,  possédant  une  cavité  générale  et  un  appareil  circula- 


302  L’APPAREIL  URINAIRE  DANS  LA  SÉRIE  ANIMALE 

cavité  générale,  mais  au  lieu  de  s’ouvrir  séparément  à  l’extérieur  elles  ! 
testin  terminal  (fig.  197  et  198). 

La  néphridie  des  Vertébrés  présente  en  outre  cette  particularité  de  j 
sur  son  trajet  une  sorte  d’ampoule  renfermant  un  paquet  de  vais 
sanguins,  le  glomérule  de  MalpigM. 

brés  disparaît  dans  la  suite.  Chez  les  Vertébrés  adultes  le  rein  fouet 
comme  une  glande  ordinaire  et  ne  communique  plus  directement  avecla  ( 


INVERTÉBRÉS 


H  n’y  a,  en  général,  qu’un  seul  orifice  à  ] 


ïlllll 


L’APPAREIL  EXCRÉTEUR  CHEZ  LES  INVERTÉBRÉS  311 

Coshovici  a  insisté  sur  ce  fait  que  la  néphridie  typique  ne  s’ouvrirait  pas 

viendrait  seulement  s’ajonter  à  l’appareil  néphridien  que  quand  celui-ci 
se  trouve  devoir  remplir  accessoirement  la  fonction  de  conduit  évaenateur 
des  produits  de  la  reproduction.  Typiquement  la  néphridie  se  ter 
par  une  ampoule  plus  ou  moins  volumineuse,  flottant  dans  la  cavité  visi 
et  tapissée  à  l’intérieur  par  des  cils,  portant  aussi  assez  souvent  un  flage 
L’ampoule  serait  chargée  du  filtrage  et  de  l’englobement  des  produit 

que  dans  nombre  de  cas  on  ne  trouve  pas  de  pavillon  vibratile. 

Pour  Goodeich  il  y  aurait  lieu  de  distinguer  dans  les  organes  segmentaires 
des  Annélides  les  quatre  formes  suivantes  (fig.  205)  : 

1»  La  protonéphridie,  qui  commence  sous  l’épithélium  du  cœlome  par  un 


ou  plusieurs  culs-de-sac  garnis  intérieurement  de  cellules  à  longs  cils  ou 
solénoeytes,  et  se  continue  par  un  tube  contourné  pour  s’ouvrir  au  dehors 
par  un  pore.  Bile  est  complètement  indépendante  des  conduits  génitaux 
et  sa  fonction  est  seulement  excrétrice. 

2°  La  néphridie  proprement  dite,  constituée  sur  le  même  type  mais  qui 
s’ouvre  par  un  pavillon  cilié  ou  néphrostome  dans  le  segment  précédan 
celui  où  débouche  son  orifice  externe.  Elle  est  aussi  excrétrice  mais  peu 
servir  parfois  au  transport  des  produits  génitaux  ou  gamètes. 

3°  Le  cmalimle  génital,  qui  commence  dans  le  cœlome  par  une  larg 
ouverture,  va  en  s’effilant  et  débouche  au  dehors  au  moment  de  la  repr' 
duction. 

4»  La  néphromixie,  formée  par  le  mélange  d’une  néphridie  et  d’un  cam. 
licule  génital  et  qui  sert  à  la  fois  au  transport  des  produits  génitaux  et  à  eelu 
des  produits  urinaires. 

Comme  on  le  voit,  la  question  est  encore  assez  controversée. 

Les  néphridies  apparaissent  dès  le  début  du  développement.  Oi 


III!? 


URINAIRE  DANS 


L’APPAREIL  EXCRÉTEUR 


INVERTÉBRÉS 


communiquant  avec  ceux  du  côté  opposé  par  des  anastomoses  transver¬ 
sales  aussi  bien  dans  la  tête  ou  scolex  que  dans  les  proglottis  (fi g.  214).  Ces 
troncs  servent  de  collecteurs  à  un  réseau  de  fins  canalicules  anastomosés  et 
ramifiés  dans  toute  l’étendue  du  parenchyme  du  corps  où  ils  ont  pour  origine 
des  ampoules  ou  entonnoirs  clos  à  flamme  vibratile.  Les  canaux  longitu¬ 
dinaux  aboutissent  finalement  à  une  petite  vésicule  munie  d’un  pore  excré¬ 
teur  et  située  au  bord  postérieur  du  dernier  anneau.  Quand  celui-ci  se  détache 
la  vésicule  disparaît  et  chaque  tronc  latéral  peut  s’ouvrir  directement  ou 


L’APPAREIL  «ÜRLNAIRE 


LA  SÉRIE  ANIMALE 


IV.  —  NÉMATHELHINTHES 


L'embranchement  des  N émathelminthes  est  maintenant  réservé  à,  des 
Vers  allongés,  fusiformes  ou  filiformes,  à  coupe  du  corps  cylindrique,  sans 
métamérisation  apparente,  ni  appendices  articulés,  ni  vaisseaux  sanguins 
à  téguments  chitine ux,  dépourvus  de  cils  vibratiles  et  à  eœlome  libre.  Presque 
tous  sont  parasites  et  à  sexes  séparés  ;  leur  extrémité  antérieure  est  munie 
de  papilles  ou  de  crochets. 


On  les  divise  en  deux  groupes  : 


nage  des  mâchoires,  c’est  le  cas  des  glandes  du  test,  des  glandes  eét 
des  Entomostracés  (fig.  216).  Chez  les  Crustacés  supérieurs  ou  Mala< 
elles  se  localisent  cependant  le  plus  souvent  daiy;  le  segment  corres 
aux  antennes  postérieures,  d’où  leur  nom  de  glandes  antcnnaires.  E: 
vent  même  présenter  un  grand  développement  chez  les  Décapodes 
l’Ecrevisse  où  on  les  appelle  glandes  vertes. 

La  glande  verte  de  l’Écrevisse  se  compose  d’une  portion  glandulâ 
prenant  une  partie  brune  terminale  ou  saeeule  et  une  partie  verte  ( 
de  poché  anfractueuse  richement  vascularisée,  le  labyrinthe  (fig.  217). 
vient  un  canal  excréteur  long  et  pelotonné,  d’abord  transparent,  puis  de 


II*-!'  tll 


L’APPAREIL  EXCRÉTEUR  CHEZ  LES  INVERTÉRRÉS  321 


glandulaire  pour  remplir  exclusivement  le  rôle  de  canal  excréteur  (Unie). 
Finalement  les  orifices  péricardique  et  externe  se  rapprochent  tout  à  lait 
l’un  de  l’autre  ( Poromya ).  Comme  dans  un  grand  nombre  d’autres  groupes, 
l’appareil  urinaire  peut  servir  de  conduit  vecteur  aux  produits  des  glandes 
génitales,  ou  bien  rein  et  organes  génitaux  débouchent  de  chaque  côté  sur 
une  papille  commune.  Chez  les  Siphoniens  à  sinus  palléal,  les  orifices  des  reins 
et  les  orifices  génitaux  sont  presque  toujours  séparés. 


lans  la  paroi  des  sacs  une  partie  inférieure  lisse,  une  partie 
le,  glandulaire,  formée  de  grappes  de  lobules  ;  cette  dernière 
iessus  des  gros  vaisseaux  comme  la  veine  cave  ou  grande 
s  péritonéales  ou  abdominales,  d’où  le  nom  d’appewdirrs 
st  donné  (fig.  220). 

t  la  règle  habituelle,  les  reins  des  Céphalopodes  communi- 


msmmmsm 


Ces  cellules  peuvent  même  se  réunir  et  former  dans  certains  cas  une  masse 
volumineuse  à  laquelle  on  a  donné  le  nom  de  rein,  mais  cet  organe  ne  possède 
pas  de  canal  excréteur,  c’est  un  simple  rein  d’accumulation. 


ORIGINE  ET  DÉVELOPPEMENT  DE  L’APPAREIL  URINAIRE 


CHEZ  LES  VERTÉBRÉS 


Les  Vertébrés,  Chordés  à  cerveau  subdivisé  en  plusieurs  régions  et  protégé 
par  une  boîte  crânienne,  forment  un  groupe  trop  anciennement  connu 


ORIGINE 


ET  DÉVELOPPEMENT  CHEZ  LES  VERTÉBRÉS  331 

3»  Les  Euihériens  ou  Monoddphss,  placentaires,  sans  membrane  caduque 
on  avec  caduque,  qui  comprennent  un  grand  nombre  d’ordres  caractérisés 
principalement  par  des  modifications  dues  au  régime  alimentaire. 

On  distingue  d’abord  les  Edentés,  groupe  inférieur  assez  hétérogène,  à 
dentition  souvent  nulle,  comme  les  Fourmiliers,  les  Pangolins,  etc.,  les  Cétacés, 
aquatiques,  pisciformes,  dont  les  types  sont  les  Baleines  et  les  Cachalots  ; 
on  en  sépare  aujourd’hui  les  Siréniens,  comme  les  Lamantins  à  régime  herbi- 

Les  Ongulés,  herbivores,  adaptés  à  la  course,  viennent  ensuite  ;  ils  sont 
tantôt  à  doigts  impairs  ou  Périssodactyles  comme  les  Bhinocéros,  les  Che¬ 
vaux,  etc.,  tantôt  à  doigts  pairs  ou  Artiodactyles,  comme  les  Hippopotames 
et  les  Porcs,  ainsi  que  les  Buminants.  Les  Eléphantsou  Proloseiiiens  et  les 
Homans  forment  chacun  un  ordre  à  part. 

Un  ordre  fort  vaste,  souvent  frugivore,  est  constitué  par  les  Songeurs, 
comme  les  Bats,  les  Lapins. 


w 


332  L'APPAREIL  URINAIRE  DANS  LA  SÉRIE  ANIMALE 

les  appareils  urinaires  primordiaux  de  certains  Poissons  et  dans  tons  ceux 

qui  leur  font  suite  dans  l’ensemble  de  l’embrancbement. 

A  l’origine,  chez  les  Vertébrés,  ainsi  qu’on  peut  le  constater  chez  certains 
embryons,  les  iules  rénaux  sont  des  canalicules  transverses,  au  nombre  d’une 
paire  par  segment  musculaire,  très  comparables  aux  néphridies  des  Annüides, 
maig  implantés  sur  un  canal  excréteur  commun  longitudinal,  le  canal  excré¬ 
teur  primaire  ou  canal  de  Wolff,  qui  débouche  de  bonne  heure  à  l’extérieur. 

Au  cours  de  la  vie  de  l’animal,  ces  canalicules  néphridiens  se  multiplient 
irrégulièrement  faisant  disparaître  la  métamérisation  originelle  et,  suivant 

types  considérés,  peuvent  arriver  à  former  jusqu’à  trois  orgmes  différents 

se  suivent  d’avant  en  arrière  le  long  du  canal  commun,  apparaissant 

îessivement  et  se  remplaçant  dans  le  cours  du  développement  ontogénique. 

Ce  sont  : 

1°  Le  pronépJiros,  rein  précurseur  ou  rein  céphalique  placé  très  antérieure¬ 
ment  immédiatement  en  arrière  des  branchies  ; 

2°  Le  mésonéphros,  rein  primitif  ou  primordial  ou  corps  de  Wolf,  médian  ; 

3°  Le  métanéphros  ou  rein  définitif,  le  plus  caudal. 

Le  pronéphros  est  transitoire  chez  tous  les  Vertébrés,  le  mésonéphros  est 
l’appareil  excréteur  définitif  des  Anamniotes,  le  métanéphros  ne  se  rencontre 

Au  lieu  d’admettre  la  succession  chez  les  Vertébrés  de  ces  trois  organes 
excréteurs  différents  qui  se  remplacent  les  uns  les  autres,  on  peut,  d’ailleurs, 
supposer  qu’ils  ne  sont  que  les  modifications  progressives  d’un  même  appareil 
rénal  primitif  ou  holonéphros  qui  possédait  une  structure  semblable  dans 
toute  son  étendue. 

L’étude  du  développement  ontogénique  rend  compte,  d’ailleurs,  de  l’unité 
fondamentale  des  divers  canalicules  rénaux. 

Le  système  urinaire  dans  son  entier  provient  du  feuillet  moyen  du  blasto¬ 
derme,  c’est-à-dire  du  mésoderme. 

Celui-ci  est  constitué,  d’abord,  comme  on  sait,  par  deux  plaques,  l’une 
.  entre  lesquelles  se  trouve  chez  les  Vertébrés  en  haut 
is  la  corde  dorsale.  Chacune  des  plaques  forme  une  partie 
ne  partie  latérale  non  segmentée, 
la  plaque  latérale.  Le  segment  primitif  à  son  tour  donne  naissance  au  seg¬ 
ment  primitif  secondaire  ou  protovertebre  et  au  pédicule  du  segment  primitif  *. 
Le  segment  secondaire,  son  pédicule  et  la  plaque  latérale  sont  continus  laté¬ 
ralement  (fig.  222,  A)  et  consistent  en  une  couche  cellulaire  externe  ou  soma- 
topleure  et  en  une  couche  cellulaire  interne  ou  splanchnopleure  ;  entre  celles-ci 
se  poursuit  une  partie  du  ccelome. 

Les  différents  canalicules  rénaux  proviennent  du  pédicule.  Celui-ci,  en 
effet,  pour  commencer,  se  sépare  de  la  protovertèbre  et  constitue  alors  un 
tube  fermé  de  ce  côté,  ouvert  au  contraire  dans  le  ccelome  de  la  plaque  laté¬ 
rale  (fig.  222,  B). 

Deux  cas  alors  peuvent  se  présenter  : 

1°  Le  tube  passe  directement  dans  la  constitution  d’un  canalicule  rénal 


système  porte  rénal  d’origine  veineuse  et  qui  jone  le  véritable  rôle  excréteur. 
Le  système  artériel  n’a  d’importance  que  pour  la  filtration  qui  se  fait  par  le 
glomérule  externe  qu’irrigue  l’aorte. 

Le  pronéphros  se  développe  chez  tous  les  Anamniotes,  mais  ne  persiste 
Chez  les  Poissons,  il  fonctionne  pendant  les  premiers  temps  de  la  vie  sauf 


ORIGINE  ET  DÉVELOPPEMENT  CHEZ  LES  VERTÉBRÉS  339 

grande  partie  chez  les  Mammifères  supérieurs,  Eutbériens  ou  Monodelpbes 
(fig.  226). 


même  dépasser  le  volume  des  reins  eux-mêmes. 


ÉTUDE  SPÉCIALE  DE  L’APPAREIL  URINAIRE 
DANS  LES  CINQ  CLASSES  DES  VERTÉBRÉS 


Dans  la  classe  des  Poissons,  c’est  chez  les  Oyclostomes  qu’on  rencontre 
l’appareil  urinaire  le  plus  simple.  H  est  d’abord  constitué  par  un  pronéphros 
qui  fonctionne  seul,  puis  simultanément  avec  le  mésonéphros  pendant  une 
période  fort  longue  et  ne  disparaît  à  peu  près  complètement  qu’au  moment 
de  la  métamorphose  chez  les  Lamproies. 

Chez  les  Myxines,  Poissons  parasites  marins  anguilliformes, .  on  trouve 
antérieurement  chez  le  jeune  un  pronéphros  avec  entonnoirs  péritonéaux. 
Celui-ci,  au  moment  de  Information  du  mésonéphros,  se  sépare  des  deux  canaux 
de  Wolff  qni  s’étendent  de  chaque  côté  delà  corde  dorsale  tout  du  long  du 


L’APPAREIL  URINAIRE  : 


LA  SÉRIE  ANIMALE 


En  règle  générale,  les  deux  revus  sont  placés  à  la  face  supérieure  de  la  cavité 
générale  dans  la  région  rachidienne.  Us  sont  appliqués  de  chaque  côté  et  en 
dessous  le  long  de  la  colonne  vertébrale.  A  leur  face  inférieure  ils  sont  plus 
ou  moins 'complètement  couverts  par  le  péritoine  et  en  rapport  avec  la  vessie 
natatoire.  Us  présentent  chacun  l’aspect  d’un  ruban  de  couleur  rouge  brun, 
allongé  et  étroit,  habituellement  d’une  assez  grande  étendue.  C’est  ainsi  qu’ils 
peuvent  s’avancer  antérieurement  jusque  sous  la  base  du  crâne  et  que  chez 
des'Poissons  allongés  comme  l’Anguille  ils  peuvent  se  prolonger  en  arrière 
dans  l’arrière-cavité  abdominale  ou  cavité  caudale.  Par  contre,  chez  les  Hippo  - 
campes  ou  Chevaux-marins,  ils  sont  relativement  courts. 

Les  deux  reins  contractent  souvent  entre  eux  en  différents  points,  et  surtout 
en  arrière,  une  union  plus  ou  moins  étroite,  comme  on  peut  l’observer  chez 
la  Perche  par  exemple  (fig.  228).  Le  canal  primaire  du  rein  primitif  reste  tou¬ 
jours  simple  et  forme  V uretère  généralement  situé  sur  le  bord  interne  du  rein. 
Les  deux  uretères  droit  et  gauche  se  réunissent  le  plusrsouvent  près  de  leur 
terminaison  en  un  conduit  unique  auquel  on  donne  le  nom  d'urètre1.  Us 
peuvent  en  outre  se  dilater  en  un  réservoir  impair,  sorte  de  vessie  qui,  bien 
entendu,  n’a  rien  de  comparable  avec  celle  qu’on  observe  chez  les  Allantoï- 
diens-.  L’orifice  excréteur  unique  se  trouve  derrière  l’anus  ;  tantôt  il  est  isolé,, 
tantôt  il  est  plus  ou  moins  réuni  aux  conduits  sexuels  et  forme  un  pore  ou  est 
situé  au  sommet  d’une  papille  uro-génitale.  C’est  un  caractère  spécial  aux 
Vertébrés  inférieurs  et  opposé  à  ce  que  l’on  observe  chez  les  Mammifères, 
par  exemple,  que  cette  disposition  des  orifices  génito-urinaires  placés  dorsale- 
ment  par  rapport  à  la  fin  du  tube  digestif  ou  anus; 

A  noter  que  chez  les  Téléostéens  les  sexes  sont  très  généralement  séparés  ;  ' 
cependant,  dans  quelques  cas  (Serrans),  fait  unique  chez  les  Vertébrés,  il 
y  a  hermaphroditisme. 

Chez  les  Sélaciens,  le  pronéphros  ne  fonctionne  jamais  et  reste  réduit  à 
quelques  ébauches  dans  certains  segments  de  l’embryon.  Le  mésonéphros 
est  en  règle  absolue  seul  fonctionnel,  ce  qui  s’explique  par  ce  fait  que  ces  Pois¬ 
sons  naissent  à  un  état  de  développement  très  avancé. 

Primitivement  segmentaire,  comme  en  témoignent  encore  les  nombreuses 
incisures  de  son  bord  externe,  il  ne  tarde  pas  à  perdre  cette  disposition  méta- 
mérique.  Les  néphrostomes  sont,  en  effet,  moins  nombreux  que  les  vertèbres 
abdominales  correspondant  à  la  cavité  viscérale.  H  y  a,  d’ailleurs,  de  grandes 
différences  suivant  les  genres,  puisqu’on  voit  ces  néphrostomes  persister 
toute  la  vie  (Aiguillât,  Centrophore,  Hexanche,  Roussette),  ou  au  contraire 
disparaître  chez  l’adulte. 

Le  mésonéphros  se  divise,  chez  les .  Sélaciens,  en  une  partie  antérieure 
étroite  et  en  une  partie  postérieure  plus  large.  La  seconde  seule  conserve 
un  rôle  urinaire,  la  première  entre  en  relation  chez  le  mâle  avec  le  testicule. 
En  effet,  tandis  que  chez  les  Téléostéens  le  remal  primitif  du  mésonéphros 

reste  simple,  chez  les  Sélaciens  il  se  divise,  comme  on  l’a  vu,  en  un  canal  secon¬ 

daire  et  en  un  canal  de  Muller.  Ce  canal  secondaire  lui-mêine  reçoit  dans 


s  Tritons  ou  Salamandres  et 

s  Vertébrés  supérieurs  (fig. 
histologique,  le  rein  est  formé 


canalicules  urinaires,  comme  chez  la  Grenouille  par  exemple  (fig.  232,  A) 
Cependant  chez  certains  Anoures  comme  les  Disûoglossidés,  le  conduit  séminal 
peut  être  indépendant  du  rein  qui  a  alors  son  canal  propre,  particulier 
<fig.232,B). 

Chez  unEngystomatidé,  le Bresiceps,  le  conduit  séminal  est  unique  pour 
chaque  testicule  et  tous  deux  s’unissent  pour  déboucher  dans  les  reins  qui 


VERTÉBRÉS 


Ce  n’est  que  dans  ces 
le  rôle  physiologique  de  < 
fort  importante  et  qui  ne 
de  situation  et  de  dévelo; 


CHAPITRE 


REIN  ET  URETÈRE  CHEZ  L’HOMME 

ANATOMIE,  EMBRYOLOGIE  ET  PHYSIOLOGIE 


L’appareil  sécrétera  de  l’urine  est  constitué  chez  l'homme  par  deux  glandes 
paires  :  les  deux  glandes  rénales  dont  les  deux  canaux  excréteurs,  les  uretères, 
viennent  s’ouvrir  dans  le  réservoir  urinaire  ou  vessie  au  niveau  de  la  région 
appelée  trigone. 

Les  deux  reins  sont  situés  dans  la  région  lombaire  de  chaque  côté  du  rachis 
et  affectent  des  rapports  importants  tant  avec  la  paroi  postérieure  du  tronc 
qu’avec  les  viscères  abdominaux. 

Les  uretères  sont  deux  longs  canaux  qui  traversent  successivement  les 
régions  lombaires,  iliaque  et  pelvienne. 

J’étudierai  successivement  le  rein  puis  l’uretère  en  envisageant  tour  à 
tour  la  conformation  extérieure,  les  rapports  et  la  structure  de  ces  organes . 

Je  terminerai  par  l’étude  embryologique  qui  ne  peut  être  divisée. 


LE  REIN 

ANATOMIE  TOPOGRAPHIQUE 

Les  deux  reins  extraits  de  la  cavité  abdominale  ont  grossièrement  la  forme 
d’un  haricot  :  aplatis  d’avant  en  arrière  ils  présentent  une  face  antérieure 
et  une  face  postérieure,  un  bord  externe  convexe,  un  bord  interne  concave 
dans  son  ensemble  et  deux  pôles  arrondis  :  l’un  supérieur  et  l’autre  infé¬ 
rieur. 

Cette  forme  du  rein  n’est  pas  la  forme  réelle  de  la  glande  en  place.  Celle-ci, 
molle  sur  le  cadavre,  s’aplatit  sur  la  table  d’amphithéâtre,  mais  considérée 
en  position  vraie  sur  des  cadavres  durcis  par  congélation  ou  par  injection 
formolée,  elle  est  un  peu  différente.  His,  qui  fut  un  des  premiers  à  faire  ces 
recherches,  a  montré  que  les  deux  reins  et  surtout  le  gauche  reposant  sur  le 
diaphragme  dam  leur  moitié  supérieure  sont  un  peu  incurvés  en  avant, 


URETÈRE  CHEZ  L’HOMME 


On  voit  que  le  rapport  augmente  pendant  les  premières  années  jusque 

Cette  masse  rénale  est  d’ailleurs,  comme  l’ont  montré  les  physiologistes, 
beaucoup  plus  que  suffisante  pour  la  dépuration  urinaire. 

Caractères  du  tissu  rénal.  — Le  rein,  lorsqu’il  est  normal  et  rempli  de 
sang,  est  de  coloration  rouge  foncé.  Sa  résistance  est  plus  grande  que  celle  du 

foie  et  de  la  rate,  cependant  il  se  déchire  facilement  et  on  ne  peut  bien  le 

suturer  qu’en  conservant  sa  capsule  propre  qui  forme  un  plan  d’appui. 
Les  reins  sclérosés  sont  plus  résistants  et  se  suturent  bien  mieux. 

Malgré  la  résistance  plus  grande  de  son  tissu,  le  rein  n’en  reçoit  pas  moins 
l’empreinte  d’organes  beaucoup  moins  consistants  comme  le  foie,  la  rate 
et  l’estomac. 

La  consistance  du  rein  est  souvent  changée,  même  dans  des  processus 
pathologiques  peu  caractérisés  :  les  reins  mobiles,  les  reins  des  néphrites 
hématuriques  sont  souvent  mous  et  peuvent  être  pliés  en  deux,  suivant 
l’axe  transversal. 

Le  rein  vivant  est  beaucoup  plus  souple  que  le  rein  du  cadavre  qui  se 
brise  facilement  suivant  une  direction  radiée  parallèle  à  l’axe  des  pvra- 

La  coloration  du  rein  subit  aussi  des  variations  physiologiques  :  rein  con¬ 
gestionné,  violacé,  rein  anémié  pâle,  ou  pathologiques  :  gros  rein  blanc, 
petit  rein  rouge. 

Direction  et  orientation  des  reins  —  ISous  avons  jusqu’ici  consi¬ 
déré  les  reins  sortis  du  ventre  et  nous  leur  avons  distingué  une  face  anté¬ 
rieure  et  une  face  postérieure,  mais  le  rein  en  place  présente  une  autre 
orientation  :  appliqué  sur  le  flanc  du  rachis,  son  plan  frontal  devient  oblique 
en  arrière  et  en  dehors  de  telle  sorte  que  la  face  antérieure  est  en  réalité 
antéro-exteme  et  la  face  postérieure  postéro-inteme.  Cela  est  surtout  vrai 
chez  l’adulte  tandis  que  chez  l’enfant,  le  rein,  relativement  beaucoup  plus  gros 
et  plus  bombé,  remplit  toute  la  fosse  lombaire  et  ses  deux  faces  sont  à  peu 
près  antérieure  et  postérieure. 

Chez  l’adulte  l’angle  moyen  que  forme  le  plan  du  rein  avec  le  plan  frontal 
est  de  45°.  D’après  Luschka  le  plan  des  deux  reins  prolongés  forme  un  angle 
ouvert  en  arrière  de  60°  à  80°. 

Il  faut  prendre  certaines  précautions  pour  bien  juger  de  la  situation  nor¬ 
male  du  rein.  Ainsi  à  l’ouverture  simple  d’un  cadavre,  les  reins  glissent  en 
bas  et  en  dehors.  Il  faut  fixer  les  reins  à  l’aide  de  longues  aiguilles  ou  mieux 
procéder  à  des  coupes  sur  sujets  congelés  ou  formolés. 

Outre  cette  obliquité  sur  le  plan  frontal,  les  deux  reins  sont  obliques  de 
haut  en  bas  et  de  dedans  en  dehors  de  telle  sorte  que  leurs  extrémités  supé¬ 
rieures  sont  plus  rapprochées  que  leurs  extrémités  inférieures  (5  à  6  centimètres 

D’après. Greig  Smith,  les  axes  des  deux  reins  prolongés  se  coupent  suivant 
un  angle  de  40°  à  sinus  inférieur.  Volkow  et  Delitzine  ont  trouvé  seulement 
dans  3  cas  un  angle  de  13°,  25°  et  27°. 


Topographie 


l’aponévrose  fessière. 

Le  tissu  cellulo-adipeux  une  fois  enlevé,  on  tombe  sur  une  première  couche 
musmdo-aponéwoUgue  :  c’est  l’aponévrose  lombaire  épaisse,  résistante  et 


nacrée  et  les  deux  musdes  grand  oblique  et  grand  dorsal.  De  faibles  adbé- 


•GRAPHIQUE 


TOPOGRAPHIQUE 


nas  prépariétàl  et  so 
profonde,  l’autre  suj 


ANATOMIE.  TOPOGRAPHIQUE 


i?  11 


iwî 


i  nu 


asidérable 


REIN  ET  URETÈRE 


L’HOMME 


pyramides  du  pôle  supérieur  et  du  pôle  inférieur  et  une  longue  bande  de 
tissu  cortical. 

Si  l’on  fait  2  coupes  parallèles  à  la  première,  une  en  avant,  l’autre  en 
arrière,  on  sectionne  ainsi  les  2  séries  de  pyramides  antérieure  et  postérieure. 
Si  nous  examinons  une  série  de  coupes  horizontales  nous  voyons  ordinaire¬ 
ment  2  séries  de  pyramides  :  l’une  antérieure  plus  grosse,  l’autre  postérieure, 
plus  petite,  subdivisées  en  pyramides  secondaires  :  exceptionnellement  1 
peut  y  avoir  une  3e  pyramide,  mais  elle  se  rattache  à  l’un  des  deux  systèmes 
antérieur  ou  postérieur.  Au  niveau  des  pôles  l’aspect  de  la  coupe  est  diffé¬ 
rent;  les  pyramides  se  rangent  tout  autour  du  sinus  pour  aboutir  à  la  papille 
supérieure.  On  peut  voir  également  la  disposition  des  pyramides  sur  la  série 
de  nos  coupes  sagittales. 

De  tout  ceci  il  faut  conclure  que  les  pyramides  sont  orientées  à  la  partie 
moyenne  par  rapport  aux  faces  du  rein  en  série  antérieure  et  série  postérieure 
et  au  niveau  des  pôles  en  2  bouquets  composés  répondant  aux  extrémités 
des  2  grands  calices. 

La  zone  corticale.  —  n  est  facile  de  comprendre  la  disposition  du  tissu 
cortical,  quand  on  connaît  celle  des  pyramides.  Le  tissu  cortical  remplit 
tout  l’espace  compris  entre  la  base  des  pyramides  et  la  surface  du  rein  ; 
en  outre  il  comble  tout  l’espace  compris  entre  les  pyramides  jusqu’au  sinus, 
enfin  il  pousse  des  prolongements  entre  les  pyramides  simples  insérées  sur 
une  même  papiüe. 

On  appelle  colonnes  de  Bertin  primaires  les  régions  comprises  entre  les 
pyramides  et  qui  apparaissent  dans  le  sinus  sous  forme  de  bourrelets,  que  nous 
avons  décrits.  On  appelle  colonnes  de  Bertin  secondaires  les  prolongements 
qui  s’enfoncent  entre  2  pyramides  sans  atteindre  le  sinus. 

En  général  il  existe  une  colonne  de  Bertin  principale  qui  court  dans  le 
plan  médio-frontal  entre  la  série  antérieure  et  la  série  postérieure  des  pyra¬ 
mides.  Perpendiculairement  à  eelle-ei  il  existe  une  série  de  colonnes  primaires 
qui  séparent  l’une  de  l’autre  les  pyramides  de  ces  2  séries  et  les  2  pyramides 

Ordinairement  il  existe  à  mi-hauteur  du  rein  une  saillie  plus  marquée  qui 
tend  à  séparer  le  rein  en  deux  moitiés  et  qui  subdivise  le  sinus. 

Les.  colonnes  de  Bertin  sont  plus  larges  du  côté  du  sinus  et  se  rétrécissent 
au  niveau  de  la  base  des  pyramides  où  elles  sé  continuent  avec  lè  reste  de. 

Les  colonnes  de  Bertin  secondaires  s’enfoncent  plus  ou  moins  entre  les 
pyramides  primaires,  elles  sont  plus  larges  à  la  périphérie  qu’à  leur  som¬ 
met  qui  se  termine  en  pointe. 

Divisions  du  tissu  rénal  dans  la  pyramide.  —  Sur  une  coupe  frontale 
la  pyramide  apparaît  formée  de  2  zones  bien  distinctes  :  la  zone  interne  plus 
claire  ou  zone  papillaire  et  la  zone  externe  ou  limitante  plus  foncée  :  cette, 
division  a  été  bien  indiquée  depuis  longtemps  par  Ludwig. 

1“  Zone  ■papillaire.  —  Elle  répond  à  la  papille  rénale  et  présenté  une 
hauteur  de  6  à  8.  millimètres.  Sur  une  coupe  elle  présente  des  stries  peu 


son  glomérule.  On  peut  appeler  lobnlin  rénal 
le  système  formé  par  un  tube  excréteur  avec 
les  systèmes  urinipares  qui  lui  sont  appendus. 

Le  lobe  rénal  a  pour  centre  la  pyramide  de 
MalpigbL 

Le  lobule  rénal  :  la  pyramide  de  Ferrein. 

Le  lobnlin  rénal  :  le  tube  excréteur. 


bassinet  ou  pelvis. 

Beprenant  la  description  en  sens  inverse,  en  partant  de  l’uretère,  suivant 
l’ordre  du  développement  je  décrirai  d’abord  le  bassinet,  puis  les  grands  et  les 
petits  calices. 


H 

tm  /  m 

1 

J 

WT  w  A 

4f  1  '  ■ 

mm 


/)  Le  groupe  aortique  que  la  plupart  des  auteurs  considèrent  comme 
gagner  la  capsule  adipeuse. 

g)  Le  groupe  diaphragmatique  est  formé  par  la  branche  de  la  capsulaire 
supérieure  qui  se  jette  dans  l’are  exo -rénal. 

Ces  différents  groupes  vasculaires  s’anastomosent  dans  l’épaisseur  de  b 
capsule  adipeuse  :  l’arc  exo-rénal  n’est  que  la  principale  de  ces  anastomoses. 

terminales.  —  A  une  distance  variable  de  son  origine  qui  est  en 


Branches 


polaire  supérie 


s  pré  et  rétro -pyéîiques 
;  artèri*  pré-pyéliques 


Cependant  et  malgré  le  témoignage  apporté  par  des  hommes  comme 
Crtjveilhier  et  ChÆPY,  il  apparaît  comme  certain  que  les  artères  du  rein 
sont  bien  terminales.  C’est  là  un  point  si  important  de  l’anatomie  de  la  glande 

Depuis  longtemps  Hyrtl  avait  montré  que  les  artères  du  rein  ne  s’anasto¬ 
mosent  ni  autour  ni  à  la  base  de  la  pyramide.  31  fondait  son  opinion  sur  des 
pièces  obtenues  par  corrosion.  Nous  donnons  ici  la  reproduction  d’une  de  ces 
pièces. 

C’est  l’opinion  soutenue  par  beaucoup  d’anatomistes  allemands  comme 
Disse,  Golubew,  etc. 

Béraud  et  Destot  en  1897  ont  montré  à  l’aide  de  la  radiographie  la  termi- 
aalité  des  artères  du  rein  et  ont  confirmé  leurs  conclusions  par  de  nouvelles 


454  REIN:  ET  URETÈRE  CHEZ  L'HOMME 

Ainsiles  glomérules  sont  attachés  à  l’artère  radiée  par  un  court  pédoncule 
comme  des  pommes  à  une  branche. 

Chaque  artère  interlobulaire  fournit  à  3  lobules  voisins  au  moins.  H  y  a  donc 
peu  d’individualité  dans  le  lobule  rénal  puisqu’il  reçoit  ses  glomérules  de 
plusieurs  artères. 


Les  artères  radiées  présentent  parfois  quelques  rameaux  qui  ne  sont  pas 
chargés  d’un  glomérule  et  qui  se  divisent  simplement  dans  le  labyrinthe. 

La  plupart  se_terminent  sous  la  capsule  du  rein.  D’autres,  beaucoup  plus 
rares,  perforent  cette  capsule  et  se  mettent  en  rapport  avec  les  artères  de  la 
capsule  graisseuse. 

La  couche  de  tissu  rénal  qui  avoisine  immédiatement  la  capsule  ne  contient 
pas  de  glomérules. 


îï!!!: 


URETÈRE  CHEZ  L’H 


Contrairemént  aux  artères  homologues,  les  veines  arquées  reçoivent  des 
branches  par  leurs  deux  faces  :  par  leur  face  convexe  les  veines  corticales,  par 
leur  face  concave  les  veines  médullaires. 

2°  Les  veines  de  Vécorce.  —  Les  veines  collectrices  de  l’écorce  sont  les 
veines  interlobulaires  ;  elles  sont  de  deux  sortes  : 

a)  Les  unes  naissent  sous  la  capsule  d’une  de  ces  formations  étoilées 
appelées  étoiles  de  Yerheyen.  Ce  ne  sont  pas  les  plus  nombreuses.  Les 


LES  VAISSEAUX 


!  calice  de  ] 


:  péripapillaires. 


(groupe 


1»  Vaisseaux  profonds,  satellites  des  vaisseaux  du  rein  : 
a)  Groupe  antérieur  :  ganglions  situés  en  avant  de  la,  veine  cave 
jnxta-aortique  droit)  ; 

&)  Groupe  postérieur  :  ganglions  situés  derrière  la  veine  cave  sur  le  pilier 
droit  du  diaphragme. 

2°  Vaisseaux  superficiels  capsulaires  : 

a)  Groupe  supérieur  :  ganglion  situé  près  du  pôle  supérieur,  derrière  la 

J)  Groupe  moyen  :  ganglion  rétro-cave  ; 
e)  Groupe  inférieur:  ganglion  situé  derrière  le  hile. 

A  gauche: 

1°  Vaisseaux  profonds. 


D’Evant  a  signalé  de  nombreux  renflements  ganglionnaires  sur  le  trajet 
des  plexus  péri-artériels,  rarement  sur  le  trajet  des  plexus  péri-canalieu- 


hm 


la  paroi  pelvienne. 

Dans  le  plan  sagittal  l’uretère  présente  3  courbures  :  à  l’origine  dans  la 
région  lombaire  supérieure  suit  la  saillie  des  vertèbres.  Au  niveau  de  la 
région  sacro-iliaque,  l’uretère  franchit  les  gros  vaisseaux  et  décrit  une  courbe 
à  concavité  postérieure.  Enfin  dans  le  petit  bassin  l’uretère  décrit  un  arc  à 
concavité  antéro-supérieure. 

Ces  différentes  courbures  se  combinent  entre  elles  :  ainsi  dans  le  bassin  la 
direction  générale  dé  l’uretère  est  concave  en  baut,  en  avant  et  en  dedans. 

Le  changement  de  direction  le  plus  marqué  se  fait  au  niveau  des  gros  vais- 


î  qu’à  gauche. 


e  autre  différence  du  sexe  féminin,  c’est  le  trajet  plus  complexe  de 
ère  pelvien.  H  décrit  deux  courbes  successives  :  l’une  pariétale,  concave 


.m  — REIN  JET  UfLEXÉRE  CHEZ  L’HOMME 

•  Divisions  de  l’deetèee.  —  H  est-  d’usage  de  décrire  à  l’uretère  trois 
segments  :  lombaire,  iliaque  et  pelvien.  Cette  division,  qui  est  fort  naturelle 
mérite  d’être  conservée  :  quelques  auteurs  ont  supprimé  le  segment  iliaque 
rattachant  sa  moitié  supérieure  au  segment  lombaire  et  sa  moitié  inférieure 
au  segment  pelvien  ;  le  segment  iliaque  a  une  existence  propre,  des  rapports 
particuliers,  une  voie  d’abord  spéciale  :  il  vaut  mieux  toutefois  l’appeler 
segment  sacro-iliaque,  car  c’est  surtout  sur  l’ailéron  du  sacrum  que  repose  le 
conduit  urétéral. 

J’étudierai  les.rapports.de  l’uretère  dans  chacune  de  ces  trois  régions. 

1°  Région  lombaire.  —  Il  convient  d’abord  de  préciser  le  plan  dans  lequel* 
est  logé  l’uretère  par  rapport  au  péritoine. 

L’uretère  est  situé  sous  le  péritoine  dans  une  gaine  spéciale  formée  par 


deux  feuillets  sous-péritonéaux  qui  sont  la  continuation  des  feuillets  pré  et 
rétro-rénaux  et  qu’on  peut  appeler  feuillet  pré-urétéral  et  feuillet  rétro-uré¬ 
téral.  Cette  gaine  très  large,  où  l’uretère  est  très  mobilisable,  ne  doit  pas  être 
confondue  avec  la  gaine  vasculaire  de  l’uretère  qui  n’est  autre  chose  que  la 
lame  de  tissu  conjonctif  contenant  les  vaisseaux  urétériques  et  entourant 
l’uretère.  Or  les  deux  feuillets  pré  et  rétro -urétéraux  sont  soudés  l’un  à 
l’autre  de  part  et  d’autre  de  l’uretère  et  le  feuillet  pré-urétéral  renforcé  par 
les  fascias  d’accolement  du  méso -côlon  ascendant  à  droite,  descendant  à 
gauche,  est  adhérent  au  péritoine. 

Quand  on  a  incisé  la  paroi  musculaire  en  arrière  de  l’uretère,  le  doigt 
tombe  dans  le  tissu  celluleux  rétro-urétéral  et  refoule  en  avant  le  péritoine  et 
l’uretère  avec  les  deux  feuillets  pré  et  rétro-urétéraux.  Il  se  passe  ici  la  même 
chose  qu’au  niveau  du  rein  qui  est  refoulé  en  avant  avec  toute  sa  capsule 

C’est  ainsi  qu’on  a  pu  dire  que  l’uretère  adhère  au  péritoine,  ce  qui  est  prati¬ 
quement  vrai  mais  anatomiquement  faux  :  il  suffit  d’inciser  le  feuillet  posté¬ 
rieur  de  la  gaine  de  l’uretère  pour  voir  que  ce  conduit  n’adhère  pas  à  la  séreuse. 

Dans  la  région  lombaire  l’uretère  chemine  ainsi  dans  sa  gaine  entre  le  plan 
musculaire  et  le  péritoine,  sous  lequel  il  fait  une  saillie  bien  visible  sur  le 

vivant  sauf  chez  les  sujets  gras  oh  le  tissu  adipeux  le  cache  à  la  vue.  En  ar¬ 

rière  l’uretère  repose  donc  sur  le  psoas  iliaque,  assez  près  de  ses  insertions 
aux  corps  vertébraux  :  il  croise  le  tendon  du  petit  psoas  qui  renforce  en  avant 
la  gaine  aponévrotique  du  psoas  iliaque.  Plus  profondément  l’uretère  répond 

aux  apophyses  costiformés  et  enfin  à  la  masse  sacro-lombaire.  Entre  le  psoas 


L’URETÈRE 


inférieur  du  rein  mais  bien  derrière  Effet  l’on  voit  souvent  une  sorte  d’em¬ 
preinte  ou  de  légère  gouttière  marquée  sur  le  parenchyme  rénal  par  le  trajet 
du  conduit. 

On  a  décrit  un  véritable  méso  réno-urétéral.  Cette  formation  n’a  rien  de 
spécial  :  entre  le  rein  et  l’uretère  les  feuillets  pré  et  rétro-rénal  s’accolent 
avant  de  venir  engainer  l’uretère  :  entre  eux  il  y  a  un  peu  de  tissu  cellulaire 
contenant  des  veinules  et  des  lymphatiques  :  en  tirant  un  peu  le  rein  en  dehors 
on  tend  cette  lame  réno-urétérale. 

Au-dessous  du  rein  le  bord  externe  de  l’uretèrè  longe  le  bord  interne  des 
côlons. 

A  droite  le  rapport  est  intime  :  le  côlon  ascendant  est  plus  gros  et  il  est 
prérénal.  Quand  il  est  distendu  il  peut  venir  recouvrir  l’uretère, 

A  gauche  le  côlon  descendant  est  loin  de  l’uretère,  il  est  toujours  moins 
volumineux  et  son  trajet  est  pararénal. 

En  avant  l’uretère  est  séparé  du  péritoine  par  un  certain  nombre  d’organes 
sous-péritonéaux. 

C’est  d’abord  le  duodénum  à  droite  qui, -par  son  segment  vertical  pré¬ 
rénal  descendant  jusqu’à  la  quatrième  lombaire,1  cache  la  partie  supérieure  de 
l’uretère  droit.  A  gauche  la  quatrième .  portion  et  l’angle  duodéno-jéjunal 
peuvent  recouvrir  l’uretère,  mais  ils  restent  souvent  en  dedans  de  lui. 

Ce  sont  ensuite  deux  plans  vasculaires  : 

lo  Plan  des  vaisseaux  spermatiques  ou.utéro-ovariens  :  le  plus  postérieur. 
Dans  sa  descente  la  glande  sexuelle  entraînant  ses  vaisseaux  croise  par-devant 
l’uretère  qui  monte  à  la  région  lombaire. 

Les  artères  spermatiques  d’origine  aortique  croisent  l’uretère  à  la  même 
hauteur  des  deux  côtés  en  regard  de  la  troisième  eôstiforme. 

Les  veines  au  contraire  sont  asymétriques.  La  droite  qui  va  à  la  veine 
cave  inférieure  suit  l’artère  homonyme,  et  croise  l’uretère  au  même  point. 

La  gauche  qui  se  rend  à  la  veine  rénale  a  un  trajet  vertical,  longe  l’ure¬ 
tère  sur  une  certaine  longueur  et  le  croisé  seulement  tout  près  de  son  origine. 

2°  Plan  des  vaisseaux  de  l’intestin  :1e  plus  superficiel.  L’accolement  des 
méso-côlons  à  la  paroi  abdominale  postérieure  applique  les  vaisseaux  côliques 
au-devant  de  l’uretère  sous  le  péritoine.  Ces  vaisseaux  sont  asymétriques. 

A  droite  l’artère  côlique  droite  ou  branche  droite  de  la  mésentérique  supé¬ 
rieure  croise  seule  l’uretère,  accompagnée  de  la  veine  homologue.  Ce  croisement 
se  fait  à  la  partie  inférieure  de  la  région  lombaire  (4e  lombaire). 

A  gauche  les  rapports  sont  plus  compliqués.  Le  tronc  de  la  mésentérique 
supérieure  né  au  niveau  de  la  3e  lombaire  descend  obliquement  en  dehors 
et  finit  par  atteindre  l’uretère  au  bord  inférieur  de  la  4e  lombaire  tout  en 
restant  en  dedans  de  lui. 

La  grosse  veine  mésentérique  inférieure  qui  l’accompagne  glisse  entre  elle 
et  l’uretère,  mais  remonte  beaucoup  plus  haut  presque  jusqu’à  l’origine  de 
l’uretère  pour  aller  rejoindre  la  veine  splénique. 

A  la  hauteur  de  la  4e  lombaire  l’artère  mésentérique  donne  l’artère  côlique 
gauche  dont  le  trajet  d’abord  ascendant  vient  couper  la  face  antérieure  de 
l’uretère  :  elle  est  accompagnée  d’une  grosse'  veine  côlique  gauche. 


2°  Portion  sacro-iliaque.  — L’uretère  repose  sur  l’aileron 


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ordinairement  à  distan 


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longitudinaux  et  les  antres  circulaires  si 
conciles  isolées.  Ces  fibres  s’entre-croisent 
la  vessie.  Les  faisceaux  longitudinaux 
l’épitbélium  et  à  la  périphérie  de  la  paroi;  les 


puisse  distinguer  dem 
comme  les  muscles  d 


ilongitudi 


.  distinctes. 


URETÈRE 


ii  mm 


ilïïii 


sqnels  débouche 


L'URETÈRE 


veillé  capsulaire  i 


grande  azygos  formée  par  la- 
lombaire  ascendante  perfore 
le  diaphragme  à  ce  niveau 
derrière  la  glande,  ainsi  quele 
grand  sympathique  lombaire, 
sul-de-sac  pleural. 


réno-diaphragma 
ne  paraissent  pa 


iPSULES  SURRÉS 


m 


URETÈRE  CHEZ  L’HOMME 


La  graisse  est  caractéristique  de  la  corticale  surrénale  :  on  la  retrouve  chez 
tous  les  vertébrés,  d’où  le  nom  de  substance  lipogène  donné  à  la  substance 
corticale  par  Lagtjesse. 

Cette  graisse  remplit  des  alvéoles  de  la  cellule  que  Geieysse  pensait 
remplis  de  liquide.  Il  y  a  deux  espèces  de  graisse  :  une  graisse  ordinaire  indélé¬ 
bile,  colorée  en  noir  par  l’acide  osmique  et  une  graisse  labile  colorée  en  bistre 
par  l’acide  osmique  (Mtjlon)  et  qui  se  dissout  facilement  dans  le  xylol,  le 
baume  du  Canada,  etc. 


substance  qui  est  d’abord  indélébile  et  devient  ensuite  labile  (Bernard 

etBlGAED). 

Or  cette  substance  présente  les  caractères  chimiques  des  lécithines.  Cette 
graisse  serait  donc  une  lécithine  ou  tit>a  substance  riche  en  lécithine. 

Le  'pigment  signalé  par  Geandey  et  Stilling  se  trouve  surtout  dans  la 
couche  interne  ou  réticulée.  Très  important  pour  certains  auteurs  (MuloN) 
il  n’èst  qu’un  élément  secondaire  pour  d’autres  (Diahaee,  BonnamoüR, 
Beenabd  et  Bigaed)  ;  il  n’existe  pas  constamment;  d’après  Diamare,  ü 
n’est  même  pas  normal  chez  l’homme,  mais  ne  s’y  trouve  qu’à  l’état  séulle 
ou  pathologique. 

Il  se  présente  sous  la  forme  de  taches  ocre  ou  bistre  qui  tantôt  sont  isolées 
et  tantôt  réunies  en  amas. 

Son  origine  est  inconnue,  lltioy,  Diamaee  et  BosîtAMOPH  pensent  qu’il 
a  des  liens  de' parenté  avec  la  graisse.  Pour  MuLOït  sa  formation  est  liée  à  la 
destruction  des  toxines. 


inféro-inteme  de  la  glande. 

Ces  trois  artères  sont  assez  constantes  :  la  surrénale  inférieure  est  celle  qui 
peut  manquer  le  plus  souvent  :  elle  peut  être  remplacée  par  un  rameau  per¬ 
forant  issu  du  parenchyme  rénal. 

Plus  souvent  on  observe  des  artères  surrénales  supplémentaires.  La  dia¬ 
phragmatique  peut  donner  plusieurs  rameaux.  Il  peut  aussi  y  avoir  plusieurs 
branches  aortiques. 

Anormalement  des  capsulaires  peuvent  provenir  de  la  spermatique  (cas 
fréquent),  des  lombaires,  du  tronc  cœliaque,  de  la  mésentérique  supérieure. 

Les  artères  forment  à  la  périphérie  de  la  glande  un  réseau  assez  serré  situé 
dans  la  capsule  fibreuse,  réseau  à  larges  mailles  anastomosé  avec  le  réseau 
sous-diaphragmatique  et  celui  de  la  capsule  adipeuse  du  rein. 

Du  réseau  péricapsulaire  partent  des  branches  qui  sont  de  deux  sortes  : 

1°  Artères  courtes  ou  corticales  qui  pénètrent  dans  la  substance  corticale, 


518  REIN  ET  URETÈRE  CHEZ  L’HOMME 

des  ganglions  sympathiques  de  cellules  spéciales  que  Soulié  a  appelées 

cellules  parasympathiques.  Ces  cellules  en  proliférant  forment  des  cordons 

irréguliers  qui  se  mettent  en  rapport  avec  l’ébauche  corticale  et  Tout  la 

pénétrer. 

3”  Pénétration  des  deux  établies.  —  Les  deux  ébauches  complètement 
séparées  chez  les  vertébrés  inférieurs,  accolées  dans  les  espèces  plus  élevées, 
se  pénètrent  complètement  chez  les  mammifères. 

L’ébauche  parasympathique  s’enfonce  au  centre  de  l’ébauche  corticale. 


PHYSIOLOGIE  RÉNALE 


Par  le  Dr  AMBARD 


.  Le  lecteur  trouvera  la  physiologie  rénale  dans  deux  volumes  successifs 
de  cette  encyclopédie.  Le  plan  de  l’ouvrage  et  la  clarté  de  l’exposé  ont  néces¬ 
sité  cette  division.  Il  convenait,  après  avoir  exposé  dans  le  premier  volume  de 
l'ouvrage  l’anatomie  et  l’histologie  du  rein,  de  donner  un  aperçu  de  l’usage 
de  ses  diverses  parties.  Mais  il  suffisait  de  le  traiter  d’une  manière  générale 
à  la  manière  des  traités  de  Physiologie.  Dans  le  second  volume  qui  concerne 
spécialement  l’exploration  des  fonctions  rénales  il  convenait  de  rappeler  au 
lecteur  ce  que  la  physiologie  nous  donnait  d’utilisable  au  point  de  vue  cli¬ 
nique.  Nous  devions  donc  dans  ce  volume  serrer  de  très  près  les  données 
physiologiques  expérimentales  et  par  conséquent  reprendre  à  un  point  de  vue 
pratique  ce  qui  n’avait  été  envisagé  qu’à  un  point  de  vue  doctrinal.  Nos 
deux  chapitres  de  physiologie  ne  feront’  donc  pas  double  emploi.  Dans 
le  premier  volume,  nous  exposerons  les  problèmes  généraux  de  la  physiologie 
rénale,  dans  le  second  volume  nous  ferons  un  bilan  de  ses  acquisitions. 


Sous  leur  multiplicité  apparente,  les  divers  problèmes  qui  ont  été  envisagés 
dans  la  physiologie  rénale  se  résument  en  définitive  en  trois  problèmes 
principaux  :  1°  le  rein  est-il  une  glande  ou  un  filtre  ;  2°  quel  est  le  rôle  du 
système  nerveux  ou  de  la  composition  du  sang  dans  la  sécrétion  rénale  ; 
3°  quel  est  le  rôle  respectif  des  glomérules  et  des  tubes. 

On  peut  dire  que  le  premier  de  ces  problèmes  a  passionné  tous  les  auteurs 
depuis  1840  jusque  vers  1895.  Cette  passion  a  son  origine  dans  l’esprit 
même  avec  lequel  les  expérimentateurs  ont  abordé  l’étude  du  rein.  Etait-on 
vitaliste  %  il  fallait  démontrer  que  le  rein  était  une  glande  ;  était-on  méca¬ 
nicien  %  il  fallait  démontrer  qu’il  était  un  filtre.  On  opposait  ainsi  la  biologie 
à  la  physique  à  l’occasion  du  rein  comme  on  l’opposait  à  propos  d’ailleurs  de 
beaucoup  d’autres  organes.  Mais  pour  le  réin  la  lutte  fut  plus  chaude  que  pour 
n’importe  quel  autre  organe,  car  la  sécrétion  rénale  apparaissait  simple  à 


La  différenciation  sexuelle  des  organes  dérivés  du  tubercule  génital  com- 
mence  vers  la  neuvième  semaine. 


Chez  le  fœtus  mâle,  le  tubercule  génital  augmente  de  longueur  et  de  volume; 
il  forme  la  portion  pénienne  et  balanique  de  la  verge,  tandis  que  les  bourrelets 

•  -J- - Tière  avec  le  périnée  abaissé,  forment  les 

bourses.  Les  bords  de  la 


lets  latéraux  demeurent 
indépendants  de  chaque 
côté  de  la  gouttière  uro¬ 
génitale  et  forment  les 
grandes  lèvres. 

Dans  certaines  no- 


cbez  la  femme,  formeront  les  petites  lèvres  et,  chez  l’homme,  en  s’unissant 
ils  formeront  l’urètre,  tandis  que  les  bourrelets  génitaux  sont  plus  externes 
ceux-là  mêmes  signalés  plus  haut,  qui  forment  les  grandes  lèvres  chez  la 
femme  et  le  scrotum  chez  l’homme.  Les  termes  de  plis  génitaux  internes  et 
de  plis  génitaux  ext  ' 


V.  La  vessie  est  tapissée  par  l’épithélium  cloacal  endodermique,  qnij  à 
partir  de  la  fin  du  1er  mois,  augmente  rapidement  de  volume  ;  elle  est  abdo¬ 
minale  ;  plus  tard  elle  descend  et  acquiert  sa  situation  pelvienne  définitive 
vers  la  fin  de  la  2e  année.  Le  segment  supérieur  de  l’ouraque  s’oblitère 
vers  le  5e  mois  ;  son  segment  inférieur  persiste  et  s’ouvre  dans  la  vessie. 
Les  artères  ombilicales  s’oblitèrent  de  haut  en  bas  (Ch.  Robin)  dans  lècou- 
•  rant  du  11e  mois. 


?emï 


L 'orifice  urétral  on  méat  vésical  de  l’urètre  présente  en  général  l’aspect 
d’un  hiatus  transversal,  quelquefois  d’un  orifice  circulaire  ;  c’est  le  point 
déclive  et  fixe  de  la  vessie  ;  sa  lèvre  postérieure  est  quelquefois  saillante  et 
forme  la  luette  vésicale. 

Les  deux  orifices  urêtériques  affectent  l’aspect  de  petites  fentes,  parfois 


a  gauche 


Connexions  immédia¬ 
tes.  _ Moyens  de  fixité. 

—  La  vessie  est  solidement 
fixée  par  sa  base,  rattachée 
'  ’  paroi  abdominale  an- 


M 


transversalis 


cernent  vers  le  haut  du  cul-de-sac  prévésical  :  après  incision  des  plans  mus- 
culo-aponévrotiques,  on  plonge  l’index  dans  le  bassin,  au  ras  de  la  symphyse 
et,  avec  le  doigt,  on  refoule  vers  l’ombilic  la  graisse  prévésicale  ët  le  eul-de-sac 
péritonéal. 


b)  Régions  latérales.  —  La  face  antérieure  de  la  vessie  pleine,  dans  sou 
segment  abdominal  rétro-pariétal,  ne  se  met  pas  seulement  en  rapport  avec 
les  plans  de  la  ligne  médiane  et  de  la  région  paramédiane  ;  lorsque  le  réser¬ 
voir  urinaire  est  distendu,  le  segment  de  la  face  antérieure  qui  confine  à  la 
face  latérale  entre  en  rapport  aussi  à  droite  et  à  gauche  avec  lés  régions  du 
canal  inguinal  et  de  l’anneau  crural,  si  intéressantes  par  la  diversité  des  her¬ 
nies  qu’on  y  rencontre.  Sous  allons  les  rappeler  sommairement. 

La  ligne  qui  sépare  ces  deux  régions  l’une  de  l’autre  est  l’arcade  crurale, 
oblique  en  bas  et  en  dedans  vers  l’épine  pubienne,  à  laquelle  elle  se  fixe.  Au- 
dessus  est  la  région  inguinale,  portion  basse  de  la  paroi  abdominale daté- 


iifïifi  m 


inférieure  ou  base  de  la  vessie  est,  avec  la  face  antérieure,  la  partie  la  plus 
intéressante  du  réservoir  urinaire  au  point  de  vue  de  l’anatomie  pratique,  eu 
raison  de  ses  connexions  avec  la  prostate,  les  vésicules  séminales,  le  canal 
déférent  et,  plus  loin,  le  rectum. 

On  la  subdivise  en  deux  régions.  L’une  antérieure  et  inférieure,  prosta¬ 
tique,  dite  quelquefois  région  du  col  de  la  vessie.  L’autre  postérieure  et 
supérieure,  vésiculo-déférentiellè,  dite  quelquefois  région  du  bas-fond  vési¬ 
cal. 

Elle  répond  à  son  centre  au  trigone,  mais  en  déborde  les  limites  notable¬ 
ment,  surtout  en  haut  et  en  arrière.  Le  triangle  du  trigone  forme  comme  un 
triangle  plus  petit,  inscrit  dans  le  triangle  de  la  face  basilaire  de  la  vessie,  les 


aut  et  en  arrière,  l’angle  intervésieulo-séminal. 
pparaît  à  la  base  au-dessus  du  point  de  pénétration  de 


I  la  i 


petite  artère  venue  de  la  honteuse  interne  correspondante;  c’est 
elle  que  ce  tronc  artériel  périnéal  prend  part  à  l’irrigation  de  la  vessie, 
honteuse  interne  est  plaquée  contre  la  branche  isehio-pubienne,  avec 
veines  et  le  nerf  honteux,  dans  l’épaisseur  du  plancher  uro-génital:  pour 
aborder  la  vessie,  la  vésicale  antérieure  ascendante  est  donc  obligée  de  perforer 
le  feuillet  supérieur  du  plancher  uro-génital,  quelquefois  le  releveur  près  de 
son  bord  antérieur,  et  de  monter  dans  le  bassin  au-devant  de  la  prostate. 


. 


tllf 


STRUCTURE  DE  LA  VESSIE  583 

ont  pu  se  rendre  compte  que  la  vessie  occupe  cette  situation  seule¬ 
ment  quand  elle  est  dilatée:  elle  fait  alors  saillie  sur  la  paroi  abdominale, 
à  droite  ou  à  gauche  de  la  ligne  médiane.  Au  contraire,  quand  elle  est  vide, 
elle  se  cache  derrière  la  symphyse. 

Vessie  pendant  l’accouchement.  —  Pendant  l’accouchement,  si  la 
tête  n’est  pas  engagée,  une  petite  quantité  d’urine  reste  derrière  la  sym¬ 
physe,  occupe  la  ligne  médiane  et  déborde  peu  l’arc  pubien. 

ilais  quand  la  tête  s’engage,  la-  vessie  quitte  la  ligne  médiane,  se  porte  laté¬ 
ralement  et  plus  souvent  à  droite.  Le  degré  de  latéralité  de  la  vessie  n’est  pas 
toujours  le  même  pour  les  phases  correspondantes  de  l’accouchement.  H 
dépend  aussi  du  volume  de  la  partie  engagée,  de  la  grosseur  de  l’enfant,  de 
l’épaisseur  des  parois  vésicales  et  de  la  quantité  d’urine. 


ire  plus  épaisse  vers  la 
plus  pâles  ;  une  eouch 
longitudinale  interne 


interne,  profonde,  plexifm 
ui  n’apparaît  que  elles  l’adi 
faisceaux  hypertrophiés  di 


Ces  descriptions  sont,  on  le  conçoit,  toutes  artificielles.  X 
plans  musculaires  de  la  vessie  envoient  entre  eux  des  anastona 


îiiii 


;  des  plexus 


IV 

PHYSIOLOGIE 


La  vessie  reçoit  Farine  des  reins  par  les  uretères  et  la  rejette  au  bout 
d’un  temps  variable  par  l’urètre.  L’acte  par  lequel  l’urine  est  expulsée  de 
la  vessie  est  la  miction.  îsTous  étudierons  la  physiologie  vésicale  avec 
quelques  détails,  en  vue  surtout  des  applications  pratiques  qui  en  découlent. 

Accumulation  de  l’urine  dans  la  vessie.  —  L’arrivée  de  l’urine  dans 
la  vessie  ne  se  fait  pas  goutte  à  goutte,  bien  que  la  sécrétion  rénale  soit 
continue  et  Blaxdin  a  le  premier  bien  montré  que  cet  écoulement-  auto¬ 
matique  est  intermittent  :  une  goutte  fous  les  quarts  de  minute  environ, 


CHAPITRE  IV 


PROSTATE 

EMBRYOLOGIE,  ANATOMIE  ET  PHYSIOLOGIE 

Par  les  D»  Henri  R1EFFEL  ef  Pierre  DESCOMPS 


STRUCTURE 
Par  le  Dr  AUBARET 


EMBRYOLOGIE  (Voir  p,  527). 

II 

ANATOMIE 

Définition.  —  La  prostate  est  an  organe  glanduleux,  annexé  à  l’urètre 
masculin,  qu’elle  entoure  dans  son  segment  pelvien  initial;  celui-ci  porte,  de 
ce  fait,  le  nom  d’urètre  prostatique.  Constituée  essentiellement  par  des  Bour¬ 
geons  glandulaires  issus  de  l’urètre,  elle  forme  un  organe  de  texture  com¬ 
plexe,  qui  est  le  centre  d’une  région  appelée  région  prostatique.  C’est  une 
formation  qui  se  rattache  à  l’appareil  génital,  qui  suit  l’évolution  de  tout 
cet  appareil  et  qui,  en  particulier,  se  modifie  avec  l’âge. 

Après  l’avoir  étudiée  chez  l’adulte,  ü  faudra  l’envisager  chez  le  nouveau-né, 
à  la  puberté,  et  enfin  chez  le  vieillard. 

I.  —  PROSTATE  CHEZ  L’ADULTE 

Description.  —  Situation.  —  La  prostate  est  située  dans  la  partie  antéro- 
inférieure  du  bassin,  en  arrière  de  la  partie  inférieure  de  la  symphyse  pubienne, 
au-dessus  du  périnée  mais  à  son  contact,  au-dessous  de  la  vessie,  au-devant 
Se  Tâtnpoule  rectale. 

Forme  et  configuration  extérieure.  —  Elle  a  la  forme  d’un  cône  ren¬ 
versé,  à  sommet  inférieur,  aplati  d’avant  en  arrière.  H  est  classique  de  la 
comparer,  depuis  Winslow,  à  un  marron'  d’Inde,  mais  il  est  commode  de  la 
ramener  à  une  forme  schématique  géométrique  et  c’est  ainsi  qu’on  lui  décrit 
en  général  :  une  face  supérieure  élargie  ou  base  ;  une  face  antérieure  ;  deux 


riîri 


STRUCTURE  DE  LA  PROSTATE 


sième  et  quatrième  paires  et  de  l’anastomose  qui  les  unit.  Ces  dernières  se 
dirigent  d’arrière  en  avant-,  parallèlement  au  plexus  hypogastrique  en  dehors 
duquel  elles  sont  situées  ;  elles  sont,  dans  leur  trajet,  intermédiaires  aux 
fibres  myéliniques  vésicales,  qui  sont  en  avant,  et  aux  fibres  rectales,  qui  sont 
en  arrière.  BEes  arrivent  ainsi,  portées  en  grande  partie  par  les  aponévroses 
sagittales,  au  plexus  nerveux  qui  entoure  la  prostate  et  qui,  formé  par  la 
réunion  de  ces  diverses  catégories  de  fibres  convergentes,  est  appelé  plexus 
prostatique. 

Sur  ce  plexus,  on  a  signalé  des  ganghons  :  gahghon  de  MuUer,  ganghon 
de  Beinert. 

Du  plexus  prostatique  partent  des  rameaux  qui  pénètrent  dans  la  prostate 
et  s’y  distribuent. 


II.  —  PROSTATE  CHEZ  L’ENFANT 

La  masse  prostatique  a  la  forme  d’un  fer  à  cheval  à  concavité  antérieure 
et  inférieure  :  eUe  n’entoure  pas  encore  complètement  l’urètre  et  la  face 
antérieure  de  ce  canal  est  Ebre. 

III.  —  PROSTATE  CHEZ  LE  PUBÈRE 

Au  moment  de  la  puberté,  la  masse  glandulaire  se  développe  en  même 
temps  que  les  testicules  et  l’ensemble  du  tractus  génital  :  les  culs-de-sac 
des  glandes  prostatiques  s’accroissent,  écartent  les  éléments  du  stroma,  la 
masse  glandulaire  grossit  à  droite  et  à  gauche  et  s’avance  surtout  en  bas, 
vers  le  périnée,  au-devant  de  l’urètre. 

IV.  —  PROSTATE  CHEZ  LE  VIEILLARD  . 

Vers  50  ans,  au  contraire,  c’est  le  stroma  qui  prend  un  plus  grand  dévelop¬ 
pement  et  entraîne  une  hypertrophie  de  la  masse  prostatique.  Il  ne  faut  pas 
confondre  cette  hypertrophie  sénilej  interstitieHe,  avec  l’adénome  de  la 
glande,  formation  néoplasique  développée  aux  dépens  de  la  portion  glandu¬ 
laire.  On  admet  aetueHement,  rappelons-le,  que  cet  adénome  siège  presque 
toujours  daug  les  glandes  urétrales  supérieures,  intra-sphinctériennes,  et  non 
dans  la  prostate  elle-même. 


III 

STRUCTURE 


fgÈÊb, 


A  mesure  que  la  glande  tubuleuse  primitive  s’< 
secondaires  se  sont  garnis  de  bourgeons  épit 
véritables  acini  glandu- 

Iaires-Aussiladiseussion  g,  .  -  ^ 

entre  les  partisans  de  la  4 

cens  de  la  disposition  t-  •  • 
alvéolaire  est-elle  plus  .fit 


%  j  .  *'> .  .. 


rlf 


de  jonction  dite  angle  sous-pubien  ou  mieux  angle  périnéal  de  l’urètre. 

C’est  à  la  jonction  des  deux  dernières  portions  que  se  trouve  la  courbure 
•dé  jonction  dite  angle  prépubien  ou  mieux  angle  pénien  de  l’urètre,  répon¬ 
dant  à  l’insertion  sur  la  verge  du  ligament  suspenseur. 

L’urètre  décrit  donc  une  double  courbure;  il  a  la  forme  d’une  S  renversée, 
ses  deux  courbures  étant  orientées  en  sens  inverse.  La  courbure  postérieure, 
qui  a  pour  sommet  l’angle  périnéal,  regarde  en  haut  et  en  avant.  La  cour¬ 
bure  antérieure,  dont  le  sommet  répond  à  l’angle  pénien,  regarde  en  bas  et 
en  arrière.  De  ces  deux  courbures  la  postérieure  est  relativement  fixe,  l’anté¬ 
rieure  est  au  contraire  mobile  et  s’efface  au  cours  de  l’érection  ou  lorsqu’on 
élève  la  verge. 

En  somme  l’urètre  présente  successivement  trois  segments  au  point  de  vue 
topographique  :  segment  pelvien,  segment  périnéal,  segment  pénien. 

Terminaison.  —  Le  méat  urinaire,  où  se  termine  normalement  l’urètre, 
est  situé  à  l’extrémité  de  la  verge,  renflée  en  une  masse  érectile  volumineuse, 
le  gland  ;  il  présente  une  orientation  variable  selon  les  sujets,  mais,  d’une 
manière  générale,  occupe  le  pôle  antérieur  du  gland. 


Configuration  extérieure.  —  Le  canal  de  l’urètre  dans  sa  première 
portion  (3  centimètres)  est  entouré  par  la  prostate,  en  sorte  qu’il  fait  partie 


URÈTRE  CHEZ  L’HOMME  635 

s’ouvrir  non  au  sommet  du  gland  mais  à  sa  partie  inférieure.  Enfin,  parfois, 
a  ne  se  continue  avec  l’urètre  qu’à  sa  partie  inférieure  et  le  déborde  en 

La  fente  de  l’urètre  est  encore  verticale  à  la  coupe  dans  toute  l’étendue 
du  gland  :  cependant,  vers  la  base  du  gland,  à  la  partie  inférieure  de  cette  fente 


verticale  on  voit  apparaître  nne  fente  horizontale,  d’où  la  forme  d’un  T  ren¬ 
versé  (i)  que  présente  l’urètre  à  ce  niveau. 

Peu  à  peu  cette  fente  horizontale  augmente,  la  fente  verticale  disparaît  ; 
si  bien  que,  dans  la  portion  pénienne,  l’urètre  ne  sera  représenté  à  la  coupe 
que  par  une  simple  fente  horizontale. 

Au  niveau  du  périnée  superficiel,  en  particulier  du  bulbe,  les  deux  lèvres  sont 
écartées  par  du  mucus,  la  fente  transversale  devient  un  ellipsoïde  aplati, 
ou  une  sorte  de  losange  à  grand  axe  transversal. 

Au  niveau  du  périnée  moyen  et  du  périnée  profond,  c’est-à-dire  de  la 
portion  membraneuse,  l’urètre  prend  la  forme  d’une  fente  circulaire  :  cela  par 


Au  rétrécissement  de  la  portion  membraneuse  fait  suite  la  dilatation  pros- 

Enfin  l’urètre  se  termine  par  un  dernier  point  rétréci,  répondant  au  col 
de  la  vessie. 


En  résumé  l’urètre  présente  quatre  segments  rétrécis  :  le  méat  balanique,  la 
portion  pénieune,  le  collet  du  bulbe,  le  méat  vésical  ;  et  trois  segments  dilatés  : 
la  fosse  naviculaire,  le  cul-de-sac  du  bulbe,  la  dilatation  prostatique. 

La  portion  de  l’urètre  qui  est  située  entre  le  rétrécissement  du  méat  bala¬ 
nique  et  le  rétrécissement  périnéal  du  collet  du  bulbe,  ou  rétrécissement  de 
l’urètre  membraneux,  porte  le  nom  d’urètre  antérieur;  elle  répond  à  l’ürètre 
pénien  et  à  la  majeure  partie  de  l’urètre  périnéal,  en  somme  à  l’urètre  spon¬ 
gieux.  La  portion  qui  es£  située  au-dessus,  c’est-à-dire  entre  le  rétrécisse¬ 
ment  du  collet  du  bulbe,  ou  de  l’urètre  membraneux,  et  le  rétrécissement 
du  méat  vésical,  porte  le  nom  d’urètre  postérieur  ;  elle  répond  en  majeure 
partie  à  l’urètre  pelvien,  c’est-à-dire  à  l’urètre  prostatique.  Cette  distinction 
est  très  importante  en  pathologie  urétrale. 

On  donne  quelquefois  le  nom  d’urètre  antérieur  à  l’urètre  uro-génital 
sous-montanal  et  celui  d’urètre  postérieur  à  l’urètre  urinaire  sus-montanal, 
le  premier  dérivé  du  sinus  uro-génital,  le  second  du  bourgeon  génital  (voir 
p.  530).  Ce  point  de  vue  embryologique  ne  doit  pas  être  confondu  avec  le 


s  fibres  musculaires  transversales  pré-urétrales. 
confondre  avec  l’aponévrosê  qui  tapisse  la  face 
isceaux  les  plus  antérieurs  du  releveur  ;  ces  faisc 


s  l’interstice  des  dein 
pelviens  pré-urétro-; 


L’HOMME 


.  Pathologiquement,  de  nouvelles  modifications  -sont  apportées  à  l’urètre 
du  vieillard  par  les  troubles  de  l’hypertrophie  prostatique  :  déformations 
variables  suivant  le  lobé  hypertrophié,  entraînant  d’une  part  une  couâure 
dans  le  sens  transversal,  ou  plus  souvent  une  eoüdure  de  la  paroi  postérieure 


l’urètre  prostatique  et  de  l’urètre  membraneux  de  l’homme. 


Ï1  est  oblique  en  bas  et  en  avant, presque  vertical,  plus  vertical  que  le  vagin 
dont  il  suit  du  reste  les  divers  mouvements.  H  est  presque  rectiligne  :  durant 
la  grossesse  il  décrit  une  courbe  à  convexité  postérieure.  H  mesure  en 
moyenne  30  millimètres,  avec  des  chiffres  extrêmes  de  25  millimètres  et  de 
50  millimètres.^  Son  calibre  est  de  8  millimètres,  mais  il  est  très  ddatabte, 

qui  lui  donne  un  aspect  fuselé. 

Le  méat  interne,  circulaire,  est  immédiatement  suivi  d’une  courte  portion 
transvésicale  ou  intra-pariétale  de  l’urètre,  l’ensemble  constituant  ce  que  l’on 
pourrait,  comme  chez  l’homme,  appeler  le  col  vésical.  Ce  méat  se  projette 


épithélium  caractéristique 


cuité,  elle  offre  d< 
qui  s’effacent  qua 
conduit  est  dilaté 


épithéliu 


stratifié. 


disposé 


rficielle,  de  l’épithéüu 


at,  l’épithélium  < 
cellulaire  la  plus 


immmm  iiiitii 


STRUCTURE 


URÈTRE 


C’est  le  sphincter  strié  de  l’nrètre  qui  joue  an  moment  de: l'éjaculation  le 
rôle  capital  ;  fortement  contracté,  il  se  relâche  et  aussitôt  le  sperme  sons 
tension  s’échappe  au  dehors.  Il  est  projeté  avec  d’autant  plus  de  puissance 
que  les  muscles  lisses  ont  donné  aux  liquides  accumulés  une  plus  haute  tension 
et  que  le  canal  est  plus  largement  ouvert.  Mais  ce  relâchement  du  sphincter 
est  intermittent,  à  peine  relâché  il  se  contracte  à  nouveau,  pour  se  relâcher 
encore  aussitôt  :  d’où  le  rythme  imposé  au  jet  spermatique  dans  son  pas¬ 
sage  par  saccades  à  travers  l’anneau  contractile  sphinctérien.  Le  bulbo- 
caverneux,dit  «  aceelerator  urinœ  et  seminis»,  ne  joue  qu’un  rôle  très  acces¬ 
soire  ;  il  est,  comme  les  ischio-caverneux,  un  compresseur  du  tissu  érectile 
qu’ii  recouvre. 

L’intégrité  anatomique  du  segment  prostatique  de  l’urètre  est  nécessaire 
pour  que  l’éjaculation  se  fasse  dans  des  conditions  favorables. 

Les.  nerfs  sensibles  de  ce  segment  de  l’urètre  sont  les  voies  centripètes 
du  réflexe.  Le  centre  éjaeulateur  est  situé  à  la  partie  inférieure  de  la  moelle 
lombaire.  Les  nerfs  centrifuges  sont  les  nerfs  moteurs  qui  se  rendent  aux 
vésicules  séminales,  à  l’ampoule  du  déférent  (nerfs  sympathiques  d'origine 
lombaire),  au  sphincter  ùrétral  et  au  bulbo-cavemeux  (nerf  honteux  interne 
d’origine  sacrée). 


TROISIÈME  PARTIE 

CHAPITRE  PBEMIEB 

ÉTUDE  DES  URINES 

NORMALES  ET  PATHOLOGIQUE 


pathogènes.  La  tuberculose,  la  morve,  la  peste,  le  charbon,  la  fièvre  de  Malte, 
la  blennorrhagie,  etc...  peuvent  s’accompagner  d’une  élimination  analogue. 
Aussi,  lorsqu’il  s’agira  de  manipuler  une  urine  quelconque,  le  médecin, 


scopie.  —  Si  dans  un  liquide  pur  on  fait  dissoudre  'un  composé  solide,  liquide 
ou  gazeux,  on  constate  que  la  dissolution,  obtenue  sous  l’influence  d’une 
réfrigération  énergique,  se  congèle  à  une  température  notablement  infé¬ 
rieure  à  celle  du  point  de  congélation  du  dissolvant  pur.  L’étude  des  lois 
qui  découlent  de  ce  phénomène  et  les  méthodes  usitées  pour  la  mesuré  des 
points  de  congélation  constituent  ce  qu’on  appelle  la  cryoscopie. 

Au  point  de  vue  qui  nous  intéresse,  il  faut  retenir  que,  pour  les  solutions 
étendues,  l’abaissement  du  point  de  solidification  est,  comme  la  pression 


PATHOLOGIQUES 


3  Balthazard 


En  simplifiant,  < 


liques  acides  au  tournesol,  et  les  phosphates  bimétalliques  alcalins  pour  le 
même  réactif.  La  détermination  de  la  réaction  en  présence  de  phénolphta- 
léine  permet  au  contraire  de  trancher  la  question. 

2o  Avec  U  pUnolphtaléine.  —  Ce  procédé  exige  comme  réactif  : 
a)  Une  solution  alcoolique  de  phénolphtaléine  à  1  p.  100  ; 


En  multipliant  ce  chiffre  n  par  100  et  par  0sr, 00585,  c’est-à-dire  par  08r,585, 
on  aura,  exprimée  en  Cütfa,  la  teneur  en  chlorures  d’un  litre  d’urine.  Si  cette 
dernière  a  été  diluée  à  moitié,  au  tiers  ou  au  quart,  le  résultat  doit  être 
multiplié  par  2,3  ou  4. 

ferment  de  la  globuline,  il  est  nécessaire,  pour  avoir  un  filtratum  clair,  de 
porter  le  mélange  au  B.  M.  pendant  10  minutes  ou  1/4  d’heure  et  de  compléter 
le  volume  après  refroidissement.  Le  dosage  comparatif  après  incinération 
démontre  que  l’albumine  n’apporte  aucun  perturbation  dans  le  titrage.  Il 
est  utile,  enfin,  de  faire  remarquer  que  dans  ce  procédé,  lorsqu’on  a  saturé 
le  liquide  par  l’ammoniaque,  les  phosphates  terreux  forment  un  précipité 
floconneux  mais  léger  et  qui,  grâce  à  la  forte  dilution,  ne  nuit  en  rien  à  l’appré¬ 
ciation  de  la  réaction  finale. 

B.  —  Méthodes  directes  après  élimination 
des  substances  organiques. 

Les  méthodes  de  ce  groupe  ont  pour  but  de  précipiter  les  chlorures  avec 
l’azotate  d’argent  et  de  déduire  directement  la  quantité  de  ces  sels  du  volume 
de  réactif  employé.  Le  terme  de  la  réaction  est  indiqué  par  la  formation  du 
chromate  d’argent  rouge  qui  prend  naissance  aux  dépens  d’une  petite  quan- 


niques  par  le  permanganate  de  potasse. 

Les  réactifs  nécessaires  sont  : 

а)  Solution  alcoolique  de  phénolphtaléine  à  1  p.  100  ; 

б)  Acide  phosphorique  à  1/10  ; 

c)  Permanganate  de  potasse  à  3  p.  100  : 

d)  Azotate  de  calcium  à  1/10  ; 

e)  Chromate  de  potasse  en  solution  aqueuse  saturée  ; 

f)  Azotate  d’argent  îf/10. 

Quant  au  mode  opératoire,  voici  celui  de  l’auteur  textuellement  reproduit  : 
On  met  dans  une  capsule  de  porcelaine  llcc,5  d’urine  et  1  à  2  gouttes 
de  phtaiéine.  Si  le  mélange  rougit,  on  y  ajoute  goutte  à  goutte  de  l’acide 
sulfurique  ou  mieux  pbospborique  à  1/10  jusqu’à  disparition  de  la  teinte. 
Que  cette  opération  ait  ou  non  été  rendue  nécessaire,  on  ajoute  une  pro¬ 
portion  de  permanganate  de  potassium  à  3  p.  100  qui  varie  de  5  centi¬ 
mètres  cubes  pour  les  urines  dont  la  densité  est  inférieure  à  1.020,  à  10,  et 


NORMALES  ET  PATHOLOGIQUES 


HilililffllIIHlI 


LOGIQUES 


PATHOLOGIQUES 
évapore  à  sec,  calcine  et  ter- 


.  Dès  lors  la  quantité  de  créatinine  en  milligrammes  contenue  dans  10  centi¬ 
mètres  cubes  d’uriné  sera  donnée  par  le  rapport  8  et,  en  multipliai 


0“,02  d’azote  et  dégagent  environ  16  centimètres  cubes  de  ce  gaz  sous  l'in¬ 
fluence  de  l’hypobromite  de  soude  d’après  l’équation  : 

L’opération  se  fait  comme  pour  le  dosage  de  l’urée,  une  fois  avec  la  solu¬ 
tion-étalon  et  une  fois  avec  le  liquide  à  titrer. 

Bans  l’éprouvette  gazométrique,  on  verse  10  centimètres  cubes  d’hypo- 
bromite  et  dans  le  petit  tube  10  centimètres  cubes  de  liquide  ammoniacal  ;  on 
bouche  l’appareil  et,  en  le  renversant,  on  provoque  le  dégagement  gazeux. 
Avant  chaque  lecture,  on  attend  1  ou  2  minutes  que  le  tout  se  soit  mis  eu 
équilibre  de  température.  Soit  V  centimètres  cubes,  le  volume  d’azote  fourni 


fl!  Et! 


Pour  les  premières,  il  faut  diminuer  la  quantité  B  de  la  dose  de  glucose  G 
multipliée  par  0,4.  On  obtient  ainsi  une  nouvelle  valeur  : 


avec  laquelle  on  effectue  les  calculs. 

Pour  les  urines  contenant- plus  d’un  gramme  d’albumine,  U 
nueir  B  de  la  dose  d’albumine,  a  multipliée  par  0;325  ;  on  a  alors  : 


Bous  verrons  plus  loin  tout  le  parti  qu’on  peut  tirer  des  trois  rapports 
déjà  signalés  et  occupons-nous  d’abord  de  la  façon  pratique,. de  les  obte- 


ÉTUDE  DES  URINES  NORMALES  ET  PATHOLOGIQUES 


Beaucoup  de  ces  malades  sont  au  contraire  hypoacides,  il  est  alors  nécessaire 
de  leur  administrer  des  acides. 

Là  encore,  Jouiæ  a  indiqué  la  marché  à  suivie  ;  ü  conseille,  en  effet,  de 
s’adresser  à  l’acide  phosphorique  lui-même  et  à  ses  sels  acides,  pour  le  traite¬ 
ment  de  l’hypoacidité  et  de  l’hypophosphatie  avérées. 


COMPOSITION  DE  L'URINE  NORMALE 


Maintenant  qu’on  a  vu  comment  on  pouvait  déterminer  la  plupart  des 
constituants  normaux  de  l’urine,  il  reste  à  indiquer  la  composition  normale 
de  cette  dernière.  Ici  se  pose  un  problème  hérissé  de  difficultés  telles  qu’il 
est  resté  et  restera  probablement  toujours  sans  solution  pleinement  satis- 

II  est,  en  effet,  bien  connu  de  tous  qu’il  n’existe  pas  d’urine  normale  type 
à  proprement  parler,  mats  qu’il  y  a  pour  ainsi  dire  autant  d’urines  normales 
que  d’individus  considérés.  Si  tout  le  monde  est  d’accord  pour  convenir  que 
l’urine  normale  doit  être  jaune  ambré,  limpide,  sans  dépôt,  fluide  et  sans 
odeur  désagréable,  l’accord  se  fait  moins  facilement  en  ce  qui  concerne  sa 


sont  susceptibles  d’influer  sur  la  composition  de  l’urine  pour  qu’il  soit  pos¬ 
sible  d’en  fixer  un  type  unique  pouvant  servir  de  terme  de  comparaison  d’une 
façon  définitive. 


PATHOLOGIQUE 


L’hypophosphaturie  se  voit  au  contraire  dans  les  dernières  périodes  de  la 
tuberculose,  dans  certaines  néphrites,  dans  la  cirrhose  atrophique. 

A  ces  principaux  rapports  utiles  à  connaître,  il  importe  d’ajouter  ce  qu’on 
pourrait  appeler  les  rapports  cryoscopiques  qui  rendent  parfois  des  services 


On  a  vu  que  le  point  de  congélation  A  de  l’urine,  généralement  compris 
entre  —  1°3  et — 2<>2,  était  proportionnel  à  la  concentration  moléculaire  de 
l’urine,  quelle  que  soit  la  nature  des  molécules  dissoutes.  Mais  cette  donnée, 
envisagée  seule,  ne  constitue,  comme  la  densité,  qu’une  indication  générale. 
Les  auteurs  qui  l’ont  étudiée  ont  su  en  tirer  davantage. 

a)  Poids  de  la  molécule  élaborée  moyenne.  —  H  existe  une  relation  qni, 
étant  donné  le  poids  P  p.  100  d’un  composé  dissous  et  le  point  de  congélation 
A  de  sa  solution,  permet  de  connaître  le  poids  moléculaire  de  ce  composé. 
Cette  relation  est  la  suivante  : 


LOGIQUES 


coulera  de  l’raiue,  ou  a  appris  à  caractériser  ces  différents  composés. 

Le.  chloroforme  a  aussi  la  propriété  de  réduire  la  liqueur  de  Fehiing,  c’est 
pourquoi  on  doit  le  proscrire  pour  la  conservation  de  l’urine  destinée  à 
l’analyse. 

Quoi  qu’il  en  soit,  une  réaction  positive  obtenue  avec  le  réactif  eupro- 
potassique  permet  de  conclure  à  la  présence  d’un  sucre  réducteur  et  rien  de 
plus.  Si  on  veut  savoir  le  nom  de  ce  dernier,  c’est  alors  qu’on  doit  recourir 
à  la  phénylbydrazine. 

b)  Emploi  de  la  pTmylliydmzine.  —  Sous  l’action  de  la  phénylhydrazinè, 
les  sucres  réducteurs,  c’est-à-dire  les  sucres  à  fonction  aldéhydique  ou  eéto* 
nique,  ont  la  propriété  de  fournir  des  composés  insolubles,  cristallisés,  jaunes, 
appelés  osazones.  Si  nous  prenons  un  sucre  en  C‘  comme  exemple,  l’osazone 


156  ÉTUDE  DÉS  URINÉS  NORMALES  ET  PATHOLOGIQUES 

Cependant,  il  est  en  effet  des  cas  où,  en  se  mettant  dans  les  meilleures  condi¬ 
tions  possibles,  il  est  très  difficile  de  saisir  la  fin  de  la  réduction  de  la  liqueur 
eiipro-tartrique.  C’est  ce  qui  arrive  avec  certaines  urines  de  diabétiques, 
pauvres  en  glucoses  et  relativement  riches  en  principes  créatiniques.  ’ 
Parmi  les  procédés  proposés  pour  remédier  à  cet  inconvénient-,  celui  dé 
Catjssb,  réglementé  par  Bohnans  sous  l’inspiration  de  Dekigès,  est  certai¬ 
nement  le  plus  recommandable  ;  c’est  lui  qui  a  été  adopté  au  V«  Congrès  de 


g  8  “  g 


procédé 


mi 


fil! 


LOGIQUES 


A  défaut  de  pots 


l  pourrait  utiliser  la  formule  suivante  : 


ÜPI 


Ifü  II 


ÉTUDE  DES  URINES  NORMALES  ET  PATHOLOGIQUES 


mann  à  la  recherche  de  la  tuberculose  urinaire.  Cette  méthode  due  à  Debré  et 
Paraf  consiste  à  rechercher  non  plus  la  présence  d’anticorps,  mais,  au  con¬ 
traire,  celle  d’un  antigène  spécifique  qui  existerait  dans  l’urine  en  pareille 
circonstance.  Voici,  textuellement  reproduite,  la  technique  des  auteurs 
d’après  les  Annales  des  voies  urinaires  : 

La  réaction  proprement  dite  est  précédée  de  manœuvres  préliminaires 
indispensables. 

ments  qui  entreront  en  jeu  dans  cette  réaction. 

1°  Sérum  hémolytique  anti-mouton  ( ou  anti-humain).  —  Il  se  préparera 
plusieurs  semaines  auparavant,  par  injections  successives  de  globules  de 
mouton  à  un  lapin.  On  injectera  à  des  intervalles  de  huit  jours,  10  à  15  centi¬ 
mètres  cubes  de  globules  de  mouton  recueillis  aseptiquement,  bien  lavés  et 
défibrinés.  Il  sera  bon  de  préparer  deux  lapins.  Au  bout  d’un  mois,  le  sérum 
du  lapin  recueilli  par  saignées  dans  la  carotide  sera  hémolytique  et  prêt  à 
servir.  Il  sera  centrifugé  avec  soin  et  ensuite  chauffé  plusieurs  fois  à  56°  pour 
le  débarrasser  de  l’alexine  qu’il  contient. 

On  le  titrera  une  fois  pour  toutes,  en  mettant  des  taux  variables  de  0,1, 
0,2,  0,3,  etc.  En  présence  d’alexine  et  d’une  émulsion  de  globules,  le  tube  où 
l’hémolyse  est  franche  et  nette  contient  la  bonne  dose  à  employer.  Il  est 
d’ailleurs  facile  actuellement  de  se  procurer  un  tel  sérum  tout  fabriqué  et 
tout  titré  dans  le  commerce. 

Acheté  ou  fabriqué  personnellement,  ce  sérum  anti-hémolytique  sera 
conservé  dans  des  tubes  scellés. 

2o  Globules  de  mouton.  —  On  les  enverra  chercher  aux  abattoirs  dans  des 
flacons  stériles.  On  les  lavera  soigneusement  en  en  mettant  une  petite  quan¬ 
tité  avec  de  l’eau  physiologique,  dans  un  tube  à  centrifuger.  On  agitera  et 
on  fera  centrifuger  à  nouveau.  Au  bout  de  trois  centrifugations  généralement, 
l’eau  qui  surnage  est  absolument  claire,  et  les  globules  prêts  à  être  employés. 
On  les  diluera  au  20e  (1  centimètre  cube  pour  20  centimètres  cubes  d’eau 
physiologique)  et  on  emploiera  1  centimètre  cube  de  cette  dilution. 

Les  globules  peuvent  se  conserver  intacts  à  la  glacière  pendant  un  jour 


CHAPITRE  II 


TOXICITÉ  ET  SEPTICITÉ  URINAIRES 


Ch.  ACHARD  et  G.  PAISSEAU 


TOXICITÉ  URINAIRE 


C’est  une  notion  aujourd’hui  classique  que  l’organisme  est,  à  l’état  physio¬ 
logique,  un  réceptacle  et  un  laboratoire  de  poisons  ;  il  existe  constamment 
une  menace  d’intoxication,  conséquence  obligée  des  phénomènes  biologiques 

production  de  déchets  plus  ou  moins  toxiques. 

Il  faut  encore  compter  avec  les  poisons  introduits  dans  l’organisme  :  l’alimen¬ 
tation  normale  s’accompagne  nécessairement  de  l’introduction  d’une  impor¬ 
tante  quantité  de  produits,  nuisibles  et  certains  états  pathologiques  peuvent 
être  dus  à  l’introduction  de  poisons  exogènes.  D’ailleurs,  même  en  dehors  des 
intoxications  vraies,  on  peut  dire  que  presque  tous  les  états  morbides  sont 
plus  ou  moins  fonction  d’intoxication  :  intoxication  par  des  poisons  fabriqués 
par  l’organisme  lui-même  en  raison  des  déviations  de  la  nutrition  dont  tout 
état  pathologique  s’accompagne  presque  nécessairement,  intoxication  par 
les  produits  microbiens  ou  par  les  cellules  de  l’organisme  troublées  dans  leur 
fonctionnement  sous  l’influence  des  germes  pathogènes  :  l’état  infectieux 
est,  pour  une  part  plus  ou  moins  grande,  un  état  toxique. 

La  résistance  à  l’intoxication,  que  comporte  le  maintien'  de  l’équilibre 
physiologique  de  l’organisme  ou  sa  défense  contre  les  agressions  dont  il  est 
l’objet,  est  réalisée  par  des  processus  divers. 

.  Une  partie  de  ces  poisons  est  neutralisée  dans  l’organisme  lui-même  ; 
le  foie  est,  à  èe  point  de  vue,  un  des  principaux  organes  de  défense. 

Mais,  normalement,  un  des  principaux  moyens  de  défense  réside  dans  les 
processus  constants  d’élimination  dont  sont  chargés  les  différents  appareils 
d’émonetion  :  le  rôle  des  poumons,  de  la  peau,  du  tube  digestif  n’est  pas  négli¬ 
geable.  mais  celui  de  l’appareil  urinaire  est  de  beaucoup  prépondérant. 

Le  rein  est,  en  effet,  Pémonetoire  par  excellence  de  l’organisme,  c’est  lui 


Ülll 


distillée 


toxicité  urinaire  sa  théorie  plus  eomprehensive  de  Fui 
multiple  qui  s’est  substituée  aux  anciennes  théories  un 
Ces  conceptions  ont  été  grandement  précisées  dep 
perméabilité  rénale,  par  celles  du  mécanisme  régulateu 


S’il  en  est  de  même  an  point  de  vue  expérimental,  cela  se  peut  expliquer 
par  le  défaut  de  précision  scientifique  de  la  méthode  ;  on  a  vu  en  effet  qu’il 
n’a  été  répondu  que  d’une  façon  très  insuffisante  aux  objections  qui  lui  ont 
été  faites,  et  que  les  procédés  de  correction  proposés  se  sont  montrés  impùis- 


divers,  des  renseignements  intéressants,  applicables  selon  1 
logie  générale,  à  la  physiologie,  à  la  physiologie  pathologiqi 
tique  et  à  la  clinique. 


—  OSMONOCIVITÉ 


le  NaCl. 

H  s’opère  ainsi,  comme  l’un  de  nous  l’a  montré: avec  G-atllaud  une  ti 
dance  à  la  régulation  non  seulement  de  la  concentration  moléculaire  mais  au 
delà  composition  chimique.  C’est-à-dire  que  l’organisme  tend  consta 


as  perdre  de  vue  dans  les  applications  qui  ont  été  laites  de 
s  aux  phénomènes  biologiques. 

stj  malgré  les  incertitudes  de  ce  problème,  il  a  suscité  de  non 
ss  sur  la  pression  osmotique  des  différents  liquides,  comme 


ï.  —  APPLICATIONS  PATHOLOGIQUJ 


Cryoscopie  urinaire.  —  Nous  signalons  seulen 
Claude  et  Balthazakd,  qui,  à  la  suite  des  travaux  de 
Bousquet,  Léon  Bernard,  a  essayé  de  fournir  un  pro 
renseignements  fournis  par  l’exploration  cryoscopie 


0SM0N0CIV1TÉ  OBEJAIBE 


constituent  les  substances  que  Gbyus  a  désignées  sous  le  nom  de  substances 
pénétrantes,  mais  leur  action  est  différente.  ■  Les  premières  agissent  à  U 
manière  de  Veau  distillée;  les  solutions  d’urée,  comme  on  l’a  tu,  quelle  que 
soit  leur  concentration  moléculaire,  provoquent  l’hémolyse  (Geyns)  :  si  on 

ajoute  à  ces  solutions  des  doses  croissantes  de  ïTaCl,  il  vient  un  moment 

où  les  globules  ne  s’y  détruisent  plus,  on  constate  alors  que  la  solution  est 

isotonique:  l’urée  se  comporte  donc  exactement  comme  l’eau  distillée  qui, 
elle  aussi,  est  neutralisée  par  l’action  du  chlorure. 

H  résulte  de  recherches  faites  par  l’un  de  nous  avec  L.  Bamond,  que 

cette  propriété  de  l’urée,  de  ne  pas  exercer  d’action  osmotique  et  de  ne 

pas  s’opposer  à  l’effet  cytolytique  des  liquides  hypotoniques,  ne  s’étend  pas 
à  d’autres  corps  très  voisins,  tels  que  les  urées  composées.  Si  l’on  ajoute  à 
une  solution  chlorurée  hypotonique  et  hémolytique  de  la  méthylurée,  l’hé¬ 
molyse  est  empêchée  à  un  certain  taux  de  concentration.  H  en  est  de  même 
pour  la  suif o -urée.  La  eréatine  protège  même  les  globules  rouges  contre 
l’hémolyse. 

Les  substances  ,  pénétrantes  de  la  seconde  catégorie,  plus  toxiques  que 
l’eau  distillée,  sont  capables  de  détruire  les  globules  rouges  par  leur  nocivité 
propre,  même  en  solutions  salées  isotoniques,  indépendamment,  par  consé¬ 
quent,  de  toute  action  osmonocive  :  ce  sont  les  substances  globulicides 


Le  mécanisme  de  la  destruction  de  l’hématie  est  encore  fort  obscur,  il 
serait  expliqué,  d’après  ÏTole,  par  une  perméabilisation  du  stroma  du  glo¬ 
bule  ;  cette  action  globulicide,  plus  meurtrière  que  celle  de  l’eau  distillée, 
peut  ne  pas  se  limiter  à  la  sortie  de  l’hémoglobine,  mais  aboutir  encore,  après 
un  temps  plus  ou  moins  long,  à  la  destruction  même  du  stroma  dont  les  molé¬ 
cules  se  désagrègent  et  qui  disparaît. 

C’est  dans  ces  conditions  que  peut  s’exercer  l’action  hémolysante  de  l’urine. 


1°  Action  osmonocive.  —  Le  point  de  congélation  habituel  de  l’urine 
normale  en  fait  un  liquide  hypertonique  par  rapport  au  sérum  sanguin. 
H  en  résulte  que  les  globules  rouges  placés  dans  cette  urine,  loin  de 
s’y  gonfler  et  de  s’y  détruire,  y  sont  au  contraire  ratatinés,  conservent 
leur  hémoglobine  et  prennent  l’aspect  en  boule  épineuse  bien  connu  depuis 
longtemps  des  élimeiens  qui  ont  examiné  au  microscope  des  urines  hématu- 


II  en  va  tout  autrement  lorsque  l’urine  cesse  d’être  hypertonique  pour 
devenir  hypotonique,  comme  cela  peut  se  produire  dans  les  dilutions  dues 
aux  régimes,  le  régime  lacté  par  exemple,  à  l’absorption  de  grandes  quantités 
de  liquide,  ou  à  l’occasion  de  modifications  dues  à  des  maladies. 

Dans  ces  conditions,  l’urine  devient  un  liquide  nuisible  pour  le  globule 
par  défaut  d’isotonie.  Bile  agit  à  la  manière  de  l’eau  distillée,  et  le  globule, 
après  s’y  être  gonflé,  édate  par  pression  osmotique  s’exerçant  de  dedans 


En  outre,  l’urine  contient  toujours  de  l’urée  en  quantité  très  variable  et  le  A 
d’une  urine  n’est  que  l’expression  totalisée  de  l’abaissement  partiel  du  point 
de  congélation  dû  à  chaque  composant  pris  isolément.  Il  en  résulte  que  dans 


îîl 


Ces  épreuves  permettent  parfois  d’admettre  l’origine  urinaire  d’une  hémo¬ 
globinurie.  Il  semble  d’ailleurs  que  les  bémoglobinuries  urinaires  soient  moins 
rares  qu’on  ne  l’aurait  pu  croire  tout  d’abord;  c’est  ce  que  tendent  à  démontrer 
des  faits  d’observation  toute  récente  :  l’un  de  nous  a  rapporté  en  effet,  avec 
Saint-Girons,  deux  cas  d’bémoglobinurie  urinaire  dans  la  fièvre  typhoïde 
et  dans  la  fièvre  bilieuse  hémoglobinurique. 

Ce  qui  caractérisait  l’hématurie  du  malade  typhique  c’était  la  très  grande 
prédominance  de  l’hémoglobinurie  sur  l’hématurie,  à  tel  point  que  les  urines 
étaient,  à  un  certain  moment,  presque  purement  hémoglobinuriques,  l’hémo¬ 
globine  non  dissoute  dans  les  urines  étant  en  proportion  de  10  à  82  fois 
moindre  que  l’hémoglobine  dissoute,  à  différentes  phases  de  l’hémorragie  ; 
c’est  seulement  dans  les  dernières  heures  de  la  vie  du  malade  que  l’hémo¬ 
globine  dissoute  disparut  de  l’urine  et  que  l’hématurie  devint  pure. 

La  seconde  observation  montre  que  dans  la  fièvre  bilieuse  hémoglobinu¬ 
rique,  l’hémoglobinurie  peut  être  attribuée  à  une  hémolyse  intra-urinaire 
ou  intra-rénale. 

Un  certain  nombre  d’arguments  permettent,  en  effet,  de  démontrer  la 
réalité  de  cette  transformation  d’une  hématurie  en  hémoglobinurie. 

Ce  sont  :  l’absence  de  pouvoir  hémolytique  du  sérum,  le  défaut  de  laquage 
du  sérum  et  surtout  du  plasma,  l’absence  de  fragilité  globulaire,  qui  ne 
permettent  pas  de  songer  à  une  hémolyse  préalable  effectuée  dans  les  vais- 


globules  rouges  encore  pourvus  de  matière  colorante  indiquera  non  pas  que 
nette  urine  n’a  pas  été  hémolysante,mais  seulement  que  son  pouvoir  hémo¬ 
lytique  est  épuisé. 

Même  lorsque  l’urine  est  :trop  rouge  pour  que  l’on  puisse  rechercher 
ses  propriétés  hémolytiques,  on  peut  constater  que  le  passage  des  globules 
rouges  dans  les  voies  urinaires  a  diminué  leur  résistance  :  l’épreuve  de  la 
fragilité  globulaire  des  hématies  contenues  dans  l’urine  comparée  à  celle  des 


;  jrigore, 


Armer  l’étude  de  leurs  propriétés  pathogènes  :  variabilité  de  la  virulence, 
exaltation  de  cette  virulence  par  passage  dans  le  bouillon  de  culture  acide, 

dans  lebassinet  suivie  de  ligature  de  l’uretère. 

La  recherche  des  effets  pathogènes,  de  même  que  l’étude  morphologique  et 

tielle  entre  ces  deux  espèces  et  permettait  d’admettre  leur  identité  complète. 

D’ailleurs,  il  semble  bien,  comme  l’un  de  nous  l’a  encore  montré  avec 
J.  BE5ÎAXJX.T  que,  sous  le  nom  de  bactérie  pyogène,  on  avait  décrit  plusieurs 


lui  ! 


de  septicité  urinaire  proprement  dite. 


IL  —  MÉCANISME  DE  LA  SEPTICITÉ  URINAIRE 

Physiologie  pathologique  de  la  septicité  urinaire.  —  La  septicité  uri¬ 
naire,  quelle  qu’en  soit  la  cause,  peut  être  monomicrobienne  ou  polymiero- 
bierme.  Elle  peut  avoir  pour  origine  le  rein,  l’uretère,  la  vessie,  ou  enfin  l’urètre; 
l’infection  de  ce  dernier  est  un  point  de  départ  fréquent,  tout  au  moins  au 
début  des  maladies  vénériennes  proprement  dites.  Quelle  que  soit  la  locali- 


multiplication,  de  sa  mobilité,  de  sa  grande  innocuité  pour  la  muqueuse 
des  voies  urinaires,  il  n’attaque  pas  plus  le  parenchyme  rénal  que  la  vessie, 
détermine  seulement  la  bactériurie,  la  pyélite  et  rarement  la  cystite  :  quand 
on  le  trouve  accompagné  d’autres  germes,  ce  sont  ces  derniers  qui  sont 
pathogènes  ;  quand  ü  n’existe  que  du  coli,  on  ne  doit  pas  pour  cette  simple 
raison  lui  faire  jouer  un  rôle  dominant  car,  par  sa  grande  facilité  de  repro¬ 
duction,  il  détruit  ou  élimine  les  véritables  pathogènes. 

Complétant  ses  idées,  Bovsxng  avait  divisé  les  cystites  en  trois  classes  : 

non  pathogènes,  la  cystite  suppurative  ammoniacale  due  à  l’action  de  microbes 
ammoniogènes  et  pyogènes,  enfin  la  cystite  suppurative  acide  dont  l’infection 
par  le  bacille  de  Koch  est  le  type. 


Infection  par  contiguïté.  —  Les  infections  des  vésicules  séminales ,  de  la 
prostate,  peuvent  atteindre  la  vessie,  soit  directement,  soit  par  l’intermédiaire 
des  canaux  excréteurs  ;  il  en  est  de  même  pour  les  lésions  urétérales,  pour 
l 'intestin  dans  les  cas  de  fistules,  pour  le  péritoine. 

Infection  vasculaire.  —  La  possibilité  de  l’infection  de  la  vessie  par  son 
appareil' vasculaire,  d’ailleurs  peu  développé,  a  prêté  à  de  longues  discussions. 


part  de  ces  caractères  n’ont  aucune  valeur  absolue,  mais  quand  ils  sont  en 
concordance  on  peut  leur  attribuer  une  signification  sérieuse,  que  devra 
toujours  néanmoins  préciser  l’examen  clinique. 

qui  s’y  développent  ne  sont  pas  sans  modifier  profondément  la  constitution 
urinaire  et  ce  trouble  peut  se  traduire  par  une  conséquence  importante  qui 
est  la  lithiase  alcaline. 

Lithiase  alcaline.  —  La  lithiase  alcaline  peut  être  primitive,  mais  dans 
la  grande  majorité  des  cas  elle  apparaît  comme  un  effet  de  la  septicité  urinaire. 

La  lithiase  alcaline  secondaire  est  caractérisée  par  la  présence  de  calculs 
'phos'p'hatiques  dont  les  concrétions  irrégulières  et  friables  sont  presque  entière¬ 
ment  formées  de  phosphates  et  de  carbonates,  phosphate  et  carbonate  de 

La  précipitation  des  sels  de  chaux  de  l’urine,  qui  conditionne  la  forma¬ 
tion  de  ces  calculs,  se  produit  lorsque  l’urine  devient  alcaline  par  décompo- 


SEPTICITÉ  URINAIRE 


quences,  nous 
tériuries  ébert 
l’intérêt  partie 

Historique, 


pathogénique,  : 


flîiiîl 


MV. 


l’albnmimme  était  beaucoup  moins  fréquente  que  la  bactériurie,  il  pensait 
à  la  possibilité  de  lésions  parcellaires  n’équivalant  nullement  à  une  néphrite 
aiguë. 

Les  travaux  ultérieurs  ont,  comme  nous  l’avons  vu,  corroboré  cette  manière 


3°  Examen  direct-  —  Avant  de  procéder  à  la  recherche  du  bacille,  on  doit 
chercher  à  collecter  les  microbes,  soit  par  centrifngation,  soit  par  une  sorte  de 
collage  pour  lequel  on  a  employé  l'albumine  d’œuf  (Vos)  ou  le  plasma  salé 

■  Quelle  que  soit  la  méthode  employée,  l’urine  donne  un  dépôt  plus  ou  moins 
abondant  qui  gêne  considérablement  l’examen  ;  on  a  proposé  de  dissoudre 
les  sels  en  diluant  le  culot  dans  de  Peau  distillée,  mais  ce  procédé  peut  dimi¬ 
nuer  le  nombre  des  bacilles. 

Dans  ces  derniers  temps,  on  a  eu  recours  à  des  procédés  basés  sur  les 
propriétés  que  possèdent  certaines  substances  de  dissoudre  tous  les  corps 
organiques  à  l’exception  des  bacilles  acido-résistants.  Au  sue  digestif  artificiel 
de  Jodsset,  à  la  méthode  d’homogénéisation  de  Besançon  et  Phhebeet, 
on  a  proposé  de  substituer  1  ’anüformine  (mélange  d’eau  de  Javel  et  d’une 
solution  concentrée  de  soude  caustique)  préconisée  par  tTHLENmjT.  La 
technique  employée  consiste  à  traiter  le  dépôt  centrifugé  de  l’urine  par  une 

gène  ;  le  mélange  est  ensuite  énergiquement  centrifugé  et  on  se  sert,  pour 
faire  la  préparation,  de  ce  dépôt  lavé  à  plusieurs  reprises  avec  une  solution 
salée  physiologique.  Ce  procédé  est  malheureusement  long  et  compliqué. 


ÉLIMINATIONS  BACTÉRIENNES.  BACTÉR1URIES  SECONDAIRES  909 


Valeur  séméiologique  de  la  bacillurie  tuberculeuse.  —  En  l’état 
actuel  de  la  question,  l’on  peut  admettre  la  réalité  de  l’existence  d’une  bacil- 
lorie  tuberculeuse  chez  les  tuberculeux  pulmonaires,  mais  sa  valeur  séméio¬ 
logique  est,  sur  certains  points,  discutée.  La  bacillurie  tuberculeuse  traduit 
l’existence  d’une  poussée  laciOémique,  tous  les  auteurs  sont  d’accord  à  ce 
sujet  :  c’est  ce  qui  explique  qu’il  s’agisse  habituellement  de  malades  atteints 
de  tuberculose  aiguë  généralisée  ou  en  état  de  poussée  aiguë  au  cours  d’une 
tuberculose  pulmonaire  chronique 

La  bacillurie  tuberculeuse  peut-elle  se  produire  indépendamment  de  lésions 
rénales  tuberculeuses  ?  Certains  auteurs  le  contestent  absolument.  Gtolani 


génito-urinaire. 

Si  l’on  admet,  comme  cela  est  actuellement  l’opinion  générale,  que  les 
bacilles  peuvent  être  éliminés  par  les  tuberculeux  pulmonaires,  la  présence 


QUATRIÈME  PARTIE 


CHAPITRE  PREMIER 

ASEPSIE  ET  ANTISEPSIE  EN  UROLOGIE 


Les  pratiques  aseptiques  et  antiseptiques  en  urologie  sont  évidemment  sem¬ 
blables  à  celles  de  la  chirurgie  générale,  mais  les  conditions  spéciales  dans 
lesquelles  nous  opérons,  les  instruments  tout  particuliers  dont  nous  nous 
servons  nécessitent  des  modifications  très  importantes  aux;  procédés  de 
stérilisation  et  d’asepsie  qui  sont  couramment  employés  en  chirurgie  générale. 
J’insisterai  surtout  sur  ces  modifications  spéciales  à  la  chirurgie  urologique, 
en  considérant  comme  connus  les  principes  de  l’asepsie  et  de  l’antisepsie  en 
général. 

Ce  qui  est  tout  à  fait  particulier  à  ce  point  de  vue  dans  notre  spécialité, 
c’est  que  nous  sommes  forcés  de  réaliser  une  propreté  aussi  grande  que 
possible  dans  deux;  conditions  totalement  différentes  :  Premièrement  dans  les 
salles  d’opérations  chirurgicales  pour  les  grandes  opérations  urologiques, 
ce  en  quoi  nous  différons  très  peu  des  chirurgiens  généraux.  Et  deuxièmement 
dans  notre  cabinet  de  consultation  pour  les  traitements  urologiques  ambu¬ 
latoires,  dans  des  conditions  déplorables  de  hâte  et  de  malpropreté  des 

Dans  le  premier  cas,  notre  malade  a  été  préparé  d’avance,  nous  avons 
tout  le  temps  de  stériliser  nos  mains,  de  parfaire  la  stérilisation  de  la  peau 
de  l’opéré,  nos  instruments  stérilisés  au  préalable  sont  instantanément 
prêts  à  être  utilisés,  nous  sommes  donc  dans  les  conditions  les  plus  parfaites, 
pour  opérer  suivant  les  règles  habituelles  de  la  chirurgie  générale. 

Dans  le  second  cas,  au  contraire,  nous  devons  soigner,  laver,  sonder,  dilater, 
endoscoper,  etc.,  de  quatre  à  six  malades  par  heure  ;  ces  malades,  surtout  à 
l’hôpital,  mais  malheureusement  bien  souvent  aussi  en  ville,  se  présentent 
à  nous  dans  des  conditions  de  propreté  qui  laissent  beaucoup  à  désirer. 
Sos  mains  se  trouvent  donc  à  chaque  instant  infectées  des  microbes  les  plus 
divers  et  nous  n’avons  pour  nous  en  débarrasser  que  quelques  fractions 
de  minutes  entre  chaque  malade,  autant  dire  que  nous  ne  nous  en  débar¬ 
rassons  pas.  ÏTous  sommes  donc  dans  notre  cabinet  forcés  d’opérer  en  toute 


fÜ»  Il 


saisis  sa  verge  entre  l'annulaire  et  le  petit  doigt  de  la  main  gauche,  en  me  gar- 

tement  me  servir  à  saisir  l’armature  de  la  bougie  conductrice,  pour  me  per¬ 
mettre  d’y  visser  le  béniqué.  J’introduis  le  béniqué  :  pendant  cette  opération 
j’ai  de  nouveau  besoin  de  toute  ma  main  gauche,  pour  tendre  la  verge  et  pour 
abaisser  la  région  pubienne,  la  voilà  de  nouveau  sale.  Je  retire  le  béniqué 
incomplètement,  en  laissant  sa  pointe  dans  l’urètre  et  je  l’abandonne  ainsi 
sur  la  cuisse  du  malade.  Je  retourne  à  ma  capsule,  où  je  refais  un  nettoyage 
énergique  des  doigts  de  la  main  gauche,  je  retourné  au  malade,  je  saisis  le 
béniqué  de  la  main  droite,  la  verge  entre  l’annulaire  et  le  petit  doigt  de  la 
main  gauche,  l’armature  entre  le  pouce  et  l’index  gauche  restés  propres,  et 
je  dévisse  le  béniqué.  Et  ainsi  de  suite  pour  les  suivants.  Grâce  à  ces  précau¬ 
tions,  grâce  surtout^  au  lavage  vésical  qui  précède  et  suit  l’intervention, 

Quand  nous  avons  à  sonder  un  rétentionniste  non  infecté,  nous  devons 
redoubler  de  précautions,  car  nous  avons  affaire  à  un  malade  d’une  récep¬ 
tivité  formidable.  H  ne  faut  pas  hésiter  dans  ce  cas  à  prendre  le  temps 
nécessaire  pour  obtenir  une  stérilisation  aussi  parfaite  que  possible  de  nos 
mains  et  du  gland  du  malade  comme  pour  une  véritable  opération  chirur¬ 
gicale. 

En  cas  de  toucher  rectal  nous  devons  toujours  nous  protéger  l’index  d’une 


DÉSINFECTION 


STÉRILISATION  DES  INSTRUMENTS 


formaldéhyde.  D’expéneaees  n 
.  LErromE  à  l’hôpital  Boucicau 
pour  assurer  la  parfaite  asepsie 


roudelles  formées  de  deux  ce: 
xyméthylène,  cousues  sur  leur  b 


i  de  faire  le  cathé- 
?our  que  dans  les 


Liqué.  à  toutes  les 


942  ASEPSIE  ET  ANTISEPSIE  EN  UROLOGIE 

tion  de  Pair.  Une  fois  la  dessiccation  obtenue,  on  ferme  cesperforations  à  Paide 

de  glissières  métalliques. 

Ces  boîtes  doivent  rester  à  l’étuve  à  vapeur  pendant  3/4  d’heure  ce  qui 
assure  une  stérilité  absolue  comme  Pont  prouvé  les  travaux  d’AiApr  et 

Le  Dr  Ingiani  de  Gênes  a  proposé  un  procédé  simplifié  pour  la  stérilisa¬ 
tion  des  sondes  urétrales  par  la  vapeur  d’eau.  Ce  procédé  exige  pour  tout 
instrument  un  simple  tube  à  réaction  coiffé  d’un  tube  de  caoutchouc  ayant 
30  centimètres  de  long,  et  obturé  à  son  extrémité  libre  par  un  bouchon 
perforé,  dont  l’orifice  destiné  à  l’échappement  de  la  vapeur  doit  être  de  préfé¬ 
rence  latéral. 

A-t-on  à  stériliser  une  sonde  élastique?  on  remplit  le  tube  de  verre  d’eau 
saturée  de  sulfate  de  soude,  on  y  plonge  la  sonde  et  on  adapte  par-dessus  le 
tube  en  caoutchouc,  puis  saisissant  le  tube  de  verre  au  moyen  d’un  papier 
enroulé  autour  de  lui,  on  le  chauffe  sur  la  flamme  d’une  lampe  à  gaz  (ou  autre 
source  de  chaleur),  tout  en  ayant  soin  de  tenir  le  petit  appareil  dans  une  posi¬ 
tion  quelque  peu  inclinée. 

La  solution  de  sulfate  de  soude,  entrant  en  ébullition,  pénètre  dans  le  tube 
de  caoutchouc  (le  thermomètre  y  marque  partout  100°),  sans  cependant  se 
déverser  par  l’orifice  du  bouchon,  qui  ne  laisse  passer  que  la  vapeur  d’eau. 
Au  bout  d’une  minute  la  sonde  est  stérilisée. 

Ce  même  dispositif  sert  aussi  à  la  stérilisation  d’un  cathéter  métallique, 
qu’il  est  facile  d’introduire  avec  ses  anneaux  dans  le  tube  de  caoutchouc, 
en  forçant  un  peu  l’élasticité  de  ce  dernier.  Cependant,  dans  ce  cas,  on  versera 
dans  le  tube  de  verre  non  pas  une  solution  de  sulfate  de  soude  qui  attaque  les 
instruments  métalliques,  mais  une  solution  de  carbonate  de  soude. 

Tous  ces  procédés,  après  avoir  eu  un  moment  de  vogue  surtout  en  Alle¬ 
magne,  sont  presque  partout  abandonnés  aujourd’hui. 

;  d,  Stérilisation  dos  sondes  'par  immersion  dans  un  liquide  antiseptique.  — 
C’est  de  beaucoup  le  plus  mauyais  procédé  de  stérilisation,  qui  ait  jamais 
été  proposé,  il  abîme  les  sondes,  irrite  le  malade  et  de  plus  il  est  très 
infidèle.  -  ....  .  ' 

Geosglee  nettoie  très  soigneusement  des  sondes  infectées,  les  laisse  pen¬ 
dant  une  heure  dans  le  sublimé  à  1  p.  1 000.  Sur  12,  2  seulement  sont  stéri¬ 
lisées.  . 

Cette  inefficacité  de  ce  mode  de  stérilisation  tient  à  ce  que,  comme  l’a  dé- 

d’àir  qui  empêchent  le  contact  du  liquide  antiseptique,  quel  qu’il,  soit,  avec 
la  paroi  infectée.  Le  nitrate  d’argent  à  1  p.1000,  qui  a  été  proposé  dans 
>le  même  but,  ne. donne  pas  de  meilleurs  résultats. 

La  stérilisation  des  sondes  par  immersion  dans  des  liquides  antiseptiques 
a  été  bien  étudiée  par  les  DkE;roguis  et  Chydenius. 

Us  ont  apprécié  la  valeur  comparative  des  différents  antiseptiques  pour  les 
différents  microbes  les  plus,  fréquents  : 

Le  streptocoque  et  surtout  le  staphylocoque  résistent  le  mieux  à.  faction 
dû  sublimé  dont  le  pouvoir  bactéricide  est  plus  grand  que  celui  du  .bi'iodure 
de  mercure.  Le  colibacille  résistele  mieux  au,  nitrate  d’argent,  qui  par  contre 


i  la  glycérine, 


ment  obtenue  par  le  simple  séjour  pendant  24  heures  dans 
nant  3  p.  100  de  formaline. 

L’auteur  propose  de  conserver  les  sondes  dans  la  glycérine  formalinée. 
Comme  celle-ci  Occasionne  une  légère  brûlure  de  l’urètre,  il  est  indiqué  de 
passer  la  sonde  dans  l’eau  boriquée  ou  mieux  encore  dans  la  glycérine  conte¬ 
nant  20  p.  100  de  sucre  avant  de  l’introduire  dans  l’urètre. 

e.  Stérilisation  des  sondes  parles  gaz  désinfectants  :  Acide  sulfureux.—  C 
ce  produit  qui  en  France  l’emporta  dès  le  début  de  nos  recherches  sur  tou 
autres  procédés.  Dès  1890  la  stérilisation  des  sondes  et  bougies  de  gor 
par  l’acide  sulfureux  était  pratiquée  régulièrement  et  donnait  des  résu] 
très  satisfaisants,  elle  dura  jusqu’à  l’époque'  oh  elle  fut  supplantée  .pai 
vapeurs  de  formol. 


lîilt 


ils'l- 


h  II! 


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Il' Si 


II! 


958  ASEPSIE  ET  ANTISEPSIE  EN  UROLÔCIE 

tenir  la  sonde  et- une  pins  petite  partie  inférieure  destinée  à  renfermer  la 

solution  de  formol,  ou  des  fragments  de  craie  imbibés  de  formoL 

Entre  ces  deux  parties  une  plaque  métallique  percée  de  trous  permet  aux 
vapeurs  de  formol  démonter  dans  la  partie  supérieure  des  cylindres  et  d’y  sté¬ 
riliser  les  sondes. 

Pour  les  sondes  et  bougies  à  emporter  en  ville,  la  question  est  encore  plus 
complexe.  Pouvons-nous  conserver  dans  nos  trousses,  pendant  un  temps  très 
long,  des  sondes  stérilisées  toujours  prêtes  à  servir,  ouvrant  la  trousse  chez  un 
malade,  y  choisissant  quelques  sondes,  refermant  la  trousse  ;  nous  trans¬ 
portant  un  jour  ou  deux  après  chez  un  autre  malade  pour  y  reprendre  une 
autre  sonde  et  ainsi  de  suite?  Pour  plus  desûreté,  on  conseille  de  réserver  dans 
la  trousse  une  petite  loge  où  sera  déposée  une  petite  dose  de  trioxyméthylène, 
pour  maintenir  l’asepsie  de  la  trousse,  ou  bien  on  adopte  le  procédé  du 
Dr  Desnos,  on  met  ses  sondes  et  bougies  dans  des  tubes  stériles  armés  de 
bouchons  à  trioxyméthylène.  Le  choix  de  la  sonde  cherchée  est  difficile  avec 
ce  dernier  procédé  et  le  trioxyméthylène  est  facile  à  oublier  pendant  plusieurs 
mois  dans  son  bouchon.  J’avoue  que  je  considère  ces  méthodes  comme  bien 
peu  sûres.  J’ai  adopté  pour  moi  le  procédé  suivant,  évidemment  rendu  plus 
aisé  par  le  petit  nombre  de  visites  que  je  fais  à-  domicile  ;  je  prévois  à  peu  près 
au  moment  du  départ  les  sondes  et  bougies  dont  je  crois  avoir  besoin,  je  les 
choisis  non  stériles,  ou  bien  je  les  sors  de  l’armoire,  je  les  fais  bouillir,  puis 
je  les  saisis  avec  une  pince  stérile  et  je  les  dispose  dans  la  boîte  de  ma  trousse 
flambée  à  l’alcool  ;  ce  travail  étant  fait  immédiatement  au  moment  de  mon 

Le  spécialiste  qui  voit  un  grand  nombre  de  malades  à  domicile  ou  dans  des 
cliniques,  doit  tenir  au  complet  la  provision  de  sondes  et  bougies  et  la  faire 
stériliser  tous  les  jours  dans  l’étuve  à  trioxyméthylène  à  chaud  d’ALBASEAN, 
d’HAMONic  ou  mieux  de  Mabion. 


GRAISSAGE  ASEPTIQUE  ET  ANTISEPTIQUE  DES  SONDES  ET  BOUGIES  : 

Le  graissage  des  sondes  peut  se  faire  soit  avec  des  corps  franchement 
gras  :  huile,  vaseline,  soit  avec  des  corps  gras  solubles  dans  l’eau  comme  la' 
glycérine,  soit  avec  des  corps  glissants  et  entièrement  solubles,  tels  que  le 
savon,  les  solutions  de  gomme  adragante.  Tous  ces  corps  pouvant  être  soit 
simplement  Stérilisés,  soit  infertilisés,  soit  enfin  additionnés  d’une  dose 
plus  ou  moins  forte  d’une  substance  antiseptique. 

'■  Lubrifiants  gras.  —  Les  plus  anciens  lubrifiants  gras  sont  :  la  simple 
vaseline  stérilisée,  en  tube  de  préférence,  ou  en  flacon  portatif  (fig.  540),  la 
vaseline  boriquée  : 


La  vaseline  salolée  à  1  p.  10.  L’huile  phéniquée  : 


ET  ANTISEPTIQUE 


bibl: 

s’est  répété  par 
l’urotropine  sont 
dérivés  ont  pour 
pourlui  permettre 


BIBLIOGRAPHIE 


CHAPITKE 


MATÉRIEL  UROLOGIQUE 


La-  spécialité  urinaire  a  passé,  comme  toutes  les  autres  parties  de  la  chirurgie, 
par  les  deux  périodes  préantiseptique  et  antiseptique,  mais  en  plus,  elle 
a  passé,  en  France  au  moins,  d’une  période  de  déconsidération  aux  honneurs 
d’une  grande  spécialité  reconnue  de  tous.  Avant  la  création  de  la  chaire  des 
maladies  des  voies  urinaires,  l’urologie  éclosait  timidement,  sous  le  couvert  de 
la  chirurgie  générale,  dans  la  fondation  Civiale,  annexée  à  un  service  de  chi¬ 
rurgie  de  l’hôpital  Decker.  On  pourrait  se  demander,  si  Civiale  n’avait  pas 
créé  cette  fondation,  où  en  serait  encore  aujourd’hui  l’urologie  en  France. 
Cette  spécialité,  déconsidérée  par  les  charlatans  d’urinoirs,  était  peu  estimée. 
Que  de  fois  n’avons-nous  pas  entendu  notre  maître  se  dire  avant  tout  chirur¬ 
gien  général  et  non  spécialiste.  Il  subissait  l’influence  de  son  époque,  tout 
en  conduisant  peu  à  peu  sa  chère  spécialité  à  un  tel  degré  d’honorabilité  et 
de  perfection  qu’elle  devait  bientôt  s’affirmer  d’elle-même  et  s’imposer 
comme  une  des  principales  sections  de  l’art  chirurgical.  Le  matériel  urologique 
suivit  la  même  évolution  :  absolument  rudimentaire  pendant  la  première 
période,  il  s’enrichit  rapidement  pendant  la  seconde  et  atteignit  bientôt  un 
degré  qu’il  lui  sera  dorénavant  difficile  de  dépasser. 

A  cette  époque,  déjà  lointaine,  qui  s’étend  depuis  la  nomination  du 
Dr  Guyon  au  service  Civiale  (1867),  jusqu’à  la  création  de  la  chaire  des  voies 
urinaires  (1890),  le  matériel  opératoire  empruntait  celui  de  la  chirurgie  géné¬ 
rale  et  les  soins  ambulatoires  étaient  réduits  à  des  interventions  bien  res¬ 
treintes  :  dilatations,  instillations,  lavages  de  vessie  à  la  sonde.  Tout  cela  ne 
demandait  pas  une  installation  bien  compliquée.  Une  simple  table,  quelques 
seringues,  des  sondes,  des  bougies  et  des  Béniqués,  et  c’était  tout.  H  n’est 
pas  tout  à  fait  exact  de  faire  dater  de  la  création  de  la  chaire  dés  maladies 
des  voies  urinaires  le  début  des  perfectionnements  du  matériel  urologique  ; 
déjà  depuis  1888,  année  où  le  regretté  Albarran  fut  l’interne  du  Dr  Guyon, 
l’instrumentation  et  les  procédés  d’examen  s’améliorèrent  peu  à  peu,  mais 
ils  ne  prirent  leur  complet  essor  qu’en  1890,  époque  où  le  Dr  Guyon,  nommé 
professeur  des  maladies  des  voies  urinaires,  installa  à  ses  frais  la  salle  de  la  Ter¬ 
rasse  de  l’hôpital  Decker,  qui  est  devenue  le  modèle  de  toutes  les  installations 
de  ce  genre  dans  le  monde  entier. 


LOGIQUE 


i  qui  s’engageât 


MATÉRIEL  UROLOGIQUE 


Il* 


MATÉRIEL  UROLOGIQUE 


courants  de  la  ville  qui  n’ont  d’économique  que  l’apparence,  il  nous  reste  à 
décrire  l’installation  électri  que  urologique  parfaite. 

Installation  électrique  urologique  complète. 

On  doit  exiger  des  appareils  d’adaptation  modernes  les  conditions  sui- 


1°  Se  brancher  sur  n’importe  q 

2°  Ifous  permettre  de  faire  de  la  petite  lumière,  de  la  caustique,  de  la  galva¬ 
nisation  (électrolyse,  ionisation),  du  courant  faradique,  du  mas 
ration  et  du  refoulement  d’air,  à  la  rigueur  des  douches  d’air  ch 


joindra  au  chapitre  de  l’exploration  radiographique  des  reins  (Tome  II 
chapitre  n). 


MATÉRIEL  DU  SPÉCIALISTE  UROLOGUE 

EN  CAS  DÉ  CONSULTATIONS  EN  VILLE 

à  emporter  en  cas  de  consultations  en  ville  diffère  évidemme 


ajouter  des  embouts  de  différentes  grosseurs  susceptibles  de  s’adapter 
îr  l’extrémité  des  soudes  ordinaires,  des  installateurs  ou  des  sondes  urété- 
des.  Ces  pièces  accessoires  delà  seringue  sont  contenus,  ainsi  qu’une  spatule 
crar  prendre  la  paraffine  et  une  petite  tige  destinée  aunettoyage  delà-  lanterne 
es  cystoscopes,  dans  une  petite  boîte  spéciale  dont  le  couvercle  perforé  permet 
ax  vapeurs  antiseptiques  d’arriver  jusqu’à  elles. 

Le  cystoscope  qu’il  emploie  est  le  cystoscope  d’Albarran,  on  peut  en  placer 
n  ou  deux  à  volonté,  ainsi  qu’une  pièce  imgatrice  de  rechange.  Ces  instru- 
îents  sont  supportés  sur  chevalet  et  fixés  de  façon  à  empêcher  les  chocs  ou 


MATÉRIEL 


MATÉRIEL  UROLOGIQUE 


Il -s 


indiquées; 


élevés,  de  manière  à  permettre  à  l’opérateur,  tout  en  s’asseyant  sur  une 
chaise  ordinaire,  d’avoir  son  œil  à  peu  près  à  lahauteur  de  l’urètre  du  malade. 
Des  supports  de  pieds  horizontaux  servent  à  âzer  les  jambes,  le  dossier  est 


Une  arrivée  d’eau  permet  de  taire  agir  une  trompe  en  cas  d’urétroscopie 
ou  de  eystoscopie  à  vision  directe. 

La  lumière  et  la  caustique  sont  tournis  à  chaque  lit  par  un  transformateur 
universel  de  Gaiffe  pour  courant  alternatif. 

Salle  d?  électricité. 

Cette  salle  de  traitements  électriques,  dirigée  depuis  la  fondation  du  service 
le  Dr  Courtade  contient  une  table  de  traitement  semblable  à  celle  de  la 
ï  de  la  Terrasse,  et  les  instruments  nécessaires  pour  toutes  les  variétés 
alitements  électriques  :  courant  continu,  faradique,  haute  tension,  élec- 
trolyse,  ionisation,  etc. 

La  bibliothèque  et  le  musée,  malgré  leur  grande  richesse  et  leur  intérêt, 


H  en  est  de  même  de  l’amphithéâtre  destii 
amphithéâtre,  construit  par  M.Belouet,  siu 
fesseurs  Guyon  et  Le  Dentu,  représente  un 

d’un  amphithéâtre  de  chirurgie  générale,  je 


L'AUTO-CATHÉTÉRISME 


spécialement  approprié 


BIBLIOGRAPHIE 


2°  D’une  lampe  F  dépourvue  de  mèche,  composée  tout  simplement  d’une 

capsule,  dont  la  capacité  a  été  calculée  pour  recevoir  la  quantité  d’alcool 

nécessaire-  pour  porter  à  l’ébullition,  en  quelques  minutes,  le  litre  d’eau  du 
récipient  E  qui  servira  à  l’injection  et  s’écoulera  par  le  tube  Ts  ; 

3»  D’une  tige  mobile  gradué  ABC,  permettant  d’élever  à  volonté  l’appareil 
à  des  hauteurs  variables,  qui  se  démontera  en  trois  parties,  le  trépied  se  rabat¬ 
tant  en  une  tige  unique  ; 

4°  D’une  boîte  disposée  pour  recevoir  les  différentes  parties  démontées 
et  divers  accessoires  (éprouvettes  graduées,  flacons  pour  solutions  médicamen¬ 
teuses,  pour  les  canules,  pour  le  coton. 

Cette  boîte,  sous  forme  de  petite  malle  fermant  à  dé,  sera  à  la  fois  légère 
et  occupera  très  peu  de  place,  0m,55  sur  0m,20. 

En  résumé  cet  appareil  pourra  être  utilement  employé  pour  les  lavages  de 
l’urètre  en  voyage,  à  la  campagne,  dans  la  plus  petite  chambre  d’hôtel  ou 


BIBLIOGRAPHIE 


CHAPITRE 


ANESTHÉSIQUES  GÉNÉRAUX  ET  LOCAUX 


Par  le  D'  Paul  ERTZBISCHOFF 


Si  l’anesthésie  est  aussi  ancienne  que  la  médecine  et  remonte  aux  premiers 
débuts  de  l’art  de  guérir,  cen’estcependantqu’àladéeouvertedu  protoxyde 
d’azote  (Wells,  1844),  de  l’éther  (Hobton  1846)  et  du  chloroforme  (1847) 
que  l’anesthésie,  et  avec  elle  la  chirurgie,  se  sont  développées  d’une  façon 

^ PomtanU’utüité  et  l’efficacité  de  l’anesthésie  pour  les  interventions  qui 
se  font  dans  l’urèthre  et  la  vessie  ont  été  bien  longtemps  contestées  et  le 
chloroforme  était  depuis  des  années  employé  en  chirurgie  générale  avant 
d’être  accepté  par  les  spécialistes. 

On  distingue  I’anesthésie  génébale  et  P  anesthésie  locale  suivant  que 
l’insensibilité  doit  s’étendre  au  corps  tout  entier  ou  se  limiter  à  une  partie 
du  corps.  Tandis  que  dans  l’anesthésie  générale  l’insensibilité  est  provoquée 
par  des  inhalations  de  liquides  très  volatiles,  elle  est  déterminée  dans  l’anes¬ 
thésie  locale  par  des  injections  locales  ou  par  des  irritations  thermiques. 

Les  injections  sous-arachnoïdiennes,  qui  introduisent  au  contact  de  la 
moelle  l’anesthésique,  provoquent  Panesthésie  génébalisée;  enfin  par 
les  injections  épidurales  on  détermine  plutôt  1’ anesthésie  bégionale. 

ÏTous  ne  ferons  pas  une  revue  générale  de  tous  les  anesthésiques  connus, 
mais  nous  nous  bornerons  à  étudier  ceux  actuellement  employés  en  Rance, 
leurs  avantages  et  leurs  inconvénients  et  plus  particulièrement  leur,  action 
sur  l’appareil  urinaire. 


îtfous  n’envisagerons  que  les  plus  généralement  employés  :  chloroforme, 
éther,  chlorure  d’éthyle  et  nous  mentionnerons  brièvement  les  autres  ainsi 

que  les  mélanges  qui  sont  parfois  utilisés.  . 


loi  chirurgical  des  anesthésies  a  pour  oc 
lé  :  il  atteint  son  but  lorsque  l’on  a 
rerla  douleur.  Mais  la  véritable  anesthésie 


fait  disparaître  la  faculté 
chirurgicale  comporte  aussi 


l’anéantissement  de  la  mobilité. 
Diverses  théories  ont  été  émises 


expliquer  l’action  sur  l’organisme 


ANESTHÉSIQUES  GÉNÊRAtjX  1041 

après  l’anesthésie,  tantôt  dès  le  réveil,  tantôt  an  bont  de  24  heures  seu¬ 
lement. 

L’ictère  que  l’on  rencontre  après  la  narcose  chloroformique  est  en  général 
bénin  et  disparaît  assez  vite.  Habituellement  il  se  produit  chez  des  sujets 
prédisposés,  tantôt  congénitalement,  tantôt  par  syphilis,  alcool  ou  satur¬ 
nisme.  De  Bovis  et  Chiableoni  le  rapportent  à  une  action  directe  de 
l’anesthésique  sur  la  cellule  hépatique.  QrrÉsxr  et  Ktrss  distinguent  des 
ictères  par  action  sur  la  cellule  hépatique,  des  ictères  par  action'  hémolytique 
du  chloroforme  sur  le  sang,  des  ictères  à  pathogénie  mixte  hépatico-héma- 
togène.  Chevrier,  Bené  Bénard  et  Torbel  ont  signalé  la  cholémie  après 
toutes  les  anesthésies  chloroformiques.  ■ 

Quand  l’intoxication  chloroformique  atteint  à  un  plus  haut  degré  la  cellule 
hépatique  elle  détermine  l’ictère  grave,  complication  très  rare,  qui  d’après 
PoA  ne  surviendrait  que  chez  les  sujets  dont  la  cellule  hépatique  était  anté¬ 
rieurement  lésée. 

Troubles  urinaires.  —  Hegar  et  Kaltenbach  ont  été  les  premiers, 
semble-t-il,  à  mentionner  dès  1870  cette  singulière  action  du  chloroforme  de 
provoquer  chez  les  malades  ayant  subi  une  narcose  prolongée,  qu’il  y  ait 
eu  ou  non  acte  opératoire,  de  l’albumine  et  des  cylindres.  Mais  leurs 
recherches  restèrent  à  peu  près  inconnues.  Ce  n’est  qu’en  1884-85  que  Ter¬ 
rier  et  Patein  attirèrent  sérieusement  l’attention  des  chirurgiens  sur 
l’albuminurie  post-chloroformique.  Lutze,  peu  de  temps  après,  nie  l’action 
nocive  du  chloroforme  sur  le  rein  et  dit  qu’il  ne  provoque  qu’une  albumi¬ 
nurie  légère, .jamais  de  néphrite.  Luther  en  1893  arrive  aux  mêmes  conclu¬ 
sions  que  Terrier  :  pour  luile  chloroforme  est  avant  tout  un  poison durêin. 
Eindshope,  presque  en  même  temps  que  lui,  trouve,  chez  un  tiers  des  malades 
qu’il  observe,  une  albuminurie  légère  avecousans  sédiments  pathologiques, 
et  met  en  garde  contre  les  chloroformisations  successives,  l’action  nocive  du 
chloroforme  se  surajoutant.  On  retrouve  les  mêmes  résultats  chez  Sirohi 
et  Aiessandbi.  Au  contraire  pour  Kouwer,  la  proportion  d’albumi¬ 
nuries  postichloroformiques  ne  serait  que  de  5,37  p.  100.  Ajello  for¬ 
mule  des  conclusions  analogues  à  ceux  des  auteurs  qui  l’avaient  précédé. 
Dès  lors,  de  divers  côtés  on  compare  les  effets  du  chloroforme  et  de  l’éther. 
Bisendrath  trouve  la  chloroformisation  plus  nocive  que  l’éthérisation,  de 
même  que  Bitschl.  Pour  Pnnw,  éther  et  chloroforme  auraient  la  même 
action  nocive.  Celle  de  l’éther  serait  plus  grande  au  contraire  pourBABACCi 
et  Bebi.  Ledoux,  dans  sa  thèse  inaugurale,  étudie  la  question  de  l’albu¬ 
minurie  et  de  la  cylindrurie  post-chloroformique.  DatimiEr,  qui  envisage 
l’action  du  chloroforme  sur  le  rein,  admet  que  l’albuminurie  postehl  orofor¬ 
mique  survenant  chez  un  individu  à  rein  sain  en  apparence  serait  due  à  la 
débilité  rénale.  Mme  de  Stankiewicz  montre  que  l’action  du  chloroforme, 
habituellement  légère  et  transitoire, pourra,  quand  ils’agira  d’un  rein  préala¬ 
blement  lésé,  présenter  d’autres  caractères. 

Examinons  de  plus  près  les  variations  qualitatives  de  la  sécrétion  urinaire 
qui  surviennent  à  la  suite  de  la  narcose  chloroformique. 

Albuminurie.  —  L’existence  de  cétte  albuminurie  ne  peut  être  mise  en 


ANESTHÉSIQUES  GÉNÉRAUX 


à  goutte  et  en  commençant  la  narcose  d’une  façon  graduelle,  alors  que  par 
les  -  procédés-  indiqués  plus  haut  il  s’agit  plutôt  d’une  narcose  par  suffocation. 
En  général  le  chloréthyle  a  été  employé  en  chirurgie  urinaire  pour  les  inter- 


ANESTHÉSIQUES  GÉNÉRAUX  1049 

alcooliques.  Enfin  on  a  cité  quelques  rares  cas  de  mort  dns  à  cet  anesthésique 
(Lotheissen,  Cardxe). 

Troubles  respiratoires.  —  L’anesthésie  provoque  une  irritation  tout 
à  lait  minime  qui  disparaît  complètement  au  bout  de  6  à  10  heures  au  plus 
et  n’est  pas  capable  de  produire  de  complications.  Le  ehloréthyle  ne  semble 
pas  d’autre  part  avoir  d’iniluenee  sur  le  centre  respiratoire. 

Troubles  de  l’appaeeil  cibculatoibe.  —  Le  kelène  n’a 

indiquée  pour  les  interventions  assez  courtes,  chez  les  cardiaques 
graves.  îTous  l’employons  couramment  dans  les  cas  de  cowpe: 
urineux,  d’infiltrations  d’urine,  d’abcès  de  la  prostate  et  nous  en  sommes  tou¬ 
jours  très  bien  trouvé.  La  pression  sanguine  se  maintient  bonne,  le  pouls 
varie  peu  comme  intensité  et  on  peut  employer  l’anesthésique  plusieurs  fois 


«Il 


■Sfîl 


'lllllll'llf 


libilitéestpatlio- 


iiîü 


lement  deuz  morts,  qui  ue  peuvent  à  la  vérité  être  absolument  impu 
seul  mode  d’anesthésie,  puisque,  dans  le  premier  cas  il  s’agissait  d’une 
de  65  ans,  ayant  un  cancer  de  la  matrice,  de  la  néphrite  chronique 
l’asystolie,  dans  l’autre,  le  malade  mourut  3  mois  après  l’intervention  de 

Avantages  de  Ta  rachi-anesthésie.  —  Elle  supprime  un  aide,  elle  évite  les 
inconvénients  post-opératoires  de  la  narcose  par  inhalation  ;  les  malades 


fi 


sphincter 


qui  en  résulte  et 


fil 


ANESTHÉSIQUES  GÉNÉRAUX 


TABLE  DES  MATIÈRES 


TOME  PREMIEB 

GÉNÉRALITÉS 


PREMIÈRE  PARTIE 


CHAPITRE  PREMIER 


TABLE  DES  MATIÈRES 


TROISIÈME  PARTIE 


CHAPITRE  PREMIER